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Centrafrique et Mali, les « alliés » africains à qui Moscou ne livrent pas les avions nécessaires

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Centrafrique et Mali, les « alliés » africains à qui Moscou ne livrent pas les avions nécessaires.

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Plusieurs pays africains luttent depuis des années contre des forces djihadistes très mobiles, le Mali n’y fait pas exception. En Centrafrique la situation est différente puisqu’elle voit s’opposer des populations locales les unes contre les autres. Et dans ce jeu stratégique complexe la Russie de Vladimir Poutine tente de tirer son épingle du jeu en fournissant des avions d’entraînement et d’appui tactique Aero L-39C Albatros hors d’âge, hérités de l’Union Soviétique. Pourtant elle produit des appareils qu’elle pourrait parfaitement fournir à ses alliés africains.

Entre août 2022 et mars 2023 le Mali a reçu une grosse dizaine d’Aero L-39C Albatros. Des avions que les FAMa, les Forces Armées Maliennes, emploient principalement pour l’entraînement avancé et l’attaque au sol. Pour autant elles n’hésitent pas à publiquement les qualifier d’avions de chasse. Au risque que ces mêmes FAMa se ridiculisent sur la scène internationale.
Plus près de nous, ce lundi 15 mai 2023 c’est la Centrafrique qui réceptionnait trois avions identiques en provenance de Moscou. Ils ont été acheminés depuis la Syrie où ils étaient basés jusque là à bord d’un Antonov An-124 Condor militaire russe. Plusieurs observateurs présents, dont des journalistes de l’agence Reuters et de Radio France International, ont pu constater que les L-39C Albatros en question semblaient particulièrement usés et défraichis. Les FACa, les Forces Armées Centrafricaines, en avaient reçu trois autres un mois plus tôt.

Comme pour le Mali il n’est pas question pour Vladimir Poutine d’être philanthrope avec la Centrafrique. Même si ces avions sont fatigués et absolument obsolètes ils ne sont nullement gratuits. La fédération de Russie a passé des accords commerciaux avec le gouvernement centrafricain s’octroyant au passage l’usufruit de mines de diamants et d’or.
Autant dire que les Centrafricains payent leurs vieux clous à peine volant rubis sur l’ongle.

Aussi on ne peut que se désespérer du fait que ces deux pays africains soient les dindons de la farce qu’ils ont eux même cuisiné en s’alliant avec la Russie. Aux vues de leurs besoins respectifs la Centrafrique et le Mali devraient plutôt espérer recevoir des avions plus modernes et plus polyvalents que les Aero L-39C Albatros de facture tchécoslovaque qu’ils réceptionnent depuis quelques mois maintenant. D’autant que ces avions accusent tous entre quarante et cinquante ans de service. Bien sûr il n’est pas question de les voir se doter de Mikoyan MiG-35 Fulcrum-F ou Sukhoi Su-30 Flanker-C. Ces deux biréacteurs multi-rôles sont bien trop complexes pour les pilotes centrafricains et maliens de 2023.

Pour autant une machine existe en Russie, un avion qui pourrait parfaitement permettre aux autorités centrafricaines et maliennes d’assurer tout le spectre des missions dont elles ont la nécessité. Il s’agit évidemment du Yakovlev Yak-130 Mitten. Jet d’entraînement cet avion peut également mener des missions d’attaque au sol et d’appui tactique, et même de défense aérienne grâce à des missiles air-air à courte portée. En fait il a été pensé pour cela. Au prix que Bamako et Bangui payent leur alliance économique et militaire avec Moscou la moindre des choses serait de leur fournir des avions adaptés et non des reliques datés de la guerre froide et que l’on s’attendrait plutôt à croiser dans un musée… ou chez un ferrailleur.

Alors pourquoi en 2023 la fédération de Russie refuse t-elle toujours de fournir aux FACa et aux FAMa des avions adaptés à leurs besoins ? Tout simplement parce qu’elle s’en moque. Pour Moscou la Centrafrique et le Mali ne sont pas des alliés, ce sont des vassaux. Exactement comme la Biélorussie à qui elle ne fournit que de vieux Sukhoi Su-25 Frogfoot.
La Russie ne voit dans ces deux pays africains qu’un moyen de s’enrichir un peu plus et de se débarrasser à moindre coût d’avions encombrants. C’est d’ailleurs le même mécanisme qui existe avec les hélicoptères Mil Mi-8 Hip et Mi-24 Hind alors même que Moscou pourrait fournir des Mi-171 Hip-K et des Mi-28N Havoc-B. Les diamants et l’or centrafricains mais aussi le sous-sol malien pourraient parfaitement les financer.

L’idée de cet article n’est pas de stigmatiser la Centrafrique et le Mali mais plutôt de mettre en lumière un phénomène de paupérisation de forces armées par un état qui se conduit comme une puissance néo-colonialiste. Bien entendu nous ne vivons pas dans un monde idéal, il y a aussi des problèmes de corruptions endémiques dans ces pays. L’ONG Human Right Watch tire d’ailleurs assez régulièrement le signal d’alarme à ce sujet. En gros certains s’en mettent plein les poches dans ces relations russo-centrafricaines et russo-maliennes, au détriment de la sécurité des pilotes et des mécanos de ces pays africains.
Voir des Yak-130 Mitten voler sous cocardes centrafricaines et maliennes serait génial. Malheureusement tant que la Russie aura encore de vieux tacots des airs comme les L-39C Albatros cela n’arrivera jamais.

Photo © Keypublishing.

Page d’acceuil

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