Centrafrique : Espionnage ou coup d’état ? Les dessous troubles de l’arrestation de deux employés de Bancroft

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Un imbroglio géopolitique

 

Le 15 février 2024, les forces de sécurité centrafricaines ont arrêté à Bangui Richard Rouget, responsable Afrique de la société militaire privée américaine Bancroft, et Michael Stock, fondateur et PDG de Bancroft Global Development. Accusés d’espionnage et de tentative de déstabilisation du régime du président Touadéra, leur arrestation a déclenché une crise diplomatique entre la Centrafrique et les États-Unis.

Un contexte complexe

L’arrestation intervient dans un contexte géopolitique tendu en Centrafrique. Le pays, en proie à une guerre civile depuis 2013, est devenu le terrain d’une rivalité d’influence entre la Russie et les puissances occidentales.

Un accord secret et ses ramifications

En septembre 2023, la Centrafrique aurait conclu un accord-cadre avec Bancroft pour diversifier ses partenaires sécuritaires et réduire l’influence de Moscou. Cet accord, dissimulé pour éviter de froisser les Russes, visait à créer une brigade de protection des ressources naturelles et à fournir du renseignement et de l’instruction aux troupes centrafricaines.

Des accusations controversées

Les accusations d’espionnage et de tentative de déstabilisation portées contre Rouget et Stock semblent peu crédibles aux yeux de nombreux observateurs. La rapidité de l’arrestation et le manque de preuves concrètes font craindre un règlement de comptes politique.

Un vide institutionnel et l’ombre de Wagner

L’absence de réaction officielle du gouvernement centrafricain et le silence du président Touadéra renforcent l’impression d’un régime aux abois, incapable de gérer la situation. L’influence grandissante du groupe Wagner, société militaire privée russe, alimente également les suspicions d’une manipulation politique.

Conséquences et perspectives

L’arrestation de Rouget et Stock a provoqué une vive réaction des États-Unis, qui ont exigé leur libération immédiate et menacé de suspendre leur aide au pays. La crise diplomatique actuelle fragilise davantage la Centrafrique et entrave ses efforts de reconstruction.

En attendant, l’avenir de la Centrafrique reste incertain, assombri par la violence, l’instabilité et l’opacité des jeux de pouvoir.

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