Centrafrique : encore un crime contre l’humanité commis par les russes de Touadéra à Bambari !

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Les 20.000 réfugiés qui vivaient, depuis 2014 à Bambari, sur le site de l’Elevage, ont été forcés à déménager par les forces armées centrafricaines soutenues par les mercenaires russes du Groupe Wagner, le dimanche 6 juin 2021, suite à de violents affrontements avec les éléments de la Coalition des Patriotes pour le Changement.

Selon des témoignages du représentant des déplacés, majoritairement membres de la communauté peulhe venant de toutes les contrées de la République centrafricaine, de l’est à l’ouest du sud au nord, c’est au moyen des baïonnettes, sous des tirs de sommation d’armes automatiques et avec des coups de matraque et de chicotte, comme à l’époque de la colonisation, après un ultimatum de deux heures de temps, qu’ils ont été obligés de déguerpir. Pris de panique, et en file indienne, des femmes avec des bébés attachés à califourchon, des enfants en pleurs et des personnes du 3ème âge ayant du mal à marcher, des baluchons de fortune sur la tête et des effets domestiques entassés dans des pousses – pousses ou derrière des motos, ne pouvaient que déférer à ces injonctions de peur d’être purement et simplement abattus. Quelques minutes plus tard, leurs habitations et leurs paillotes ont été délibérément incendiées par leurs bourreaux, en représailles de ce que le camp servirait de base arrière et de refuge aux combattants de la CPC. De graves accusations confirmées par le préfet de la préfecture de la Ouaka, en ces termes : « « La sécurité du pays concerne tout le monde. Ils ont des complices internes qui les informent à tout moment sur les positions de l’armée nationale. Ce qui fragilise les actions des FACA. Et comme c’est des actions qui sont dénoncées à l’avance par ces individus, la portée est souvent très faible ».

Cette mesure de déguerpissement d’un camp de réfugiés a été donc dictée, aux motifs de ces allégations, par les Faca et leurs alliés, et exécutée, sous l’œil bienveillant voire complice des forces onusiennes de la Minusca dont l’une des missions, entre autres, en application de la résolution 2149 du conseil de sécurité des Nations unies du 10 avril 2014, consiste à assurer la protection des populations civiles, des déplacés ainsi que des institutions nationales, légales et légitimes. Effectivement,  comme nous l’avons annoncé dans notre article intitulé « Centrafrique : 20.000 déplacés livrés à la barbarie des mercenaires russes de Touadéra à Bambari », publié le 9 juin 2021, la Minusca « basée à Bambari dont l’une des missions essentielles est de veiller à la protection des populations civiles, n’a pas du tout bronché, quand les forces armées centrafricaines et les mercenaires russes du Groupe Wagner ont décidé de mettre à exécution leurs opérations du déguerpissement du site. Ses contingents sont fort étonnement restés l’arme au pied et les ont laissés faire et sévir contre des hommes, des femmes, des enfants et des vieillards à mains nues, sans défense. Ils ne se sont pas interposés et ont assisté de loin à l’incendie du camp et des habitations de fortune qui y ont été construites. De ce fait, de manière délibérée, ils ont refusé de porter assistance à des personnes en danger, les ont abandonnées face à ces « Affreux Blancs » du Groupe Wagner, ont violé leurs engagements de soldats de la paix et sont passibles de poursuites pénales devant les juridictions internationales ».

Finalement, c’est donc à l’exemple d’un médecin qui vient constater et établir l’acte de décès de son patient, que le mercredi 9 juin 2021, soit exactement trois (3) jours après qu’ils se furent retranchés dans leur camp et leurs véhicules blindés, au moment des affrontements, de la notification de la mesure de déguerpissement, et de la commission du crime de destruction et de  mise à feu du site de l’Elèvage, au nom du pacte de franche collaboration qui les lie à ces mercenaires, depuis la réunion organisée et présidée à la primature par un certain Firmin Ngrébada, l’homme des mains de Evgueni Prigojine, à laquelle avaient pris part les plus hautes autorités civiles et militaires de la Minusca, que ceux – ci ont pris toutes les dispositions pour autoriser et sécuriser l’arrivée à Bambari d’une délégation de haut niveau de trois agences humanitaires de l’Onu, à savoir Ocha, Hcr et Unicef. Pour enquêter sur ce qui s’est passé afin d’identifier ceux qui ont détruit et mis le feu à ce camp, ont – ils annoncé. A ce propos,  selon des informations en notre possession,  un document interne à l’ONU évoque une « éviction forcée » ainsi qu’une possible « violation du droit international humanitaire ».

Si les autorités locales et préfectorales ont nié en définitive leurs propos, selon lesquels ce sont les Faca et leurs alliés russes qui ont incendié le camp, les habitations et les effets des déplacés, ni l’opposition démocratique ni la société civile qui doit agir comme groupe de pressions en vue d’influencer les politiques du gouvernement dans un sens favorable aux intérêts des couches les plus vulnérables de notre pays, à l’exemple de ces réfugiés, n’ont pas daigné se prononcer sur cet acte de graves violations du droit international humanitaire. En effet, en agissant de la sorte, les forces armées centrafricaines et les mercenaires russes du Groupe Wagner sont en train de commettre, sous l’œil approbateur de toutes les forces vives de la nation, des crimes contre des populations civiles. Depuis ses déploiements à l’intérieur du pays dans le cadre des opérations de contre – offensives, au lendemain des événements du 13 janvier 2021, l’armée centrafricaine soutenue par ces forces non – conventionnelles, sans signes distinctifs formels, sans foi ni loi, s’est rendue responsable et coupable de viols, de pillages des biens d’autrui, d’enlèvements, de tortures, de déplacements forcés, d’exécutions sommaires et extra – judiciaires, de viols et de persécutions contre des Centrafricains de confession musulmane et des membres de la communauté peulhe, supposés appartenir à la nébuleuse CPC.

Fort de ce qui précède, en application du rapport du Groupe des experts de l’Onu dans lequel ces accusations ont été documentées et formulées, l’heure est venue pour toute la communauté internationale d’imposer des sanctions ciblées à l’endroit de tous ceux qui se sont rendus responsables et coupables de ces excations. Et cela est d’autant impératif que ces « Affreux Blancs » s’en prennent maintenant aux personnels civils et militaires de la Minusca et de l’Onuca, leur interdisent formellement l’accès à des zones minées, et empêchent les organisations d’aide humanitaire d’accéder aux personnes qui ont besoin d’assistance. Non seulement, le temps est désormais là pour qu’une mission d’observation de l’Onu soit autorisée à enquêter dans le pays sur ces crimes et garantir un retour sûr et volontaire des personnes déplacées, mais surtout de discuter des mesures à prendre dans les meilleurs délais pour traduire en justice tous leurs auteurs, y compris devant la CPI.

La rédaction

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