Centrafrique : »Elections municipales et régionales »: l’Ong américaine IRI opte pour l’Imposture

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« Dans le cadre du Dialogue Inter Partis initié par l’ONG américaine, l’Institut Républicain International (IRI), nous avons animé cet après-midi à Galaxie Internationale le thème « inclusion des femmes au sein des partis politiques en vue des élections locales ». A noter que l’inclusion de la femme demeure l’une des problématiques majeures du millénaire, qui est cependant d’application difficile en Centrafrique en dépit des multiples engagements pris par notre État et en raison des pesanteurs socio-culturelles, économiques et politiques dont souffre la femme centrafricaine, le tout dans un contexte marqué par une déflagration de la situation sécuritaire. Ce cadre d’échanges nous a permis de dégager les perspectives stratégiques au sein des partis et les moyens de surmonter ces pesanteurs afin de susciter l’éclosion de la femme lors des élections locales. Un grand merci à la Directrice Pays et à tout le staff de l’IRI qui nous ont fait confiance, en nous désignant Consultant ! » Tel est le post publié sur sa page Facebook le 25 janvier 2022 par le compatriote Gildas De – Carême Benam.

Pour la gouverne du grand public, selon wikipedia, « l’International Republican Institue (IRI) est une organisation politique dont le siège se trouve à Washington aux Etats – Unis. Elle est informellement liée au Parti républicain et travaille ensemble avec d’autres « think tanks néo – libéraux » et groupes d’études des affaires étrangères, ainsi que les National Endowment for Democracy. Sa source principale de financement est le gouvernement fédéral des Etats – Unis. » La mission déclarée de l’IRI est de « soutenir la croissance des libertés politiques et économiques, de la bonne gouvernance et des droits humains autour du monde par l’éducation des gens, des partis politiques et des gouvernements sur les valeurs et les pratiques de la démocratie ».

En application de ces objectifs, l’Ong américaine Institut Républicain International (IRI) a organisé une série de renforcement des capacités des institutions nationales dans le cadre du processus électoral qui a finalement débouché sur les calamiteuses élections groupées du 27 décembre 2020. Le vendredi 09 octobre, par exemple, une dizaine d’agents de démembrement de l’ANE ont été initiés sur les instruments juridiques et institutionnels encadrant les élections en Centrafrique. C’est dans le cadre de ce genre d’activités, notamment celui du Dialogue Inter Partis, que l’Institut Républicain International (IRI) a décidé d’animer dans l’après – midi du mardi 25 janvier dans la salle de Conférence de  Galaxie Internationale un Atelier de formation sur le thème « inclusion des femmes au sein des partis politiques en vue des élections locales ».

S’il nous est difficilement soutenable de formuler des reproches à l’endroit de cette puissante Ong américaine relatifs à la tenue de cet Atelier qui s’inscrit tout naturellement dans l’exercice de ses missions fondamentales et traditionnelles, la rédaction du Journal Letsunami.net ne peut pas, par contre, conformément à sa ligne éditoriale et son combat pour la défense, la promotion et le respect scrupuleux des valeurs et des pratiques de la démocratie, ne pas s’interroger sur l’opportunité absolue d’une telle entreprise. Ces interrogations sont d’autant plus solidement vraies et manifestement légitimes que le pays connaît depuis le dernier trimestre de l’année 2020 à ce jour, c’est – à – dire au moment où nous mettons sous presse, un embrasement armé, de l’est à l’ouest du sud au nord, entre les groupes armés membres de la CPC et les Faca soutenues par les mercenaires russes du Groupe Wagner et rwandais, d’une part, et une résurgence de la crise politique, d’autre part, du fait de la non – reconnaissance du pouvoir en place par l’opposition.

En constituent indubitablement les causes profondes le refus catégorique du pouvoir de Bangui de répondre favorablement à l’exigence de la tenue d’un dialogue politique inclusif avant l’organisation des scrutins groupés du 27 décembre 2020, la mise à l’écart systématique des partis politiques de tout le processus électoral, le caractère assurément irrégulier voire illégal de ces élections, l’interdiction de voter faite à plus de 300.000 Centrafricains, exilés et réfugiés, et enfin le recours à des mercenaires russes du Groupe Wagner et rwandais, conformément à des accords bilatéraux, pour combattre les groupes armés, sous le maquillage de sécurisation des élections.

Afin de désamorcer cette situation combien difficile, faite d’abord de crise militaire, entre les signataires de l’APPRCA et le gouvernement, ensuite de crise politique, celle de l’illégitimité du pouvoir du candidat Touadéra, issu d’un véritable hold-up électoral, la France et les partenaires techniques traditionnels internationaux ont exigé la tenue d’un dialogue politique inclusif dans les meilleurs délais, la fin des campagnes de désinformation et de manipulation de l’opinion lancées contre la France, l’Onu, la Minusca et leurs personnels, et le retrait des forces non – conventionnelles russes de la République centrafricaine. Tout naturellement, des exigences jugées insupportables et attentatoires à la souveraineté nationale selon l’Imposteur de Bangui qui préfère convoquer un dialogue politique républicain dont le comité d’organisation est placé sous la responsabilité de son directeur de cabinet, maintenir des pieds sur l’accélérateur des leviers des mesures de restrictions des libertés publiques et individuelles et faire appliquer seulement du bout des lèvres la recommandation de la feuille de route de Luanda relative à la déclaration de cessez – le – feu sur toute l’étendue du territoire.

C’est donc dans un pays où le pouvoir est usurpé, où la vie humaine ne vaut pas plus chère que celle d’une poule, où sévit l’insécurité, où règnent des groupes armés et des mercenaires à la solde du pouvoir qui, agissant en de véritables conquistadores sans foi ni loi, tuent, violent, éventrent, enfument, volent, incendient des villages et des greniers et contraignent des milliers de personnes à de permanents départements, où croupissent en prison des civils et des militaires à cause de leurs opinions, de leur appartenance politique, de leur région et de leur ethnie, où des personnes à mains nues sont enlevées, torturées et exécutées sommairement, où la liberté d’aller et venir n’existe pas et où les droits humains sont violés tous les jours que Dieu fait sur cette terre des hommes, que l’Ong américaine IRI a cru bon d’animer un Atelier de formation pour une implication massive des femmes dans l’organisation des prochaines élections municipales et régionales.

Comment cela peut – il être seulement possible ? Dans un tel contexte, l’idéal ne serait – il pas de travailler d’abord à la cessation de toutes les hostilités, la tenue d’un dialogue politique inclusif entre toutes les forces vives de la nation, et à l’audit du fichier électoral des scrutins groupés et truqués du 27 décembre 2020 ? Sauver la vie de l’homme centrafricain ou protéger la femme centrafricaine des sévices corporels dont elle est victime tous les jours de la part des mercenaires russes et des groupés armés ne doit – il pas être considéré comme la priorité des priorités pour une Ong américaine dont la raison d’être consiste à lutter pour la liberté, la justice, le respect des droits et la démocratie qui s’exerce par l’organisation régulière d’élections crédibles, transparentes, inclusives, libres et incontestables ? En agissant de la sorte, cette Ong n’a – t – elle pas tout simplement opté pour l’Imposture soutenue par la communauté internationale, le 27 décembre 2020, afin de permettre à l’Imposteur de Bangui de parachever sa politique de mainmise totale sur la République, au lendemain de l’organisation des municipales et des régionales le 22 septembre 2022 ?

Par cette manière de faire, l’Ong américaine IRI est allée à l’encontre de l’orthodoxie, des principes républicains qui fondent son existence, d’une part,  et du respect scrupuleux de la notion de l’Intégrité Electorale qui oriente tout processus électoral dans un pays dit démocratique, d’autre part. Cette notion alimente le débat scientifique dans le monde de la pensée politique. Aux Nations Unies en 2012, elle a fait l’objet d’un rapport de la Commission Mondiales sur les Elections, la Démocratie et la Sécurité. Dans ses acceptions les plus courantes, l’intégrité électorale correspond à « l’incorruptibilité ou une adhésion stricte à un code de valeurs morales » ; à « l’état de ce qui est sain, (et) qui n’a subi aucune altération » ; à « l’état de ce qui est complet, (et) qui a toutes ses parties ». Mais la définition la plus efficiente à mon sens est celle des auteurs du rapport précité selon qui l’intégrité électorale représente « toute élection reposant sur les principes démocratiques de suffrage universel et d’égalité politique tels qu’ils figurent dans les normes et accords internationaux, et menée de façon professionnelle, impartiale et transparente dans sa préparation et dans sa gestion, tout au long du cycle électoral ». Tel n’a pas été malheureusement le cas en ce qui concerne les élections du 27 décembre 2020. Ce que soutient pourtant l’Ong IRI dans un pays où un américain vient d’être victime d’une arrestation arbitraire, de séquestration, de tortures et de coups et blessures volontaires dans les locaux de la SRI  !

La rédaction

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