Centrafrique : « Elections locales 2023 » : la Minusca persiste et signe dans sa politique de caution à l’Imposture

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Au cours de la Conférence de Presse hebdomadaire de la Minusca de ce mercredi 23 novembre 2022, son responsable en charge de la communication Vladimir Monteiro a déclaré que « lors de la réunion du comité stratégique d’appui au processus électoral, le 21/11, la représentante spéciale su secrétaire général de l’Onu Valentine Rugwabiza a exprimé l’engagement de la Minusca à exécuter son mandat électoral, en soutien aux autorités nationales dans l’organisation des élections locales de 2023 ». C’est donc en application des tâches prioritaires, à elle formellement définies et assignées par nombre de résolutions du conseil de sécurité de l’Onu, que les plus hautes autorités de la Minusca ont pris part à la réunion organisée, le lundi 21 novembre 2022, à la primature et placée sous la direction du premier ministre Félix Moloua, mais, en même temps conseiller politique chargé des relations avec les autres partis politiques et les organisations non – gouvernementales du parti – Etat dénommé « MCU ».

Seulement l’exécution de ce mandat doit être impérativement en conformité avec le respect scrupuleux des dispositions des lois et règlements qui déterminent la République centrafricaine et fondent l’organisation et le fonctionnement de toutes les institutions nationales. Or, fort malheureusement, le comité stratégique d’appui au processus électoral est une institution manifestement illégale. Ni la Constitution, ni le code électoral n’ont prévu la mise en place d’une telle structure parallèle à l’ANE, l’Autorité nationale des élections. L’opposition démocratique y avait vu des risques de fraudes. « Dès l’instant où il y a une structure appelée Autorité nationale des élections chargée de conduire le processus électoral, je ne vois pas les raisons d’un Comité stratégique dont la composition pose problème », a expliqué  André Nalké Dorogo, second vice-président de l’URCA. Et celui d’ajouter : « N’est-ce pas dévoiler la nature des inquiétudes des uns et des autres par rapport au contenu des scrutins que nous voulons justes. Je ne pense pas que ce soit de la responsabilité de l’exécutif de s’approprier une partie du travail de l’ANE”.

Selon le PNCN, le premier ministre ne peut être à la fois membre de la majorité et à la tête d’un comité stratégique de gestion des prochaines élections en Centrafrique. « Le parti PNCN a exprimé sa grande surprise, son étonnement que le Premier ministre qui est partie prenante et membre d’une majorité politique puisse est à la tête d’un comité. Il va être l’arbitre et le gestionnaire d’une compétition dont le peuple à soumis à la totale gestion c’est-à-dire la Constitution.  Le PNCN s’élève contre cet arrêté, cet arrêté est illégal, politiquement incorrect et du point de vue de la gouvernance et gratine la gouvernance. Et donc cet arrêté nous émet des sons de la préparation de la fraude », a critiqué le président du parti PNCN. Face à cela, le PNCN a annoncé entreprendre des actions politiques contre cet arrêté initié par le premier ministre afin qu’il soit purement et simplement retiré avant la tenue des prochaines élections dans le pays : « Pour le PNCN, nous allons toujours mener des actions pour que le premier ministre retire cet arrêté afin que les élections se tiennent dans des meilleures conditions. Sinon, ils sont en train de provoquer une nouvelle transition politique en Centrafrique ».

En dépit de toutes les réclamations faites par les partis politiques de l’opposition démocratique, acteurs du processus électoral, cet arrêté n’a jamais été retiré. La cour constitutionnelle, saisie d’une requête en annulation de cet arrêté par le président du MDRC Joseph Bendounga, a affirmé que le Comité Stratégique d’Appui au Processus Electoral en République centrafricaine est conforme aux dispositions constitutionnelles, et par conséquent, la demande est non-fondée. C’est une décision inique, a rétorqué Joseph Bendounga, et cette cour n’est plus apte à assumer ses fonctions, a-t-il fustigé. « Alea jacta est, le sort en est jeté. A partir de cet arrêt, la Cour Constitutionnelle n’est plus apte à assumer ses fonctions. Elle a rendu une décision inique qui viole la Constitution, elle n’en est pas à sa première », a constaté le MDREC, tout en relevant qu’il continuera à critiquer cet arrêt même si la décision de la cour s’impose à tous : « je me rapprocherai du Greffe de la Cour Constitutionnelle pour prendre connaissance de ce document, de cet arrêt, l’analyser que ce soit dans sa forme ou au fond et le critiquer. Quand bien même que la décision de la Cour Constitutionnelle s’impose à tous, aux pouvoirs publics comme aux administrés. Cela n’empêchera pas le MDREC de formuler ses observations du point de vue de droit ».

Fort de tout ce qui précède, la participation de la Minusca aux réunions organisées par le premier ministre Félix Moloua, à la fois membres du bureau exécutif du MCU, n’est rien d’autre qu’un acte de caution à l’Imposture. Tout comme elle l’avait fait en 2020 où elle avait siégé dans cette structure dans le cadre de l’organisation des scrutins groupés du 27 décembre 2020, marqués singulièrement par des actes de graves irrégularités dont l’incontestabilité a fini par leur dénier tout critère de démocratie, de liberté, de transparence, d’inclusivité, de sincérité, de crédibilité, à l’issue desquels Touadéra a été déclaré élu par l’ANE par seulement 17% du corps électoral et desquels plus de 300.000 Centrafricains ont été délibérément exclus, la Minusca et ses représentants sont déterminés à aider l’Imposteur de Bangui à renforcer son régime d’Imposture, en foulant aux pieds les nobles principes du Code d’Intégrité Electorale.

Jean – Paul Naïba

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