Centrafrique : « Economie Numérique »: La République centrafricaine est en marche, selon l’Imposteur de Bangui

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Après avoir promulgué la loi sur la cryptomonnaie et le SangoCoin, le Président de la République Son Excellence Professeur Faustin Archange TOUADERA a ouvert ce matin à l’hôtel Ledger Plaza de Bangui, le Premier Atelier National sur l’Economie numérique et la Transformation Digitale des secteurs publics et privés. Nous vous publions le discours que le Président TOUADERA a prononcé à cette occasion.
DISCOURS
DE SON EXCELLENCE LE PROFESSEUR FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT
A L’OCCASION DE LA CEREMONIE OFFICIELLE D’OUVERTURE DES TRAVAUX DE L’ATELIER SUR L’ECONOMIE NUMERIQUE ET LA TRANSFORMATION DIGITALE DES SECTEURS PUBLIC ET PRIVE EN REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
– Distingués Invités ;
– Mesdames et Messieurs ;
La République Centrafricaine est en marche ; elle est en marche vers son émergence et le secteur de l’économie numérique est aujourd’hui la principale clé de voûte de cette transformation.
C’est pourquoi, je me réjouis de la tenue de cet Atelier national sur l’économie numérique et la transformation digitale des secteurs public et privé en République Centrafricaine, qui intervient quatre (4) mois seulement après la promulgation de la loi régissant les cryptomonnaies en République Centrafricaine.
En présidant personnellement l’ouverture de cet Atelier au moment où se déroule le Séminaire gouvernemental dont l’économie numérique occupe une place centrale dans les réflexions pour une meilleure gouvernance de notre pays, je voudrais réaffirmer ma vision de la modernisation de l’Etat, à travers une transition numérique bien réussie.
Cet atelier, dois-je le souligner, marque un tournant décisif dans notre entrée effective dans la révolution numérique et dans la phase de mise en application des infrastructures que nous sommes en train de déployer avec l’appui constant de nos partenaires au développement, dont je salue la présence remarquée parmi nous.
Je voudrais rappeler à ce propos que, nous avions lancé, le 22 août 2016, le Programme de Développement Durable d’ici à l’An 2030, adopté par l’ONU, en septembre 2015.
Ce Programme qui sert de base pour l’élaboration des stratégies nationales en vue d’éradiquer la pauvreté d’ici à l’an 2030, prévoit en outre, la mise en place d’un mécanisme de suivi et d’évaluation au niveau national, régional et international.
L’une des cibles les plus importantes est le 17.8 consacré aux Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication qui oblige à « Faire en sorte que la banque de technologies et le mécanisme de renforcement des capacités scientifiques et technologiques et des capacités d’innovation des pays les moins avancés soient pleinement opérationnels à l’an 2017 et renforcer l’utilisation des technologies clefs, en particulier de l’Informatique et des Communications ».
C’est pourquoi, dans mon projet de société, j’ai identifié le secteur de l’économie numérique et des nouvelles technologies d’informations et de Communications parmi les piliers de base de mes actions pour la relance de l’économie de notre pays.
Distingués invités ;
Mesdames et Messieurs ;
Les enjeux de cette révolution pour l’accès aux technologiques de pointe de ce secteur que nous avons amorcées exigent que les recommandations qui découleront des travaux de cet Atelier s’inscrivent dans une discipline et une dynamique de transformation ou d’amélioration positive des usages, des mentalités, des pratiques, de coopération en matière d’éducation.
Vos recommandations, je n’en doute point, seront guidées par notre souci commun de tendre vers la perfection dans la gestion de la chose publique, du partage équitable des richesses générées par nos ressources, de l’assainissement du climat et de l’environnement des affaires, de la réduction de la pauvreté.
Elles doivent nous permettre de jeter les bases du développement durable au moyen de la bonne gouvernance pour lequel le Gouvernement se bat sans relâche.
Je suis plus que convaincu que cet Atelier va permettre d’introduire facilement dans tous les secteurs d’activités, des applications telles que la gouvernance électronique (e-gouv), l’administration électronique (e-administration), le commerce électronique (e-commerce), l’éducation en ligne (e-éducation), la santé (e-santé) ainsi que le dispositif structurel et le mécanisme de gestion harmonisée de l’ensemble de ces applications.
Ce changement qui va contribuer au développement social de notre pays, va aussi permettre d’avoir les bases du gouvernement numérique pour la prestation de services publics de confiance et inclusifs, une meilleure efficacité et de la transparence dans la gestion des ressources publiques et un flux important de trafics.
A ce stade de mon allocution, j’invite tous les participants à faire preuve de rigueur scientifique dans la définition du processus et l’élaboration du schéma de digitalisation afin de régler définitivement le problème de fragmentation du leadership qui ne fera que nous distraire, sinon nous dévier de l’axe stratégique de nos actions.
Je vous invite en particulier à vous appuyer sur des exemples concrets qui ont fait leur preuve au niveau international, régional et sous-régional, sans perdre vue le réflexe de la contextualisation.
Comme je l’ai affirmé le 4 octobre 2019 à Berberati, lors du lancement officiel des travaux du Projet Fibre Optique, je reconnais volontiers que ce changement ne sera pas effectif sans un véritable renforcement des capacités suivant un planning clairement défini.
A cette occasion, j’avais instruit le Ministre des Postes et Télécommunications de mettre en œuvre les stratégies d’urgence axées notamment sur :
– le développement de l’économie numérique par des usages et les compétences ;
– le processus de migration des entreprises et sociétés nationales vers le numérique ;
– la vision des Banques, des établissements de microcrédits et l’économie numérique ;
– l’encadrement des populations et associations sur l’économie numérique.
Tout en saluant les efforts accomplis par le Gouvernement dans ce domaine, je voudrais l’encourager à rechercher davantage les solutions et démarches pratiques nécessaires à une bonne coordination de la réponse technique aux innombrables défis déjà identifiés à partir des axes de réflexion sur :
– le leadership à l’heure de la digitalisation;
– l’économie numérique et le commerce électronique en République Centrafricaine ;
– la transformation digitale par une gouvernance agile.
Ces grandes lignes permettent de sensibiliser sur les enjeux de la transformation digitale dans la mesure où le pilotage de transformation appelle à des réflexions stratégiques entre le mode de conception du changement et comment faire adhérer les participants au processus et le mécanisme d’encadrement.
C’est pourquoi, j’instruis le Gouvernement et plus particulièrement le Ministre chargé de l’Economie Numérique, de veiller à la mise en œuvre des recommandations qui découleront des travaux de cet Atelier.
Aussi, au regard des avancées réelles et concrètes observées sur les axes prioritaires des actions entreprises jusque-là, j’instruis le Ministre de l’Economie Numérique de prendre en compte les réflexions du Séminaire gouvernemental en cours et qui se rapportent à votre cadre de réflexion, en tenant compte du rôle transversal du Secteur du numérique pour développer l’harmonisation et la synchronisation des infrastructures numériques ainsi que l’implémentation de la digitalisation sur les activités « cibles» au plan national.
Je prescris par ailleurs l’intervention du Gouvernement sur les axes suivants :
– le renforcement et l’extension des pouvoirs du Régulateur, ARCEP, soutenus par la déconcentration de ses services pour l’adapter au contexte de l’économie numérique ;
– le maillage des infrastructures de fibre optique sur le territoire national,
– la diversification et la vulgarisation des infrastructures numériques au niveau de l’Administration publique ;
– l’autonomisation des populations vulnérables ;
– la simplification et la fiabilisation des données sur le système d’identification à travers le Plan National Stratégique Digital 2028 ;
– le recensement électronique et le rapatriement de certaines activités informelles tels que les secteurs des transports, du commerce ;
– la construction des Centres de formation communautaires déjà prise en compte dans le cadre du projet Fibre optique de désenclavement numérique des zones rurales.
Pour atteindre ces ambitieux objectifs, un accent doit être mis sur le rôle des médias en vue de la réduction des taux d’analphabétisme et de déperdition scolaire ainsi que la moralisation de la jeunesse sur l’usage des outils numériques.
C’est pour la réalisation de ces actions que les thématiques qui seront développées au cours de cet Atelier national trouvent leur centre d’intérêt.
M’adressant particulièrement à nos partenaires au développement, je voudrais souligner que parallèlement à l’extension des infrastructures sur l’ensemble du territoire national en fonction des solutions technologiques appropriées, le renforcement de l’arsenal juridique du secteur de l’économie numérique qui est une priorité et même une obligation pour nous tous va se poursuivre avec leur appui.
Je veux faire allusion aux lois sur :
– la cybercriminalité ;
– la cyber sécurité;
– la protection des données à caractère personnel.
Ces instruments juridiques ont le double avantage de consolider et de développer les vertus ainsi que les acquis de l’économie numérique dont nous avons ensemble bâti le fondement.
En terminant mon propos, je voudrais souligner, ainsi que je viens de le rappeler, que cet Atelier s’inscrit dans le cadre d’une réforme concertée et lancée depuis le premier quinquennat.
C’est pourquoi, sans anticiper sur vos réflexions, je souhaite que les recommandations qui vont sanctionner les travaux contiennent des stratégies pertinentes axées sur :
– le développement de l’économie numérique par les usages et les compétences ;
– le processus de migration des entreprises et sociétés nationales vers le numérique ;
– la vision des banques, des établissements de microcrédits et l’économie numérique ;
– l’encadrement des populations et associations sur l’économie numérique ;
– la définition claire du leadership ainsi que le mécanisme cohérent d’implémentation de l’économie numérique et la transformation digitale en République Centrafricaine.
En souhaitant plein succès à vos travaux, je déclare ouvert l’Atelier national sur l’économie numérique et la transformation digitale des secteurs public et privé en République Centrafricaine.
Je vous remercie.

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