Centrafrique : Dondra pique une colère noire contre ses collaborateurs

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Dans l’une de nos dernières parutions, intitulée « Gros mensonge du ministre des finances et du budget Henri Marie Dondra devant les élus de la nation » en date du 04 novembre 2020, nous avons révélé les ignominieuses fabulations de l’ordonnateur principal du budget général de l’Etat, selon lesquelles toutes créances nettes et exigibles des fournisseurs de l’Etat, au titre de l’exercice en cours, ont été entièrement payées et vidées du portefeuille de la dette intérieure. Faux, lui ont rétorqué sèchement les membres du Collectif des Petites et Moyennes Entreprises de Centrafrique en abrégé CPMEC qui  ne sont allés avec le dos de la cuillère pour l’accuser personnellement  de forfaiture d’état devant des représentants nationaux, de favoritisme à l’égard de neuf (9) entrepreneurs affiliés au MCU et par conséquent de non – paiements de leurs titres dont le montant s’élèverait à plus de 4 milliards de Fcfa, consolidés dans les livres – journaux de l’agence centrale comptable du trésor.

Ayant perdu le sommeil dès l’annonce de cette triste nouvelle, selon de gentilles indiscrétions de ses proches, l’homme a convoqué dès le lendemain une réunion de cabinet à laquelle ont été conviés tous ses principaux collaborateurs pour leur faire remonter copieusement les brettelles et les indexer directement non seulement d’avoir fait fuiter cette information, mais surtout de ne pas lui avoir présenté, au moment opportun, la situation exacte de ces fournisseurs. Il a tellement piqué une colère ce jour – là  si noire que l’agent central comptable du trésor, en la personne de Albert Djinalbé, dont les attributions conçues d’un commun accord avec les partenaires financiers de la RCA consistent à permettre la comptabilisation des ressources de l’Etat centrafricain ainsi qu’un renforcement de la maîtrise des dépenses publiques, serait par la suite tombé malade.

Cette situation, faut – il une fois de plus le rappeler, n’en déplaise aux thuriféraires du régime de Bangui, met nettement en exergue les pratiques avérées de siphonnages des crédits de l’Etat ouverts dans les différentes lois de finances, depuis plus de quatre années, dont ce Monsieur s’est rendu coupable et sont malheureusement victimes ces hommes et ces femmes qui tiennent notre économie à bout de bras dans un environnement sécuritaire, juridique et social extrêmement difficile, créent des emplois en s’acquittant régulièrement de leurs droits et taxes fiscalo – douaniers et génèrent de la richesse.

Mais au lieu d’être rétribués en retour, ceux – ci sont maltraités et mis dans le panel des oubliés de notre société, contraints à vivre de ce fait de mendicité avec tout ce qui peut représenter comme drame dans leurs différentes familles respectives, en ce qui concerne leurs subsistances quotidiennes et les prises en charge des frais de scolarité de leurs enfants et de leur santé. Qu’en disent alors le président de la commission – finances de l’assemblée nationale Martin Ziguélé, lui qui avait reçu, dans son bureau, les représentants de ces fournisseurs de l’Etat entretemps ? Et qu’en pensent aussi tous les élus de la nation qui ont adopté le projet de loi de finances 2021, sans qu’il ne leur ait été présenté la reddition des comptes des exercices antérieurs, chapitre par chapitre, titre par titre, rubrique par rubrique et ligne de crédits par ligne de crédits ? Comme nous l’avons toujours dit, ils sont tout simplement complices et responsables de ces actes de tripatouillages du budget de l’Etat, de mal-gouvernance et de détournements érigés en mode de gouvernance.

Et c’est ce qu’a théorisé Mohamed Moindze1, consultant en gestion des finances publiques dans « Le parlement et le processus budgétaire dans les pays en développement », juillet 2011 :

« Le contrôle budgétaire parlementaire est une fonction essentielle pour renforcer la bonne gouvernance des finances publiques qui constitue un élément essentiel pour les Etats qui voudraient renforcer leurs capacités nécessaires pour le développement économique et la réduction de la pauvreté. La bonne gouvernance en matière des finances publiques consiste en la réalisation des services publics par « des dépenses publiques qui sont accessibles, transparentes et responsables et financent les priorités gouvernementales, sans gaspillage ou corruption. Le parlement doit veiller à ce que la mise en œuvre du budget se fasse en toute transparence, conformément aux autorisations accordées dans les lois de finances initiales et rectificatives, et dans le respect des textes et lois en vigueur. L’expérience montre que la gouvernance des finances publiques peut être compromise par une faible indépendance du parlement par rapport à l’exécutif. Un parlement peut être inefficace même s’il dispose des cadres juridiques garantissant son autonomie et des capacités humaines et matérielles lui permettant de remplir sa mission lorsque l’environnement général n’est pas associé à une volonté politique de faire appliquer la responsabilité de l’exécutif devant le parlement. En conséquence, l’amélioration de la gouvernance publique d’une manière générale est nécessaire pour le renforcement du rôle du parlement dans le processus budgétaire. Le présent document, s’appuyant sur des pratiques internationales éprouvées, fournit des conseils pratiques aux autorités nationales des pays en développement s’engageant dans des chantiers d’amélioration de la gouvernance publique, particulièrement ceux visant à renforcer les pouvoirs et les capacités parlementaires en matière de contrôle budgétaire ».

Jean – Paul Naïba

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