Centrafrique : Dondra alias « Gbongon » limogé pour des affaires de malversations financières et de crimes économiques

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Centrafrique : pourquoi le Premier ministre Henri-Marie Dondra a démissionné

Par Jeune Afrique
Mis à jour le 7 février 2022 à 18:26

Accusé de malversations et sous pression après s’être mis à dos le cercle très fermé du président Faustin-Archange Touadéra, le désormais ancien chef du gouvernement a tenté un coup de poker en décidant de quitter son poste. Explications.

Félix Moloua, ministre de l’Économie et du Plan depuis 2016, a été nommé Premier ministre ce 7 février par Faustin-Archange Touadéra (FAT). Membre de tous les gouvernements du chef de l’État depuis 2016, il avait déjà été pressenti à ce poste après la présidentielle de 2020, mais avait finalement été maintenu dans ses fonctions. En fin de semaine dernière, son prédécesseur, Henri-Marie Dondra, avait remis sa lettre de démission à la présidence, tandis que FAT se trouvait à Addis-Abeba pour assister au sommet de l’Union africaine. Selon nos informations, l’ex-chef du gouvernement souhaitait ainsi taper du poing sur la table, étant visé par de discrètes enquêtes sur sa gestion du ministère des Finances, qu’il dirigeait auparavant. Des malversations ont en effet été mises à jour par son successeur, Hervé Ndoba, un proche de Touadéra.

Tirs croisés

Des membres du premier cercle présidentiel le soupçonnent d’être le propriétaire d’une quarantaine de parcelles dans Bangui, sur lesquelles des chantiers de construction immobilière ont été lancés depuis sa nomination à la tête du ministère des Finances. Des détournements de plus de 100 milliards de francs CFA auraient ainsi été mis à jour, et le député Auguste Boukanga a demandé à ce qu’un audit soit diligenté à ce sujet.

Suite à ces révélations, les adversaires de Henri-Marie Dondra n’ont pas manqué de l’épingler. Surtout que l’homme nourrit des ambitions pour la future présidentielle, qui se profile déjà. Attaqué, il s’en est lui-même pris à Simplice Mathieu Sarandji, le président de l’Assemblée nationale et patron du parti au pouvoir, ainsi qu’à Firmin Ngrébada, son prédécesseur, qu’il accuse d’utiliser les réseaux sociaux pour s’en prendre à lui.

En posant sa démission, Dondra souhaitait inciter FAT à le soutenir, au moment où il s’est mis à dos l’entourage de ce dernier. Dans l’affaire du Ledger Plaza Hôtel tout d’abord, qui voit un bras de fer l’opposer à l’homme d’affaires Sani Yalo. Ce conseiller de l’ombre de FAT est proche de l’ancienne équipe dirigeante de cet établissement (dont la gestion est disputée entre deux camps où figurent à la fois des Libyens et des Centrafricains) et de son ex-directeur général, Ziad al- Zarzour. Dondra a fait venir la nouvelle équipe et les représentants de la diplomatie libyenne.

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Enfin, l’ex-Premier ministre s’est ouvertement opposé à Sylvie Baïpo Témon, la ministre des Affaires étrangères, après la sortie médiatique de cette dernière contre les propos de son homologue français, Jean-Yves Le Drian, au sujet de la présence russe dans les cercles du pouvoir. Alors que Henri-Marie Dondra présentait sa démission, la cheffe de la diplomatie était d’ailleurs au côté de Touadéra à Addis-Abeba. De retour d’Éthiopie, le président s’est longuement entretenu avec lui. Mais le divorce était consommé.

Source : Jeune Afrique

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