Centrafrique : Discours d’investiture du président de la CRPS Me Nicolas Tiangaye

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     CONVENTION REPUBLICAINE POUR LE PROGRES SOCIAL

                                          JUSTICE-PAIX-DEVELOPPEMENT

                          2ème CONGRES ORDINAIRE (30,31 octobre 2020)

 

DISCOURS DE CLÔTURE DU PRESIDENT DU DIRECTOIRE POLITIQUE

Excellences Messieurs les Anciens Président de la République et  Anciens Chef d’Etat,

Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions de la République,

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et représentants des Organisations Internationales,

Monsieur le Représentant de Monsieur le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation,

Monsieur le Président de la Délégation Spéciale de la Ville de Bangui,

Mesdames et Messieurs les Chefs des Partis Politiques,

Mesdames  et Messieurs les leaders des Associations de la Société Civile et des Centrales syndicales,

Républicains membres du Directoire Politique,

Chers congressistes,

C’est avec une fierté légitime et une joie immense que je souhaite la bienvenue à nos illustres invités.

Excellences, Mesdames et Messieurs, distingués invités, votre présence au 2ème Congrès Ordinaire de la Convention Républicaine pour le Progrès Social, malgré vos multiples occupations, rehausse de manière éclatante cette cérémonie. Daignez accepter par ma voix l’hommage de notre sincère reconnaissance pour votre bienveillante et constante sollicitude.

Je remercie ceux d’entre vous qui nous ont  fait l’amitié de nous  délivrer des messages d’encouragement dont le contenu ne saurait nous laisser insensibles.

La Coalition de l’Opposition Démocratique 2020 (COD-2020) au sein de laquelle nous menons notre combat occupe en ce moment historique, une place de choix dans nos pensées. Notre conviction profonde est que le salut réside dans l’unité d’action. Qu’elle trouve ici l’expression de nos salutations fraternellement militantes et de notre solidarité agissante.

Je salue aussi les autres partis et associations politiques qui ne sont pas membres de la COD-2020. Nous les portons dans nos pensées. L’opposition n’est pas divisée, elle est plurielle. Les objectifs poursuivis par les uns et par les autres sont les mêmes. Nous souffrons des mêmes tracasseries, des mêmes exactions de la part du régime.

J’exprime particulièrement mon estime pour nos militants de provinces qui, malgré les difficultés de tous ordres, notamment  l’insécurité qui règne encore dans certaines régions de notre pays, ont bravé les dangers et fait le déplacement, témoignant ainsi leur indéfectible attachement aux idéaux de notre formation politique. Ils ont voyagé avec des moyens de fortune, qui juchés sur les toits de véhicules de transport de marchandises, qui en taxis-motos, qui en bicyclettes, qui en pirogues, qui à pieds. Je suis admiratif de leur courage. Leur sens du devoir nous donne des raisons d’espérer. En mon nom et en celui de tous les membres du Directoire Politique, qu’ils reçoivent nos félicitations républicaines. Je leur souhaite un bon retour dans leurs localités respectives. C’est ici l’occasion de leur demander de transmettre à nos militants nos salutations républicaines. Nous les portons tous dans nos cœurs.

Je félicite les membres du Comité d’organisation du Congrès qui n’ont ménagé aucun effort pour la réussite de ces assises. En leur nom, je sollicite votre indulgence pour les imperfections que vous aurez relevées.

Chers Congressistes,

L’apprentissage de la démocratie se fait d’abord dans nos partis politiques. Nous devons avoir le sens de la critique, de l’autocritique et de la tolérance pour mieux nous projeter dans le futur.

La Convention Républicaine pour le Progrès Social (CRPS) est un parti politique qui a vu le jour le 24 mai 2008 lors de son  Assemblée Générale Constitutive.

En 2011, le Parti n’avait pas présenté de candidat à l’élection présidentielle mais avait participé au 1er tour des élections législatives  dont elle avait boycotté le second tour.

Le 1er Congrès Ordinaire du Parti avait eu lieu les 8,9 et 10 août 2015.

Exclu comme tant d’autres personnalités de la compétition par la Cour Constitutionnelle de Transition, je n’ai pu participer aux élections présidentielle et législatives de 2015. Mon parti avait pris acte à l’époque de la forfaiture de cette haute juridiction.

Au cours du présent Congrès dont la cérémonie d’ouverture avait eu lieu hier au siège du Parti,les statuts et le règlement intérieur de notre formation politique ont été révisés, le Président du Parti et les membres du Directoire Politique ont été élus.

Le parti a porté son choix sur ma modeste personne et  m’a  investi comme son candidat à l’élection présidentielle. Je le remercie pour la confiance placée en moi et lui témoigne toute ma gratitude.

Qu’il me soit permis de dire en toute franchise que je suis pleinement  conscient du poids de cette charge qui est celle de défendre les couleurs de mon parti. Je suis sans doute le dernier candidat à être investi pour participer à cette compétition ô combien exaltante. Et par ce que je suis le dernier, en fervent croyant ne serai-je pas au final le premier comme le prescrit les Saintes Ecritures ?« Les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers ».

En disant cela même si c’est pour détendre l’atmosphère je pense et cette fois sérieusement à ceux que je ne citerai pas, et qui dans leur délire mégalomaniaque  clament  qu’ils gagneront l’élection présidentielle au premier tour. Laissez-moi leur dire qu’il n’y a pas d’ours en RCA  et qu’ils sont en train de vendre la peau du chacal avant de l’avoir tué.

Excellences Mesdames et Messieurs ;

Distingués invités;

Chers Congressistes;

Tout en respectant les choix des autres forces politiques et sociales, nous pensons qu’il y a des défis communs que nous devons tous relever ensemble si nous voulons sortir de la spirale des violences cycliques dont notre pays est  malheureusement coutumier.

Le premier défi est d’ordre sécuritaire. Nous ne le dirons jamais assez. Dans un contexte de terrorisme international, notre pays peut facilement devenir  le sanctuaire de fondamentalistes aveugles capables de déstabiliser toute la sous-région.

Si le défi sécuritaire n’est pas correctement réglé, il est à craindre que les autres aspects de la crise ne puissent trouver leur épilogue.

Le second défi est celui de la justice.

Il est important de relever que la quête de l’unité nationale ne doit pas rimer avec l’impunité nationale. Un proverbe africain  nous enseigne que « l’indulgence envers le vautour est une injustice contre le poussin ».

Les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité dont souffre atrocement  notre peuple depuis bientôt une décennie ne sauraient rester impunis.

Nous ne saurions tolérer indéfiniment que des mercenaires étrangers fassent de nous des esclaves dans notre propre pays.

Un proverbe africain dit : « Les chiens se détestent, mais s’unissent dès qu’ils voient un chacal ». Alors mes chers compatriotes, si ne pouvons pas faire  mieux que les chiens, au moins faisons comme eux. Nous unir face au péril de désintégration de notre pays est une exigence patriotique minimale de survie nationale.

Si la CRPS salue l’action de la communauté internationale sans laquelle le pays aurait connu une désintégration totale, elle pense que c’est aux centrafricains et à seuls que revient la mission historique de définir les enjeux politiques de leur propre avenir. Ils ne sauraient être comptables des conséquences dommageables de décisions prises sans eux ou contre eux.

Le troisième défi concerne le processus électoral qui est sujet à caution et qui constitue une source de préoccupation sur les questions de la sécurisation, de l’inclusivité, de l’intégrité du fichier électoral, de l’indépendance et de l’impartialité de l’Autorité Nationale des Elections.

La revendication légitime d’une Concertation Nationale en prélude aux élections portée au départ par l’opposition  ne vise nullement à réclamer une Transition ni à entrer dans un hypothétique Gouvernement d’Union Nationale. Elle est désormais sollicitée par toutes les forces vives de la Nation.

Nous sommes guidés par le seul souci d’éviter à notre pays de nouveaux soubresauts inutiles découlant d’élections n’offrant aucune légitimité aux futurs dirigeants. Nous devons faire l’économie d’une nouvelle crise post-électorale.

Excellences, Mesdames et Messieurs

Distingués invités

Chers Congressistes

Je termine en disant avec humilité à mes concitoyens : « aucun de nous ne possède la lumière, mais chacun de nous peut apporter un éclairage » pour sauver notre pays.

La communauté internationale ne restera pas éternellement à notre chevet.

Chez  les Sénoufos en Côte d’Ivoire, on dit « qu’on peut aider quelqu’un à monter sur l’arbre. Mais la manière d’attraper les branches pour ne pas tomber le regarde ».

Mais l’optimisme qui m’habite me fait dire que le peuple centrafricain, même s’il tombe dix fois, il se relèvera onze fois.

Excellences Mesdames et Messieurs, distingués Invités, Chers Congressistes, c’est sur cette note d’espérance que je déclare clos les travaux du 2ème Congrès Ordinaire de la Convention Républicaine pour le Progrès Social.

Je vous remercie pour votre bienveillante attention.

Me Nicolas TIANGAYE

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