Centrafrique: Des sérieuses menaces de mort pèsent sur deux ministres en activité

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La tentative échouée d’assassinat du ministre des Finances Henri-Marie Dondra au quartier Ouango-Bangui, dans la nuit du vendredi 21 au samedi 22 décembre dernier, est loin d’être un simple fait du hasard ou un cas isolé. Elle participe d’un plan de règlement de compte entre tous ceux qui ont été fabriqués par Bozizé et qui se mordent le nez actuellement par pure cupidité, ambition de positionnement pour se mettre plein la poche. Et dans cette volonté de captation des biens et richesses du pays, quiconque ose léser un sous-ensemble ou un élément du sous-ensemble, doit être liquidé. Tel est ce qui se passe actuellement sous le régime de Touadéra digne de la mafia.
Les propos du genre: «Si c’est le ministre lui-même qui était là, il allait voir le pire; toi, tu n’es qu’un chauffeur. Allez, efface-toi !», tenus par la soldatesque en mission commandée contre le ministre des Finances au quartier Ouango-Bangui (cf. MEDIAS+ N°2047 du Lundi 24 Décembre 2018) trahit l’existence et la moralité des groupes criminels au sein du pouvoir de Bangui.
En effet, il y a des groupes armés à Bangui et dans sa périphérie, qui se réclament tous du pouvoir en place mais qui se dressent les uns contre les autres, cherchent à anéantir ou à réduire à quia certains groupes, à monter en puissance contre les autres. Pour se faire, ils ne lésinent pas sur les moyens pour dépuissantifier les autres qu’ils considèrent comme des «concurrents», des «jaloux» (sic).
Ils utilisent même des médias (nouveaux et traditionnels) pour diffamer les autres, raconter des choses terribles sur des tenants du pouvoir qui occupent des postes de responsabilité dans le gouvernement, à l’Assemblée nationale, aux cabinets de la Présidence de la République et de la Primature, dans les entreprises et offices publics, les départements ministériels, les partis et associations politiques et de la société civile, etc.
Il y a aussi des personnalités des entités précitées qui s’adonnent à des manœuvres bassement politiques pour nuire à certains qu’ils estiment peu rassurants pour leur régime, s’ils ne sont pas purement et simplement considérés comme des « traîtres ». C’est le cas de Charles Armel Doubane contre qui des conspirations ont été nourries à la Présidence de la République et à la Primature, planifiées dans certains quartiers au nord de la capitale, et exécutées à travers une manifestation publique devant le ministère des Affaires étrangères pour demander sa démission. Et bizarrement, la demande des manifestants a été acceptée par le président Touadéra et son Premier ministre Sarandji qui n’ont trouvé en cette manifestation que l’occasion en or pour limoger un coéquipier. Gageons que la formule idéale pour le limogeage est trouvée. Elle est originale !
Mais comme pour Henri-Marie Dondra la formule n’a aucune chance de prospérer du seul fait que le concerné bénéficie du parapluie du Premier ministre qui est son beau-père, l’autre formule est trouvée et devait être expérimentée: l’élimination physique.
«Le membre du gouvernement ne savait pas que des gens le cherchaient et le suivaient depuis longtemps, ‘’partout où il allait’’. Et en sa qualité d’allié au président Touadéra dont il est non seulement l’un des importants soutiens financiers au 2è tour de la présidentielle de 2016, mais aussi et surtout son ministre des Finances qui l’a placé dans le cœur du FMI qui vient encore de déverser plus de seize (16) milliards de F CFA le 19 décembre dernier à titre de facilité élargie de crédit (FEC) à l’issue de la 5è revue de l’institution qui a permis de constater les performances de la RCA, et non moins 1er Secrétaire Exécutif National Adjoint du parti MCU de Touadéra. Que son assassinat se passe dans un secteur où l’intéressé est bien connu et estimé, voilà qui dépasse l’entendement», lit-on dans le numéro de MEDIAS+ précité. Tout un programme d’«assassinat politique» en cours d’exécution. Qui dit mieux?
Le chef des braqueurs, un caporal des FACA surnommé Défao qui habiterait le quartier Malimaka dans le 5è, appartiendrait à un groupe armé officiant pour le pouvoir représenté par un éminent défenseur du pouvoir mais de triste réputation depuis l’époque Bozizé. Malgré sa mauvaise réputation légendaire, son indiscipline caractérisée et son sens du déshonneur absolu, cet officier est régulièrement promu en grades et désigné pour des « sales boulots », militairement parlant !
Les faits que (i) les quatre (4) braqueurs du véhicule du ministre Dondra soient tous des militaires des FACA encore en activité, (ii) qu’ils voulaient tuer le membre du gouvernement parce que c’est ce dernier qui serait à l’origine des opérations de contrôle-paiement qui auraient empêché des gens du groupe de ces malfrats de percevoir indument leurs soldes depuis des mois voire plus d’un an, et (iii) qu’il aurait par ailleurs cocufié le ‘’boss’’ de ces malfrats, (iv) qu’il y aurait «des gens qui ne supporteraient plus la confiance que le président Touadéra et le Premier ministre Sarandji continuent de faire à ‘’ce monsieur qui n’est pas de leur ethnie’’ (sic), (v) et qu’«il fallait donc éliminer physiquement HMD pour que quelqu’un de leur ethnie puisse accéder au poste de ministre des Finances et du budget», montrent à quel point il y a des méchants dans cette galaxie Touadéra.
D’après nos sources, il y a des escadrons blindés de la mort qui auraient déjà juré d’abattre le ministre de la Justice Flavien Mbata qu’ils accusent d’avoir livré deux des leurs à la Cour pénale internationale (CPI). Obnubilés par la soif du sang et de la vengeance noire injustifiée, ces ouvriers de la mort ne peuvent pas comprendre que personne, absolument personne en Centrafrique, ni le président Touadéra, ni tous les députés réunis, ne peuvent arrêter ni empêcher la machine judiciaire de la CPI de faire son travail. Le ministre de la Justice n’est pas le décideur ni l’agent d’exécution de l’arrestation des deux chefs anti-balaka Alfred Yékatom alias Ramboh et Edouard Patrice Ngaïssona. Cependant, il est inscrit sur la liste des personnalités à éliminer physiquement et ce n’est pas Doubane dont ils peuvent avoir pitié.
Tout cela montre le degré de contradictions internes du régime qui a déjà suffisamment secrété ses propres armes d’autodestruction. Mais ces amis-ennemis de Touadéra oublient une chose: le malheur est en train de venir du Tchad voisin. En passant leur temps à s’entredéchirer comme ils le font, ils seront un jour surpris dans leur sommeil par des mercenaires étrangers qui ont envahi tout le pays et vont faire leur fête.
A bon entendeur, salut !
Damoclès Diriwo,In: MEDIAS+

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