Centrafrique : des opérateurs économiques haussent le ton face aux nouvelles taxations au port sec du PK 26

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Centrafrique : des opérateurs économiques haussent le ton face aux nouvelles taxations au port sec du PK 26

Selon le partenariat qui le lie au gouvernement centrafricain, l’entreprise Mercure logistique Centrafrique doit prélever des taxes au Port sec du PK 26 après sa construction. Les commerçants de Béloko s’insurgent contre cette pratique que les autorités douanières qualifient de légale.    

Les opérateurs économiques de Béloko, localité située à 600 Km au Nord-ouest de Bangui, s’opposent à la nouvelle taxation douanière de l’entreprise Mercure logistique Centrafrique. Ces commerçants jugent cette taxe défavorable à l’importation des produits en RCA. Cependant, le gouvernement précise qu’il s’agit d’un cadre de partenariat public-privé qui respecte les principes en matière de prélèvement des taxes en République centrafricaine.

Selon les informations de Radio Ndeke Luka, le partenariat entre le gouvernement centrafricain et l’entreprise Mercure logistique Centrafrique, signé en 2021, s’élève à environ 5 milliards de francs CFA. Après la construction du port sec du PK 26 par cette entreprise, elle prélève 65% de revenus contre 35% pour l’Etat. Pour les opérateurs économiques de Béloko, cette taxation est insupportable.

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Bénéfices consommés

« L’entreprise Mercure fixe à 1.164 francs le prix d’un sac de ciment alors que nous versons déjà au départ 500 mille francs CFA. Une fois à Bangui, nous versons le reste des 500 mille francs CFA. Maintenant, si nous voulons sortir pour décharger nos marchandises, Mercure nous impose de payer encore plus de 500 mille francs CFA. Nous ne savons pas pourquoi nous payons cette somme parce que nous investissons à perte dans le ciment. Nous pouvons évaluer nos pertes à au moins 200 mille francs CFA car, nos bénéfices sont déjà consommés par Mercure. Je demande au gouvernement de rompre avec ce système. Au cas contraire, il peut revoir en baisse ces taxes », a souhaité Cyriaque Damoura, président de l’association des opérateurs économiques de Béloko.

Pour le receveur des douanes du Bureau d’affrètement routier centrafricain (BARC), le gouvernement, dans sa politique de mobilisation des recettes publiques, a mis en place cette méthode pour contraindre les réfractaires.

Droit de passage obligatoire

« Au niveau du BARC à l’époque, il n’y avait pas assez de matériels pour nous permettre de bien faire le travail. Nous faisions sortir gratuitement les véhicules faute d’installations techniques. Depuis que le Port sec est opérationnel, on exige à tout le monde de payer le droit de passage. Donc, c’est beaucoup plus les gens qui sont dans l’informel qui se plaignent. Les sociétés de la place qui importent leurs marchandises dans des conteneurs ne se plaignent pas parce que cela n’est pas nouveau » a expliqué Arnold Gotologué, receveur des douanes du BARC.

En janvier dernier, le gouvernement a mis en service le nouveau bureau des douanes du PK 26, route de Boali. Un projet de modernisation des installations douanières visant à augmenter les capacités de mobilisation des recettes publiques en faveur du Trésor public. Toutes les formalités douanières s’effectuent désormais à ce poste situé à l’entrée de Bangui.

Ndeke Luka

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