Centrafrique : Des éléments de la garde présidentielle et de la gendarmerie chassés de leurs postes de contrôle à Ngaragba par la population de Ouango

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Comme ils en ont pris l’habitude depuis le dimanche 3 mai 2020, sur instructions directes de leur hiérarchie, des éléments de la garde présidentielle et de la gendarmerie nationale, lourdement armés, ont bloqué tôt ce matin l’accès du Centre – Ville aux taxis – motos en provenance de Mboko, Landja et Ouango, à partir de la tristement célèbre maison centrale de Ngaragba, où ils ont installés des checks – points. Ils y ont été finalement  chassés quelques heures plus tard, avons – nous appris de sources policières et indépendantes, par une population en colère contre ce qu’elle considère comme  un acte d’atteinte grave aux dispositions de l’ article 5  de la constitution selon lesquelles  » la liberté de la personne est inviolable. Les libertés d’aller et venir, de résidence et d’établissement sur toute l’étendue du territoire sont garanties à tous dans les conditions fixées par la loi. Nul ne peut être contraint à l’exil. La République garantit aux personnes persécutées le droit d’asile. Nul ne peut faire l’objet d’assignation à résidence, si ce n’est qu’en vertu d’une loi ».
Le lundi 4 mai 2020, la veille déjà,  une véritable bataille rangée aurait été constatée dans la ville entre des individus formellement identifiés comme appartenant à l’une des milices à la solde du pouvoir de Bangui, dénommée les « Requins » et les taxis – motos qui, une fois de plus, s’étonnaient de l’interdiction qui leur est faite illégalement d’avoir accès au Centre – ville, des raisons des saisies de leurs motos, des actes de molestages et de traitements humiliants et dégradants dont ils ne cessent de faire  l’objet ces derniers temps. Devant la Cathédrale Notre Dame Immaculée  Conception, ils ont juré poursuivre la lutte tous les jours  afin d’arracher leur liberté d’aller et venir et de faire pourrir la vie au Gangster de Bangui et son organisation criminelle au pouvoir depuis le 30 mars 2016, incapables de créer de l’emploi pour les jeunes mais déterminés plutôt à les empêcher de survivre en exerçant de petits métiers dans leur propre pays, s’ils ne les font pas tout simplement  tuer tous les jours par les groupes armés, à l’exemple du dernier massacre de Ndélé où une mère et son bébé ont été lâchement assassinés, sans que celui qui a été élu ne puisse avoir le courage et l’âme d’un être humain pour ouvrir la bouche et s’en émouvoir.
Rappelons que cette mesure de déploiement des éléments de la garde présidentielle et de la gendarmerie dans le Centre – ville a été prise, au lendemain de la visite rendue, au quartier Lakouanga sis dans le 2ème arrondissement, à son coiffeur connu du nom « Petit Benz – VI » par l’ancien président François Bozizé, le samedi dernier. Informés de sa présence dans le secteur, les taxis – motos qui se sont faits passer la nouvelle telle une traînée de poudre dans toute la ville, ont patiemment guetté sa sortie, l’ont acclamé et l’ont escorté jusqu’au siège de son parti le KNK, situé dans le 4ème arrondissement. S’il n’avait pas eu l’idée de faire une escale là, ils l’auraient accompagné jusqu’à son domicile. Comme il fallait s’y attendre,  ce mouvement de foule en liesse, sillonnant les grandes artères, donnant de nombreux, persistants et ennuyants coups de klaxons, et empêchant même un convoi de la garde présidentielle de passer,  a été immédiatement interprété comme un acte d’agitation publique et de trouble à l’ordre public.
Aux dernières nouvelles, à l’instar des taxis – motos qui sont pourchassés tous les jours, le coiffeur de l’ancien chef d’état – major du président Patassé, quant à lui,  est placé dans la ligne de mire du Gangster de Bangui et ses Tontons Macoutes. Tout l’alentour de son salon a été investi hier tard dans la nuit du lundi 4 au mardi 5 mai 2020 par des éléments de la garde présidentielle et de la gendarmerie nationale. Au moment où nous mettons sous presse, la vie du « Petit Benz – VI » est gravement menacée et il serait passé en clandestinité.
La rédaction

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