Centrafrique : De l’état nation à l’état tribal !

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INTRODUCTION

Où va exactement et réellement la République Centrafricaine dans cet univers sans repères ? Chaque journée et chaque nuit qui passent sont chargées de sombres cauchemars pour le peuple Centrafricain dans toute sa diversité ethnique, religieuse et politique.

Chaque soleil levant apporte de flots d’angoisse, d’inquiétude et de stress dans chaque famille quelle qu’elle soit, et d’où elle est, du fait de l’absence d’un ou de plusieurs de ses membres qu’il faille rechercher partout, dans les commissariats de la police, les brigades de la gendarmerie ou ailleurs dans les buissons avec désespoir et incertitude.

Chaque nuit qui tombe apporte de l’insomnie dans chaque maison, dans toutes les maisons et même dans tout espace où vivent des âmes Centrafricaines ankylosées par l’anxiété. Les pleurs, les sanglots, les grincements de dents  et toutes les autres formes de gémissements et tortures morales sont les partages nocturnes des Centrafricains sans exclusive y compris les défenseurs zélés d’un système politique pour des raisons bien connues.

Et, dans ce voyage en quête de paix, de stabilité, de démocratie, des droits de l’homme et du développement en ce XXIème siècle, le navire Centrafricain semble avoir perdu tous repères et, le capitaine du bateau tous contrôles. Car, les avis et conseils qui devraient servir à la bonne maîtrise et conduite du navire sont jetés derrière sinon sur le pavé ; les assauts des manipulateurs et flatteurs ont constitué d’épaisses couches de nuage qui empêchent toute progression du navire…

Du coup, toutes les structures familiales et tribales qui ont formé la nation Centrafricaine, fruit d’une longue période de luttes et de sacrifices du peuple Centrafricain se désagrègent et se disloquent sous l’effet d’une nouvelle tyrannie avec d’autres facteurs économiques, religieux, militaires et politico-stratégiques.

Pour preuve, lorsque harcelé par ceux-là même qui devraient efficacement aider les dirigeants à stabiliser la machine centrafricaine pour le grand bien du peuple Centrafricain, et que j’ai cru nécessaire d’en rendre compte à la plus Haute Autorité du pays par courrier n° 047/CEJACC/CN/SAN du 23 Mars 2021 et enregistré sous le numéro 0713 du 24 Mars 2021 à la Présidence de la République, qu’est ce que j’ai reçu en terme de feed back ?

Les faiseurs et les tombeurs d’hommes patentés de la République ont, à travers leurs agents ou réseaux spécialisés dans la distillation des charges psychologiques, fait véhiculer les allégations ci-après :

  • Neutraliser Monsieur Elie OUEIFIO au besoin, le tuer sans arme car il se croit le plus intelligent et le plus intègre : (Propos des cadres Gbaya et quelques conseillers à la Présidence de la République) ;
  • Dissoudre les Partis Politiques KNK et URCA et neutraliser tous les cadres KNK et Gbaya à l’exception de ceux qui feront allégeance au MCU (Résolution MCU) ;
  • Maintenir le Général Ludovic NGAÏFEI aussi longtemps en prison tant que durera le régime du Président TOUADERA de peur qu’il ne renverse le Pouvoir (Résolution MCU) ;
  • Des questions que suscitent ces charges psychologiques

Au regard de ces allégations puériles et obscènes qui circulent mais, qui ne sont jamais réprimandées bien qu’elles tombent sous le coup de la loi du pays, quelques questions de précisions méritent d’être soulevées :

  1. L’Ethnie de l’Ancien Président BOZIZE (Gbaya) est-elle devenue un critère d’épuration de tous les Gbaya qui ne feraient pas allégeance au MCU ?

A cette question, je fais observer que même ceux qui avaient bien habillé la coalition Séléka et la riposte Balaka sous l’angle de la religion pour opposer les musulmans aux chrétiens n’ont pas réussi à effacer ces catégories de personnes sur le territoire de Dieu en Centrafrique. Les chrétiens et les musulmans sont tous là et vivent ensemble sur leur territoire tout comme les autres tribus constituant la nation Centrafricaine.

Il n’y a que Dieu seul qui peut souverainement décider de détruire une tribu ou toute une nation comme il l’a fait pour Sodome et Gomorrhe. Aussi, convient-il de souligner et de faire remarquer que durant les dix (10) années de règne du Président BOZIZE, de tous ses Premiers Ministres qui partent des feus Abel GOUMBA et Célestin le Roy GAOMBALET (paix à leurs âmes) à Elie DOTTE jusqu’à Nicolas TIANGAYE en passant par Faustin Archange TOUADERA, le recors en terme de durée au poste de tous les Premiers Ministres de Centrafrique a été remporté par le Premier Ministre TOUADERA (cinq (05) années).

De même, tous les postes stratégiques et juteux n’ont pas été occupés par des Ministres issus de la tribu de BOZIZE. En agissant ainsi, l’ancien Président François BOZIZE suivant les traces de Barthélemy BOGANDA, avait pleine conscience que le tribalisme bien qu’étant dépassé reste préjudiciable à l’unité nationale et constitue une menace pour le peuple.

  1. Le Général Ludovic NGAÏFEI est-il simplement séquestré, enlevé et mis en détention illégale et arbitraire parce qu’il constitue une menace au Pouvoir MCU ?

A cette question précise, j’ose croire et espérer que les Juges ou Magistrats auront écouté, compris et sauront tirer la leçon du pressent appel du Président de la République, Chef de l’Etat, lors de son investiture le 30 Mars 2021, réclamant une réforme en profondeur au sein de la Justice aux fins de réduire les procédures judiciaires souvent trop longues.

Oui, les procédures judiciaires trop longues dans le cas d’espèce de l’affaire NGAÏFEI, totalement vide, pénalisent non seulement, le prévenu mais aussi et également, la famille et le pays. Il ne fait aucun doute, que les juges sont tenus au respect des caprices de certains hommes forts du régime qui leur dictent leur propre volonté. Et, au lieu de dire le droit selon le principe de l’Indépendance de la Justice, les juges sont mis au gardez-vous par ces hommes forts du régime dans l’ombre. L’un des Avocats de Ludovic NGAÏFEI n’a-t-il pas fini par faire des avœux qu’ils sont suivis et menacés ?

  • Quelle Intention se cacherait derrière le Projet de dissolution des Partis politiques KNK et URCA ?

L’intention cachée a été bien dévoilée par Son Excellence VLADIMIR Tittorzenko Ambassadeur de la Russie en République Centrafricaine au sortir de son audience avec le Président de la République et rendue publique par la Radio Centrafrique le 03 Avril 2021 où, répondant à l’appel téléphonique du Président de l’URCA qu’il taxe de complicité avec BOZIZE, avait clamé haut et fort, que lui, comme tout russe est plus Centrafricain que Georges Anicet DOLOGUELE.

De là, l’on comprend aisément l’implication des ‘‘amis russes’’ dans toutes les recherches de nouvelles alliances politiques au Président TOUADERA, des recherches bancales qui sabordent l’unité nationale comme je le précisais dans le compte rendu ci-haut rappelé.

De là aussi, l’on comprend parfaitement pourquoi, Monsieur l’Ambassadeur Russe parle avec tant d’arrogances comme s’il était le Président de la RCA, le Chef Suprême des Armées ou, le Chef d’Etat Major des Armées ou encore, le nouveau Maître de la nouvelle colonie russe en Afrique qu’est la RCA délaissée, abandonnée sans doute, par son ancien Maître, la grande France de DE-GAULLE.

Mais, une chose sûre et vraie qu’il convient de souligner et de rappeler est que, si l’Ambassadeur russe et tout russe sont plus Centrafricains que les Centrafricains, les russes sont par déduction assimilés aux Centrafricains et vice-versa et donc, les deux pays forment un seul d’où, il n’y a pas lieu d’avoir d’Ambassadeur qui représente son pays dans son propre pays même, d’un côté.

De l’autre côté, et même si l’Ambassadeur et tout russe ont déjà acquis la nationalité Centrafricaine par naturalisation, le fait qu’il soit accrédité auprès d’un Etat tiers qu’est la République Centrafricaine, il est de facto régi par les dispositions de la Convention de Vienne du 11 Avril 1961 sur les relations diplomatiques entrée en vigueur le 24 Avril 1964 notamment en son article 3 point 1 qui stipule : Les fonctions d’une mission diplomatique consistent à :

  1. Représenter l’Etat accréditant (la Russie) auprès de l’Etat accréditaire (la RCA) ;
  2. Protéger dans l’Etat accréditaire les intérêts de l’Etat accréditant et de ses ressortissants, dans les limites admises par le droit international ;
  3. Négocier avec le gouvernement de l’Etat accréditaire ;
  4. S’informer par tous les moyens licites des conditions et de l’évolution des évènements dans l’Etat accréditaire et faire rapport à ce sujet au gouvernement de l’Etat accréditant ;
  5. Promouvoir des relations amicales et développer des relations économiques, culturelles et scientifiques entre l’Etat accréditant et l’Etat accréditaire…

Alors, les fonctions d’un Ambassadeur telles que définies par l’instrument supra national qu’est la Convention de Vienne rappelée ci-haut ayant été reprécisées, Son Excellence, Monsieur l’Ambassadeur, ne saurait indéfiniment violer outrancièrement ladite Convention et porter outrages par voie de fait à la nation Centrafricaine et au peuple Centrafricain et une atteinte à l’éthique et à l’honorabilité nationales.

  • Que dire aux Centrafricains du glissement de l’Etat nation vers un Etat tribal ?

A ce stade précis, je préfère laisser entendre la voie d’un des grandes figures Africaines qui n’est plus de ce monde car, comme ses pairs Martin Luther KING, Patrice Emery LUMBUMBA, Barthélemy BOGANDA, Thomas SANKARA, NASSER, SEKOU TOURE par la faute de leurs frères Africains sous les ordres des impérialistes et néo-impérialistes occidentaux, ils ont été liquidés.

Je pense très fortement au colonel MOUAMMAR EL KADHAFI (paix à son âme), Président de Libye qui, dans son livre vert au chapitre réservé à la nation a vu juste, a pensé vrai et a prédit exactement la situation Centrafricaine en ces termes :

  • « La nation est une couverture politique et nationale de l’individu plus étendue que la couverture sociale offerte par la tribu à ses membres. Le tribalisme est préjudiciable au nationalisme, car l’allégeance tribale affaiblit le loyaliste nationale » ;
  • « Dans la communauté mondiale, la nation occupe la même place que la famille au sens de la tribu. Plus les membres de la famille constituant une tribu se querellent plus grande est la menace qui pèse sur cette tribu » ;
  • « De même, si les membres d’une famille se disputent et si chacun cherche son propre intérêt, cette famille est menacée et si les tribus constituant une même nation se querellent ne cherchant que leurs intérêts, cette nation est menacée » ;
  • « Le fanatisme national, l’utilisation de la force contre des nations plus faibles, l’enrichissement national par le pillage des ressources d’autres nations, tout cela est néfaste pour l’humanité » ;
  • « Par contre, l’individu fort, qui se respecte et est conscient de ses responsabilités, est utile pour la famille ; de même qu’une famille solide, respectable et consciente de son rôle, est socialement et matériellement utile à la tribu. Enfin, une nation avancée, productive et civilisée est bénéfique pour le monde tout entier. La structure politique et nationale se détériore si elle s’abaisse à de simples considérations familiales ou tribales… ».

Sans commentaire, puissent ces paroles prophétiques qui s’inspirent de la déclaration du Seigneur Jésus-Christ révélée dans Matthieu 12 : 25 qui stipule : « Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté ; et toute ville ou famille divisée contre elle-même ne peut subsister », aider les Centrafricains singulièrement, les évolués à prendre la mesure du pillage à grande échelle des richesses et ressources du pays sans retombées réelles pour le peuple bénéficiaire ?

Puissent-elles convaincre les Centrafricains à transcender les velléités nuisibles qui les divisent pour s’unir afin de redevenir réellement libres et dignes ? That are the questions.

CONCLUSION

Avant de laisser à nouveau la voix du feu MOUAMMAR EL KADHAFI parler aux Centrafricaines et Centrafricains, je voudrais simplement rappeler que l’unité du peuple Centrafricain constitué à partir d’une mosaïque de tribus est une œuvre de longue haleine dont le prix à payer est, reste et demeure le sang de nos ancêtres communs sous la lutte opiniâtre et éclairée de Barthélemy BOGANDA et ses frères d’alors.

Vouloir aujourd’hui pour des intérêts égoïstes et personnels substituer l’Etat nation par l’Etat tribal, c’est rouvrir les cicatrices de la servitude en conduisant le peuple dans une nouvelle colonisation, une nouvelle tyrannie qui ne soit plus la colonisation française.

Vouloir tenter d’instaurer un régime totalitaire en Centrafrique, c’est prendre le risque de perpétrer la souffrance du peuple Centrafricain en réduisant le pays en un Etat fantoche car, même HITLER n’a pas réussi à épurer les juifs ni les Allemands qui ne répondaient pas à ses propres critères. Au mieux il n’a fait que retarder l’élan de ce grand Etat qui avait de bonnes prédispositions pour être la première puissance mondiale.

C’est la raison pour laquelle, les morts n’étant pas morts, j’invite les Centrafricaines et Centrafricains, à méditer sur ce que le guide Libyen nous a légué en ces termes :

« Car la nation se forme en outre par l’accumulation, à travers les âges, des êtres humains se regroupant sur la même aire géographique, forgeant une histoire commune, constituant ensemble un même patrimoine et affrontant le même destin. Abstraction faite au lien de sang, la nation est en définitive un sentiment d’appartenance et une communauté de destin… L’Etat nation est la seule formule politique qui soit en harmonie avec la structure sociale naturelle. Il a une existence durable, pour autant qu’il n’ait plus à subir la tyrannie d’un autre nationalisme plus puissant ou sa structure en tant qu’Etat n’est pas compromise par le jeu des tribus, des clans, des familles formant sa structure sociale. La structure politique se détériore donc lorsqu’elle est assujettie aux considérations de la structure sociale, tribale, familiale ou confessionnelle. D’autres facteurs peuvent également concourir à la formation d’un Etat autre que l’Etat nation, tels que les facteurs religieux, économiques et militaires ».

Puisse l’Eternel Dieu, à qui appartiennent, la nation Centrafricaine, le peuple Centrafricain et le Pouvoir, faire entendre et comprendre ces paroles aux Centrafricaines et Centrafricains et particulièrement, aux dirigeants, représentants, hommes politiques, civils et militaires et les éclairés pour que, régénérés, ils puissent par-dessus toutes les contradictions, se regarder comme des frères pour sauver l’essentiel c’est-à-dire, le pays et le peuple ?

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