Centrafrique : « Coopération RCA – UE » : Jolies photos pour une fin de mission diplomatique !

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L’Imposteur de Bangui, celui qui nous a été imposé par toute la communauté internationale, l’Ue et le G5 y compris, et qui a été déclaré élu seulement par 17% du corps électoral, à l’issue des calamiteux scrutins du 27 décembre 2020, marqués singulièrement par de graves et flagrantes irrégularités qui ont fini par leur dénier tout critère de démocratie, de liberté, de sincérité, de crédibilité, d’inclusivité, d’incontestabilité, de transparence et de légitimité, avec la complicité avérée et l’instrumentalisation de l’ANE et de la cour constitutionnelle dont la présidente Danièle Darlan est membre à part entière du parti – Etat, le MCU, et desquels plus de 300.000 Centrafricains ont été délibérément exclus,  et l’ambassadrice Samuela Isopi ont joué à Roméo et Juliette à l’occasion de la cérémonie d’au revoir de la diplomate européenne en fin de mission de 4 ans en Centrafrique.

C’était le lundi 30 août 2021 au palais de la Renaissance à Bangui. De l’avis général et même de certains diplomates chevronnés, on a tout vu sauf les bonnes manières diplomatiques: -la distanciation diplomatico-canonique entre les deux personnalités n’a pas été respectée ; -le port du cache-nez et la distanciation liés aux barrières anti-Covid n’étaient non plus au rendez-vous. On a eu l’impression d’assister à une scène d’au revoir entre deux amoureux/tourtereaux, à voir le sourire de Touadéra et le clin d’œil de Isopi lors de la remise de la médaille de Commandeur, la chaleureuse, tendre et très langoureuse accolade inhabituelle entre les deux personnalités, et le discours d’au revoir plein de sentiment et d’affection passionnelle de Samuela Isopi à l’endroit de l’Imposteur de Bangui.

A l’œil nu, tel que rapporté ci – dessus, le décor est ainsi planté, comme nous l’avions annoncé à plusieurs reprises dans nos publications : pendant plus de quatre années, nous n’avions jamais eu de relations d’état à état, entre la République centrafricaine et les vingt – sept états membres de l’Union européenne, représentée par Mme Samuela Isopi, mais il nous a été plutôt imposé pendant cette période une relation d’amour entre un homme et une femme. Un homme et une belle italienne qui ont usé de leurs fonctions et de toutes les prérogatives y relatives, non pas pour construire de solides ponts d’amitié, de fraternité et de partage, entre le peuple meurtri de Centrafrique et les peuples européens, membres de l’UE, autour des valeurs de démocratie, de justice, de paix, de sécurité, de respect des droits de l’homme, de liberté et de l’Etat de droit, mais plutôt pour se nouer des relations personnelles et amoureuses.

Et c’est justement à cause de ces chaleureuses relations que la représentante de l’Ue Samuela Isopi n’a jamais daigné ouvrir la bouche pour accuser le régime de son « petit ami » de « déficit démocratique » avant la tenue des catastrophiques élections du 27 décembre 2020, à l’exemple de l’ambassadeur de l’Ue près la République du Togo en 1993. Rappelons que les événements de 1993 qui avaient marqué les différents scrutins censés promouvoir la démocratie au Togo avaient conduit l’Union européenne à interrompre sa coopération avec le Togo. Elections mal organisées, fraudes, arrestations arbitraires, meurtres politiques avaient poussé les autorités européennes à conclure à un «déficit démocratique au Togo». Ce constat avait immédiatement entraîné une cascade de mesures contre le gouvernement togolais. Le général Gnassinbgé Eyadema avait finalement joué la carte de l’indifférence et avait misé sur le long terme pour avoir raison des commissaires européens qui ont opté pour des sanctions contre son régime.

Ainsi donc pour des raisons de pulsions charnelles, Mme Samuela Isopi a préféré fermer les yeux sur les dérives autoritaires du régime, les restrictions des libertés individuelles et collectives, l’illégalité et l’illégitimité de l’ANE, l’instrumentalisation des institutions judiciaires et de la cour constitutionnelle, la chasse aux opposants, les flagrantes violations des dispositions du code électoral et de la constitution relatives au processus électoral, la mise en place du comité stratégique d’appui au processus électoral par un arrêté du premier ministre, et les nombreuses irrégularités qui ont caractérisé les élections du 27 décembre 2020. En dépit de tous ces dysfonctionnements, elle n’a pas hésité un seul instant à utiliser l’argent du contribuable européen pour financer une véritable mascarade électorale et cautionner l’institutionnalisation d’une Imposture, celle de son « petit ami, de ses amis, parents, connaissances et maîtresses.

Mais, en agissant de la sorte, elle a choisi d’ouvrir son cœur à un homme, en toute incompatibilité avec ses fonctions, d’une part, et les intérêts et les nobles principes qui fondent l’Ue, d’autre part, et non à un peuple, et de ne pas marcher sur les traces de l’un de ses prédécesseurs Jean – Claude Esmieux dont le premier objectif demeurait la bonne gouvernance. « La Centrafrique, avec toutes ses richesses (bois, diamant, or), a été, est et sera la cible privilégiée des prédateurs. Ces prédateurs sont là, ils viennent de l’extérieur mais aussi de l’intérieur. Ils corrompent les institutions. La RCA doit agir contre la corruption. Car aucun investisseur sérieux, aucun bailleur de fonds n’acceptera de venir si rien n’est fait pour démontrer une volonté, une énergie pour diminuer ce phénomène », déclarait-il, le 6 août 2005, dans un discours devenu célèbre, prononcé à l’Assemblée nationale devant des députés médusés. Le 9 mai dernier, il déclarait dans une adresse au Premier ministre centrafricain: «J’ai vu des décisions courageuses, mais aussi des positions et actions peu conformes avec la morale internationale ou aux aspirations et principes de l’Union européenne», le premier bailleur de fonds de cette ancienne colonie française.

Que dire donc de plus de tout ce qui précède pour ne pas indexer directement l’Ue et sa représentante dans la responsabilité de l’intronisation d’un Imposteur à la tête de notre pays et de la crise post – électorale actuelle ?

Jean – Paul Naïba

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