Centrafrique : Conférence de presse de la Mission conjointe de l’Onu, l’Ue, l’Ua et de la Ceeac

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Bangui, 5 juin 2021

  • Ambassadeur Bankole Adeoye, Commissaire aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité de l’Union Africaine (UA)
  • Mangaral Banté, Commissaire aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC)
  • Jean-Pierre Lacroix, du Secrétaire général adjoint des Nations Unies chargé des opérations de maintien de la paix
  • Charles Fries, Secrétaire général adjoint de l’Union Européenne chargé de la politique de sécurité et de défense commune et de la réponse aux crises
  • Mme Rita Laranjinha, Directrice Afrique du Service européen pour l’action extérieure (SEAE)

Commissaire Bankole Adeoye (UA) –

 

Je vous remercie de votre présence, chers membres de la presse. Comme vous le savez, nous avons été ici en mission de trois jours en République Centrafricaine. Il s’agit d’une visite conjointe de l’Union Européenne, de l’Union Africaine, des Nations Unies et de la CEEAC. L’objectif principal de cette mission est de continuer à soutenir le processus de paix pour la stabilisation de la République Centrafricaine. Au cours des trois jours, nous avons rencontré les parties prenantes de la Réublique Centrafricaine, des leaders religieux, les femmes, les jeunes, le Président, l’Assemblée nationale et les partis politiques des deux camps. Pour nous, il est important de continuer à insister sur la nécessité d’un dialogue inclusif en République Centrafricaine. Un de nos principaux messages porte sur la revitalisation de la mise en oeuvre de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation (APPR). Dans ce processus, nous avons encouragé tous les acteurs à soutenir le Gouvernement du Président Touadéra étant donné que les élections sont terminées. Nous avons également engagé le Président directement et soulevé un ensemble de préoccupations. Cela comprend les restrictions imposées aux acteurs politiques et nous sommes très heureux d’apprendre, quelques moments après la rencontre, que le Gouvernement a publié une note autorisant ceux qui veulent se rendre à l’etranger pour des raisons médicales, de pouvoir voyager.

La seconde préoccupation que nous avons soulevé avec lui concerne la place de la communauté internationale. Comme vous le savez, il y a eu des manifestations fréquentes contre les institutions ici représentées. Nous savons que ces manifestations ne sont ni normales ni spontanées, en plus d’être manipulées. Aussi, nous avons du demander au Président si nous étions toujours invités à travailler en RCA. Sans ambiguité, le Président nous a rassuré que l’invitation est toujours valide, ce qui signifie que la MINUSCA et nous tous pouvons continuer à travailler et à soutenir le processus de paix. Comme vous le savez, le Président a fait une déclaration publique dans ce sens.

La troisième préoccupation concerne les relations entre la RCA et ses voisins. Par rapport à cela, il nous a rassuré que le Gouvernement a déjà engagé la République du Tchad. Il a précisé qu’il s’est personnellement entretenu avec le Général Mahamat Idriss Deby et que trois de ses ministres s’étaient rendus en République du Tchad. Nous sommes trés encouragés par cette démarche et nous insistons sur l’importance de la coopération sécuritaire régionale. C’est une question très importante pour cette délégation.

D’une manière générale, nous sommes très heureux des résultats de cette visite mais le travail ne fait que commencer. Nous avons discuté également avec les préfets et nous sommes mieux informés de leurs défis, sur le plan de la gouvernance et de l’administration locales. Pour nous, ce qui est important c’est l’engagement de tous les acteurs pour s’assurer que ce pays ne replonge dans un conflit. Et dans toutes nos discussions, nous avons insisté sur un point à savoir la condamnation de tous ceux qui ont pris les armes, particulièrement la CPC contre la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays. Nous l’avons dit avec force et nous leur lançons un appel vibrant, à renoncer immédiatement à la violence et à revenir dans le processus démocratique. C’est la seule solution possible pour le pays. Il faut faire taire les armes maintenant et cette tâche doit être menée par tous. C’est pour cette raison que nous insistons sur la consultation, la coordination et la communication, et nous restons disposés à continuer à travailler ensemble pour le bien-être de la République Centrafricaine. Je saisis cette oportunité pour saluer le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et Chef de la MINUSCA, l’Ambassadrice de l’Union européenne en République Centrafricaine, le Représentant spécial de la Commission de l’Union africaine et l’Ambassadeur de la CEEAC. Nous avons eu des discussions très fructueuses et je suis sûr que mes collègues reviendront sur ces points. Je vous remercie de votre attention.

  1. Jean-Pierre Lacroix (Nations Unies) – Bonsoir mesdames et messieurs. Je serai bref parce que le Commissaire Bankole a parlé en notre nom à tous, et comme vous le voyez, cette visite conjointe est une manifestation supplémentaire de la totale unité de vue de nos organisations et aussi de notre engagement total à continuer à travailler ensemble avec les autorités centrafricaines et le peuple centrafricain pour consolider la marche vers la paix, la démocratie, la stabilité.

Nous faisons cette visite dans un contexte qui a été marqué, d’un côté, par la préservation de l’ordre institutionnel et constitutionnel en République Centrafricaine grâce à la tenue des élections dont nos interlocuteurs, y compris le Président de la Republique ont reconnu qu’elles n’auraient pas probablement pas pu avoir lieu sans le soutien de nos organisations. Le soutien politique d’abord, pour soutenir l’idée qu’il fallait qu’elles se tiennenent absolument, le soutien financier très important, y compris en matière de sécurisation qui a été fourni pour la tenue des élections présidentielles et législatives. Mais dans le même temps, il y a eu le soulevement d’un certain nombre de groupes armés dans la CPC, que nous condamnons, comme l’a dit le Commissaire Bankole et notre message à nos interlocuteurs, et en particulier au Président de la République, a été que, bien sûr, pour ceux qui continuent à faire le choix de la violence, la seule réponse nécessaire est une réponse robuste et la force. Même s’il est crucial que cette réponse soit portée dans le respect du droit international humanitaire, dans le respect des populations, dans le respect des droits de l’homme, de manière à ne pas semer d’autres graines qui seraient porteuses de violences plus tard. Mais comme le Commissaire Bankole l’a aussi indiqué, nous avons exprimé notre conviction commune qu’une solution strictement militaire n’était pas réaliste ni souhaitable, et que le dialogue inclusif avec tous ceux qui rejettent le recours à la violence – encore une fois pas avec tout le monde, bien sûr, mais avec ceux qui rejettent la violence -, qu’il s’agisse des forces politiques et des groupes armés qui n’ont pas rejoint la CPC mais aussi les forces vives de la société centrafricaine, les femmes, les jeunes, les représentants religieux. Ce dialogue inclusif était absolument fondamental pour ramener la paix et la stabilité dans ce pays.

Un troisième message également important était notre engagement pour qu’il n’y ait pas d’impunité pour ceux qui commettent des crimes, des violations graves des droits de l’homme, quelque soit leur appartenance, quelque soit leur affiliation, quelque soit leur identité. Et comme vous le savez d’ailleurs, la MINUSCA soutient, avec d’autres partenaires, les institutions de l’Etat de droit centrafricain mais aussi nous avons procédé à certaines arrestations et nous sommes prêts, la Mission est prête à continuer à le faire dés lors que ce serait possible.

Comme l’a indiqué le Commissaire Bankole, nous avons fait état auprès du Président de la République et d’autres interlocuteurs, des difficultés croissantes qu’ont rencontré ces derniers temps nos organisations et nos collègues sur le terrain et qui se traduisent de plusieurs manières. Le Commissaire Bankole a fait état des messages de haine, de désinformation, des manifestations manipulées contre nos organisations et nous avons clairement indiqué que ce n’étaient pas la liberté de manifester ou la liberté de critique qui étaient en cause. Bien évidemment, non seulement nous la respectons comme nous la promouvons dans notre action en République Centrafricaine, mais c’était le fait qu’il nous semblait, de manière très claire, que certains messages émanaient de personnalités, de cercles dont on aurait pu penser étant donné leur proximité ou même leur affiliation aux forces politiques de la majorité, qu’elles n’auraient pas contribué ou participé à ce genre d’incitation.

Parallèlement, nous avons aussi fait valoir que nos collègues sur le terrain, la MINUSCA mais pas seulement, faisaient face à des difficultés croissantes, des obstructions, des refus de liberté de mouvement alors que cette liberté est prévue dans l’accord qui lie la MINUSCA et le Gouvernement centrafricain, et parfois des incidents très graves qui mettent en danger nos collègues. Et donc, comme l’a indiqué le Commissaire Bankole, nous avons posé la question au Président pour savoir si nous étions toujours les bienvenus ou en d’autres termes si les conditions dans lesquelles nous pouvons continuer notre action étaient toujours réunies. Et comme cela a été dit, nous partons réconfortés par l’expression très claire et publique du Président de la République, que je n’ai pas besoin de paraphraser puisque vous l’avez tous lu et vu. Il a réitéré son souhait que nos organisations poursuivent leur action et son sentiment que, d’après lui, l’action de ces organisations était toujours nécessaire et souhaitable pour la poursuite des efforts au bénéfice du pays et du peuple centrafricain. Et donc, nous savons gré à Son Excellence le Président Touadéra de cet engagement très clair et très ferme. Nous lui savons gré aussi d’avoir indiqué publiquement que des poursuites seraient engagées contre ceux qui tout récemment, ont formulé des menaces très graves même si elles sont assorties d’un délai de trois mois, je crois, à l’encontre de nos collègues. Cela aussi nous réconforte parce que, vous le comprendrez bien, si les plus hautes autorités de l’Etat souhaitent que nos organisations poursuivent leurs activités dans le pays, il est clair que les conditions nécessaires doivent être réunies. Même si nos collègues – je leur rends hommage, ici et tous – , qu’il s’agisse des collègues de l’Union européenne, de la CEEAC, de l’Union africaine, biens sûr nos collègues de la MINUSCA et du système des Nations Unies sont habitués à travailler dans des environnements difficiles et parfois même dangereux, mais il y a des limites au-delà desquelles certaines actions deviennent tout simplement impossibles et, encore une fois, les engagements du Président nous réconfortent à cet égard. Voilà, mesdames et messieurs, merci de votre attention.

  1. Charles Fries (UE) – Mesdames, messieurs bonsoir. Avec ma collègue, Directrice générale Afrique au Service européen pour l’action extérieure, nous représentons ici le point de vue de l’Union Européenne et la première chose que je souhaiterai dire c’est notre très grande satisfaction d’avoir participé à cette mission quadripartite et surtout, ce qui ressort, c’est la très forte convergence de vue entre nos quatre organisations et je dirai même l’unité de vue, d’analyse et de messages que nous avons pu transmettre durant cette visite de trois jours. Nous avons les mêmes objectifs, bien sûr chacun, chaque organisation ayant ses propres instruments, ses propres procédures mais nous avons une très grande convergence de vue sur la façon dont nous pouvons accompagner au mieux la République Centrafricaine dans la période difficile qu’elle traverse. Nous avons tous en tête, bien sûr, les moments difficiles en termes sécuritaires que ce pays a traversé ces derniers mois.

Donc, mon premier message c’est de dire que nous nous reconnaissons, nous Union Européenne, pleinement dans ce qu’ont dit le Commissaire Bankole et le Secrétaire général adjoint des Nations Unies, Jean-Pierre Lacroix. Le deuxième message c’est de dire que l’Union Européenne est un partenaire historique de la République Centrafricaine. C’est un engagement très fort. Je rappelle, par exemple, que depuis 2014, l’Union Européenne a versé un soutien financier d’environ 900 millions d’euros à la

République Centrafricaine, pour assurer son développement, pour assurer sa sécurité, pour assurer sa bonne gouvernance. Et c’est aussi un engagement dans la durée, dans la longue durée et je prends l’exemple des deux missions européennes qui travaillent en République Centrafricaine. Une mission EUTM-RCA qui travaille dans la formation des forces armées de ce pays, pour créer, pour structurer et pour professionnaliser les forces armées centrafricaines (FACA), et également une mission d’assistance qu’on appelle EUAM-RCA, qui elle fait du conseil stratégique auprès du Ministère de l’intérieur, de la direction de la Police, la direction de la Gendarmerie, la direction des Douanes, la direction des eaux et fôrets, bref, auprès de tout ce qui peut permettre aux Forces de Sécurité Intérieure de se renforcer, d’être plus professionnels, et là aussi l’Union Européenne est engagée dans la durée pour aider ce pays à faire face aux défis auxquels il est confronté.

Ce que je souhaiterai rappeler enfin c’est bien sûr le fait que l’Union Européenne est aux côtés de la République Centrafricaine dans toutes les mesures qui seront prises et qui iront dans le sens de ce processus de réconciliation, qui iront dans le sens de la stabilisation et de la paix dans ce pays. Comme ça a été dit par mes deux collègues, nous soutenons bien sûr la nécessité d’une solution politique, il ne pourra pas y avoir de solutions exclusivement militaires aux difficultés actuellement traversées par ce pays. Nous aussi nous soutenons la revitalisation ou la mise en oeuvre effective de l’APPR. Nous souhaitons aussi, nous Union Européenne, un dialogue politique, centrafricain, inclusif, qui puisse bien sûr associer le Gouvernement, l’opposition démocratique, la société civile, qui soit un dialogue qui puisse associer toute la diversité de la société centrafricaine. Bien sûr, je m’associe aux mesures très précises qui ont été rappelées par les quatre organisations auprès des autorités centrafricaines, en particulier la nécessité d’assurer la pleine liberté d’expression, la levée de restrictions pesant sur certains membres de l’opposition. Plein soutien bien sûr à tout ce que fait la MINUSCA dans ce pays et nous sommes en plein soutien après les attaques et les campagnes violentes qui ont marqué la MINUSCA, et de façon générale les partenaires traditionnels de la République Centrafricaine. Je pense bien sûr à l’Union Européenne et à certains états membres notamment la France. Nous souhaitons que ces campagnes de désinformation cessent et c’était donc très important, et je remercie le Président de la République d’avoir fait cette déclaration publique devant la presse, pour réaffirmer combien toutes les missions présentes sur le sol centrafricain sont bienvenues et que bien sûr toutes les mesures seront prises pour qu’elles puissent travailler sans entrave.

Ce que j’aimerai réitérer c’est que nous avons un dialogue régulier, confiant avec la République Centrafricaine mais c’est aussi un dialogue exigeant. Nous souhaitons, en particulier, aider, accompagner au mieux les autorités centrafricaines à faire des réformes, des réformes nécessaires pour le pays, non seulement en termes de gouvernance mais aussi en termes de sécurité, en termes de lutte contre la corruption, en termes de lutte contre l’impunité. Nous serons aux côtés des autorités centrafricaines pour les accompagner dans ce sens et nous espérons que tout ceci sera suivi par des décisions concrètes, tangibles, qui permettront de montrer que nous sommes sur la bonne voie. Merci.

Commissaire Mangaral Banté (CEEAC) – Merci. J’interviens après mes collègues et ce que j’ai à dire c’est que la CEEAC se sent très honorée d’avoir pris part à cette mission conjointe qui se termine aujourd’hui, mission au cours de laquelle beaucoup de rencontres ont eu lieu, notamment en premier lieu avec le nouveau bureau de l’Assemblée nationale et son président. Nous avons échangé vraiment à coeur ouvert et beaucoup de préoccupations de la communauté internationale que nous représentons ont été également exprimées à la représentation nationale. Nous avons rencontré différentes composantes de la société centrafricaine mais le temps fort de cette visite est marqué par l’audience que le Président de la République, Son Excellence Touadéra, a accordé à la mission. Une audience au cours de laquelle deux étapes ont été enrtegistrées. Il y a eu d’abord une étape en plénière où il était entouré de ses collaborateurs immédiats et beaucoup de questions ont été soulevées. La mission conjointe a voulu savoir si, comme l’ont déjà dit les collègues qui m’ont procédé, si la place de la communauté internationale aux côtés de la République Centrafricaine est toujours bien là. Et le Président nous a rassuré que la Centrafrique a besoin de la communauté internationale pour son épanouissement, pour l’accompagner dans tout ce qu’elle entreprend. Après, le Président nous a reçus en séance restreinte, notamment les chefs de délégation que nous sommes, nous avons été reçus en privé et il nous a également réitéré son engagement à accorder beaucoup plus de place à la communauté internationale pour qu’elle puisse appuyer la République Centrafricaine. Les messages qui lui ont été transmis ont trait à la question des messages de violence et de menaces qui ont été proférés par certaines organisations de la société civile à l’endroit de la MINUSCA surtout, mais également à l’endroit de l’ensemble des missions représentées ici en République Centrafricaine dont notamment la CEEAC qui en a été victime. Je crois que ces préoccupations ont été prises en compte puisque dans la conférence de presse qui a suivi ces rencontres, le Président s’est clairement exprimé en disant qu’il représente la voix autorisée. Il l’a répété plusieurs fois, qu’il représente la voix autorisée et qu’il peut nous témoigner de l’engagement ferme des autorités de la République Centrafricaine à faciliter les activités de la communauté internationale sur le territoire national. Nous sommes partis reconfortés de cette rencontre avec le Président de la République.

Ensuite, nous avons rencontré plusieurs autres composantes de la société civile, surtout les représentations des femmes et de la jeunesse où ils nous ont également exprimé leur souci de l’espace des libertés qui était en train de se rétrécir progressivement et à une allure vraiment assez inquiétante. Nous avons donc pris acte de tout cela et nous avons lors de nos rencontres avec les hautes autorités, traduit cela pour que ce soit pris en compte et je pense que des résultats tangibles, vous le savez déjà et comme l’ont dit mes prédécesseurs, des mesures de restriction ont été levées en faveur des responsables des partis politiques qui ont été empêchés d’effectuer des déplacements à l’étranger, et beaucoup d’autres questions pendentes ont été également soulevées et qui doivent trouver des solutions rapides. C’est très satisfait que la CEEAC va repartir et nous allons travailler ensemble avec les autres institutions qui sont engagées avec nous dans cette visite conjointe. Avec l’Union Africaine nous avons une tradition de travail basé sur des principes de solidarité et de complémentarité. Donc, nous en tant qu’organisation sous-régionale, nous serons aux côtés de l’Union Africaine pour oeuvrer ensemble pour traduire dans les faits l’engagement que nous prenons là pour appuyer la République Centrafricaine. Je vais m’arrêter là parce que l’ensemble des questions et des préoccupations ont été déjà soulevées par mes collègues qui m’ont précédé.

QUESTIONS

Eric Ngaba (Ndjoni Sango) – Est-ce que vous pouvez nous confirmer l’information du journal Jeune Afrique qui révèle qu’après plusieurs heures d’échanges avec le Président de la République, le message clé a été le dialogue inclusif avec les leaders de la CPC dont François Bozizé qui en est le géniteur?

Bamako Askin (Le Démocrate) – Est-ce qu’au cours de vos entretiens avec le Chef de l’Etat, vous avez évoqué la question de la relance de l’économie centrafricaine? Il se trouve que le pays est en quelque sorte bloqué.

Bienvenu Gbelo (Radio Ndeke Luka) – Nous avons suivi la mission qui se dit satisfaite après quelques jours passés à Bangui. On a parlé quelque part “de condamner tous ceux qui prennent les armes pour essayer de destabiliser le pouvoir de Bangui”. Dites-nous concrétement, qu’est-ce qui va se passer? Vat-on rester dans les paroles, dans les longs discours, on condamne, on condamne, ou bien il y aura concrétement des actions qui vont être menées contre ceux qui ont décidé volontairement de continuer toujours en rebellion ou en coalition pour essayer de destabiliser le pouvoir qui est soutenu par toute la communauté international, ici représentée ce soir ?

Commissaire Bankole Adeoye (UA) – Merci beaucoup. Mes collègues vont également répondre. Sur la question concernant l’article de Jeune Afrique, l’information est totalement fausse. C’est de la désinformation puisque le nom de Bozizé n’a jamais été évoqué ni non plus négocié en son nom. Soyez donc rassurés car nous sommes en train de vous donner les faits. Nous l’avons répété à tous les acteurs que nous condamnons fermement tous ceux qui ont pris les armes. Nos organisations ne travaillent pas pour Bozizé ni pour aucune de ses causes. Nos organisations ont toutes des principes et nous sommes ici pour promouvoir la paix. Nous ne pouvons pas être les porte-paroles des insurgés. Nous parlons uniquement au nom de la démocratie. Cela fait partie de notre ADN. Nous avons parlé au Président Touadéra sur les supposées violations des droits de l’homme et il nous a rassuré qu’il allait mener des investigations. Nous avons également porté à son attention les restrictions de l’espace politique et la société civile et il nous a rassuré qu’il n’y a pas un seul prisonnier politique en République Centrafricaine. Et nous retenons cet engagement pris. Les organisations ici représentées croient en la démocratie et à la bonne gouvernance.

C’est ce qu’on appelle une fausse nouvelle. La CPC ne nous a pas envoyé et nous ne pouvons pas parler en son nom. Je pense qu’il faut connaître et respecter ceux qui nous ont envoyé ici en mission. Nous ne pouvons pas parler au nom de rebellion armée. Sur la troisième question, je voudrai vous rassurer encore une fois que nous condamnons avec vigueur les actions et les opérations de la CPC. Nous avons clairement dit à nos interlocuteurs, aux acteurs politiques que si – et je le repète, si – et seulement s’ils renoncent à la violence, alors ils pourront rejoindre le dialogue incluisif. C’est conditonné. Soyez rassuré que nous tous ici présents dans cette délégation, avons un seul message : nous parlons d’une seule voix et au nom de la culture de la paix. Nous ne pouvons pas parler pour la culture de la violence. C’est cela notre message.

Mme Rita Laranjinha (UE) – Bonjour messieurs et dames. Je prendrais peut-être la deuxième question parce qu’elle avait trait au développement économique de la République centrafricaine. On nous a demandé si cette question avait été ou non posée. Pour vous dire, bien sûr, que quand nos organisations viennent en RCA – les Nations Unies, l’Union Africaine, l’Union Européenne et la CEEAC – pour parler du processus de stabilisation, pour parler sur la paix en RCA, c’est bien sûr parce que nous voulons parler des bases du développement économique de la RCA. Nous sommes tous bien conscients que seulement un pays en paix et un pays stable, et un pays avec des institutions stables, pourra travailler pour le développement. Donc, la paix est le préalable du développement économique. Donc, bien sûr que les questions de développement étaient aussi bien présentes dans tous nos esprits. Nous avons, bien sûr, comme nous vous l’avons déjà, ici, souligné, parler des questions de gouvernance. Elles sont aussi essentielles pour le développement économique de la République centrafricaine. Sans des institutions stables, sans que des règles claires de fonctionnement du système politique et économique soient mises en place, le développement ne se fera pas.

Comme vous le savez bien, l’Union Européenne est le principal bailleur de fonds en République centrafricaine. Pendant des années, nous avons beaucoup, beaucoup investi en RCA, nous l’avons fait dans l’esprit qui nous amène, ici, toutes les quatre organisations aujourd’hui, et au nom de ces derniers, pour le bien du peuple de la RCA, en soutien du peuple de la RCA. Et, c’est dans cet esprit que nous continuons à travailler. Nous avons besoin, bien sûr, que les conditions préalables soient là pour que nous puissions bien continuer à faire notre travail, et bien continuer à collaborer avec les autorités de la RCA. Merci.

Jean Pierre Lacroix (Nations Unies) – Merci. J’ai très peu de choses à ajouter. Les intervenants qui m’ont précédé ont tout dit. Je ne reviens pas sur la fausse nouvelle, la fake-news totale sur Bozizé, ça entre dans ce que nous disions tout à l’heure sur les fake-news et la désinformation.

Sur les questions économiques, le Commissaire Bankole a parlé de partenariat très engagé, de partenariat exigeant en même temps. Exigeant, cela veut dire que nos organisations puissent avoir les conditions pour travailler sans menace, sans difficulté sur le terrain, sans message antagoniste ; et puis, nous avons aussi des valeurs que nous partageons, d’ailleurs, nos états membres, ceux qui nous donnent nos mandats, ceux qui nous donnent les ressources pour nous permettre de travailler, regardent évidemment, de manière attentive, la manière dont sont défendues et promues les valeurs essentielles de nos organisations en République centrafricaine, et dans tous les Etats où nous opérons.

Sur la condamnation de ceux qui ont pris les armes, la règle ou plutôt l’objectif, c’est que, d’abord, ceux qui ont pris les armes finissent par comprendre qu’il faut y renoncer. Comme l’a dit le Commissaire Bankole, c’est le prélude, peut-être, l’ouverture d’un dialogue ou d’une négociation. Après tout, c’est ce qui se produit dans bien d’autres pays, notamment dans bien d’autres pays africains, cela peut conduire à des accords de paix durables. Mais, aussi longtemps que ces groupes et ces mouvements, et ces individus ne renoncent pas aux armes, eh bien, il n’y a pas d’autre choix que d’une part accentuer la pression sécuritaire. Là-dessus, je voudrais souligner avec beaucoup de force que la MINUSCA y contribue, y compris en ayant largement soutenu et même participé à la reprise d’un certain nombre de centres urbains, et encore récemment. Je le dis parce que certains messages ont tendance à véhiculer l’idée selon laquelle elle n’aurait pas ce rôle. C’est faux. Mais, au-delà, nous souhaitons qu’il n’y ait pas d’impunité pour ceux qui ont commis des crimes et des violations graves des droits de l’homme. Nous sommes prêts à participer à la poursuite de cet objectif. Je l’ai dit. D’abord, nos partenaires ici et nous-mêmes, nous soutenons la justice et la police, et des institutions pénitentiaires. Et nous sommes prêts sur le terrain. Je rappelle que nous avons déjà aidé à ce que ces personnes soient arrêtées, puissent être traduites en justice, ici, dans ce pays, parce que ça serait un signal fort du renforcement de l’état de droit. Mais, évidemment, c’est un travail que nous devons faire en partenariat avec les autorités centrafricaines, un partenariat sur le terrain, cela suppose qu’il y ait un partenariat qui soit confiant, et exempt de toute difficulté grave. Cela suppose qu’ensuite, les prévenus soient déférés conformément aux procédures de ce pays aux institutions judiciaires compétentes. Voilà ce que je peux rajouter en commentaire à ces questions.

Mangaral Banté (CEEAC) – Je n’ai pas grand-chose à ajouter à ce que mes collègues ont dit. Je voulais simplement ajouter, s’agissant de la MINUSCA, aujourd’hui, nous avons écouté les préfets, les différents préfets de provinces, et nous avons vu l’envergure du travail que la MINUSCA est en train de faire dans l’arrière-pays. Beaucoup d’entre vous sont restés à Bangui et n’ont pas mis leurs pieds en dehors de la capitale pour voir ce qui est fait sur le terrain, aujourd’hui, par la MINUSCA. C’est un travail fastidieux. J’ai eu l’occasion de m’en rendre compte ce matin, lors de la vidéoconférence que nous avons suivie, et à laquelle le ministre de l’Administration du territoire lui-même a pris part. Nous avons réalisé qu’effectivement, la MINUSCA fait un travail qui est fastidieux, et qui mérite vraiment le soutien de toute la communauté internationale, pour continuer à appuyer la République Centrafricaine à recouvrer l’entièreté de son territoire national et implanter une administration, parce que sans une administration locale, vous ne pouvez pas faire du développement. Les premiers acteurs de développement, ce sont d’abord les autorités locales. Elles ont un rôle très important dans la sensibilisation de la population, dans le maintien de l’ordre, dans beaucoup de choses qu’elles font sur place. Et ça, je pense que la MINUSCA a réalisé des progrès énormes en appuyant l’administration locale pour favoriser le retour à une vie administrative normale dans les provinces centrafricaines. C’est ce que je voulais ajouter pour compléter mes collègues.

QUESTIONS

Le Citoyen (Odilon Koulaka) – La première question concerne l’incident entre la République centrafricaine et le Tchad, qu’est-ce que l’Union Africaine va faire dans les jours à venir pour pouvoir calmer cette tension entre les deux pays amis ? Certains contingents de la MINUSCA sont accusés de passivité quelque part, comment le Conseil de sécurité des Nations Unies va corriger ce manquement ? Je vous remercie.

Roger Fleury Koursany (Guira FM) – J’avais une première préoccupation qui touche la situation à la frontière tchado-centrafricaine. La mission est arrivée alors qu’il y a eu cet incident frontalier où il y a eu mort d’hommes. Est-ce que vous en avez débattu avec le Chef de l’Etat ? Quelle a été sa position par rapport à cette situation ? Et quelle est la position de la mission par rapport à cet incident?

Et après ces différents échanges avec le Chef de l’Etat, est-ce que vous avez aussi discuté de la participation des forces rebelles qui sont dans le nord dans le dialogue inclusif ? Merci.

Bankole Adeoye (UA) – Merci pour les questions. Comme Je l’ai dit plutôt, le Tchad et la République Centrafricaine ont une frontière commune, pour nous, au niveau de l’Union Africaine, et aussi, pour tous les partenaires autour de cette table, nous appelons à la retenue. Et comme vous le savez, le Gouvernement centrafricain a regretté ce qui s’est passé. Et le Président de la République nous a rassurés, trois de ses ministres ont été dépêchés à N’Djamena. C’est vrai aussi que le président de l’Assemblée nationale l’a aussi confirmé que lui-aussi il est en contact avec son homologue de la République du Tchad. Les deux pays sont des pays frères et amis. Ce n’est pas le moment de créer des tensions. Nous réitérons ici que les deux pays doivent continuer à travailler ensemble parce qu’ils ont les mêmes défis : l’insécurité dans le Lac Tchad et les activités de la CPC, ici. Les mêmes défis doivent être abordés avec une tête froide. Il en va de même pour la seconde question, il est nécessaire qu’à cette étape, tous les pays africains doivent continuer à travailler ensemble pour lutter contre le terrorisme, les rebellions, les insurrections et les violences. Nous devons nous atteler à ça. Nous allons nous atteler à la consolidation de la démocratie, pas en se battant les uns contre les autres. L’état des conflits en Afrique, le scénario a change, passant des conflits entre états aux conflits internes. Cela veut dire que vous avez vu que les pays ne se battent plus entre eux. Les défis maintenant sont à l’intérieur de chaque pays. Au Mali, au Tchad, au Nigeria, dans la Corne de l’Afrique, en Somalie, en Libye, au Mozambique. Ces défis sont internes à chaque pays. Nous devons concentrer nos efforts pour changer cet état des choses. Cela est un message important que je vous adresse.

Nous l’avons répété plusieurs fois le dialogue inclusif. Laissez-moi encore le dire : notre message pour ceux qui continuent de prendre les armes est de faire taire les armes, et de rejoindre la table de la démocratie, de rejoindre l’Assemblée nationale au niveau de leurs partis et se joindre aux autres parties prenantes. Si vous me le permettez, je ne voudrais pas monopoliser la parole, je dois parler pour la dernière fois. Laissez-moi vous rassurer, la plupart d’entre vous est jeune, l’Afrique que nous voulons, est une Afrique qui inspire. L’Afrique que nous voulons doit être transformée, une l’Afrique qui va laisser un héritage de paix et de stabilité à la jeune génération. C’est pourquoi la République centrafricaine est très très importante pour nous. Sa stabilité politique, la stabilité macro-économique, le respect des droits de l’homme, le respect de l’état de droit, et bien sûr aussi le respect de la dignité humaine. Et c’est tout ce que nous réclamons. Et nous osons croire que c’est le début de plusieurs autres visites conjointes. Merci beaucoup.

Jean Pierre Lacroix – Merci cher Commissaire. Je crois qu’il est important, comme vous l’avez fait, de prendre de la hauteur et de regarder quels sont les véritables enjeux. C’est un pays qui est critique pour l’Afrique, d’ailleurs comme son nom l’indique même, au centre de l’Afrique. L’Afrique étant au centre d’énormément d’enjeux qui concernent toute la planète, toute l’humanité. Pour que le potentiel si important de ce pays soit pleinement mis en valeur, il faut des messages de ce type, il faut des messages qui inspirent et qui engagent à surmonter les divisions et à regarder avec une perspective d’ampleur, comment la région et la Centrafrique peuvent devenir des pôles de prospérité, des pôles de paix, des pôles de vie apaisée où les populations pourront vivre normalement et conduire le développement. Je crois qu’au-delà de tout ce que nous disons aujourd’hui sur les évènements et nos messages, je pense que ce type de vision est vraiment central. C’est ça que nous voulons porter avec nos partenaires, avec l’Union Africaine, avec la CEEAC, avec l’Union Européenne, tous ceux qui nous accompagnent.

Je ne vais pas revenir sur l’incident frontalier, je crois que le Commissaire a tout dit, mais, il est clair que c’est la dernière des choses dont la République centrafricaine a besoin, et aussi la dernière des choses dont le Tchad a besoin, compte-tenu de tous les défis auxquels sont confrontés ces pays, et compte-tenu du fait, cela a été redit et dit, et répété par nos interlocuteurs à tous les niveaux. Ce sont des pays qui ont vécu en ami depuis très longtemps et qui ont, je pense, besoin l’un de l’autre, pour que la sécurité de la région dans son ensemble soit renforcée. Donc, nous appelons, comme l’Union Africaine, à la retenue. Evidemment, nous soutenons les efforts en cours pour que cette « desescalade » soit réalisée, et aussi à ce que tous les mécanismes de coopération entre les pays de la région soient pleinement utilisés, notamment ces commissions mixtes bilatérales qui sont importantes parce qu’elles permettent d’échanger sur les vrais sujets, ceux qui sont importants pour la paix et le développement, les échanges, et, éventuellement, la prévention des sources de conflits.

Maintenant, la question que vous avez posée sur la MINUSCA et les critiques qui sont formulées à son égard. Moi, je vous répondrais en disant que la totalité de nos interlocuteurs, le Président de la République, le président de l’Assemblée nationale, tous les représentants des forces politiques, de la majorité présidentielle, de l’opposition, de la société civile, les préfets, … Tous nous ont dit avec force qu’ils avaient besoin des organisations que nous représentons, en particulier, et pas seulement de la MINUSCA, ils nous l’ont tous dit. Alors, ils auraient pu nous dire : « vous êtes passifs, au fond on n’a pas besoin de vous ». Mais, je peux vous garantir, il suffit de leur demander d’ailleurs. Ce n’est pas la peine pour le Président de la République, puisque Son Excellence Professeur Faustin Archange Touadera a parlé de manière très éloquente à ce sujet à la presse. Donc, nous avons ces messages. Regardez, ce qui a été fait notamment en terme de soutien aux institutions, aussi bien au niveau local, les témoignages des préfets, comme le rappelait le Commissaire de la CEEAC, étaient très éloquents. Et au niveau national, avec la sécurisation des élections, il y a eu un choc que tout le monde a ressenti avec la CPC, c’est vrai, mais le processus constitutionnel a pu être conduit, les élections législatives se sont déroulées dans de très bonnes conditions, des conditions notamment de sécurité qui ont été, je crois, largement réalisées avec la contribution de la MINUSCA. J’ajoute que, je dois quand même le rappeler ici, nos collègues ont payé un prix élevé pour ce travail, y compris nos dix soldats qui ont été tués dans les derniers mois, et ils ont été tués du fait des activités des groupes armés. Et ce n’est pas parce qu’ils étaient passifs. Sinon, ils se seraient contentés de rester dans leur camp. Est-ce que ça veut dire que toutes nos organisations sont parfaites et que nous sommes tous en train de baigner dans l’auto-satisfaction ? Non, pas du tout, bien sûr. En ce qui nous concerne, d’ailleurs, nous sommes en train de renforcer la mission, avec les différents moyens, vous le savez, qui nous ont été octroyés par le Conseil de sécurité. Je crois que toutes nos organisations sont de manière permanente en quête des moyens pour mieux réaliser leurs mandats. Encore une fois, dès lors qu’il y ait, par ailleurs, du côté de nos partenaires centrafricains, à la fois la volonté, qui a été confirmée par le Président de la République, et les conditions nécessaires pour que cela puisse se faire sur le terrain. Merci.

Mangaral Banté (CEEAC) – Merci beaucoup. Je vais être très bref. J’ai écouté les questions qui ont été posées à propos de l’incident entre la République centrafricaine et le Tchad. Je ne suis pas officiellement mandaté pour parler officiellement de ces questions, mais, je pense qu’il est tout à fait normal et indiqué de laisser la place à la diplomatie des deux pays régler au mieux cette question, parce qu’en parler, les journalistes, vous avez tendance à un peu amplifier les choses. Il vaut mieux laisser une place importante à la diplomatie qui va régler cette question. J’ai été très heureux des initiatives qui sont prises du côté de la Centrafrique. Depuis notre arrivée, lors de la première rencontre avec le président de l’Assemblée nationale, quand il a su que je viens du Tchad, il m’a posé la question de savoir si je peux lui trouver les coordonnées de son homologue tchadien, qu’il venait de rencontrer récemment à Kigali, et je lui ai fourni le jour même, séance tenante, les coordonnées de son homologue qu’il devrait contacter. Je ne sais pas ce qui a transparu de leur entretien téléphonique. Hier, lorsque le Président Touadera nous a reçus, il m’a posé la question de savoir s’il est possible de rencontrer le Président tchadien lors du sommet de Brazzaville. Je lui ai fait savoir qu’il y a des fortes chances que le président ne vienne pas puisqu’il est en tournée dans d’autres capitales mais c’est le Premier ministre qui va venir, d’après mes informations. Egalement, j’ai fait la relation en appelant le Premier ministre tchadien que, s’il vient à Brazzaville, le Président Touadera souhaite le rencontrer. Moi, en tant que Commissaire Paix et Sécurité de onze Etats de la CEEAC, c’est le rôle que je peux jouer pour que la paix et la concorde règnent entre les états membres, et de surcroit, lorsqu’il s’agit de deux états frères, très unis, très connectés par l’histoire. J’ai un devoir de faire en sorte pour que les choses se passent selon mes capacités, au mieux, donc jouer le rôle de facilitateur pour que les acteurs se rapprochent, qu’ils puissent parler, entre eux, un dialogue franc. Ceci dit, je le répète encore, je ne suis pas mandaté pour parler de ce sujet, puisque je suis d’abord du Tchad, et que la question a été soulevée, je peux réagir pour apporter des précisions sur ce qui se fait à un haut niveau pour que les solutions idoines soient trouvées à cette question.

Rita Laranjinha – Si vous permettez, deux minutes simplement pour compléter l’excellente intervention finale du Commissaire Bankole. Bien sûr que nous sommes ici pour travailler pour le futur de la RCA, et, à ce propos, faire référence à deux aspects que nous avons toujours soulignés dans toutes nos rencontres, et la question, qui est très importante pour nous, de bien inclure la jeunesse, et de bien inclure les femmes, dans les processus politiques et économiques, dans la construction du futur de la RCA. Nous sommes tous convaincus que sans une participation plus active des jeunes et des femmes, le futur de la RCA sera moins brillant certainement. Je le fais non seulement en tant que la seule femme de cette délégation, mais, je le dis aussi au nom des mes collègues des autres organisations.

FIN

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