Centrafrique : complices du Groupe Wagner, Touadéra, Ngrébada, Sarandji, Bireau doivent être sanctionnés, arrêtés et jugés

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Alors que les Etats – Unis ont reconnu le Groupe Wagner comme une organisation criminelle internationale, que le Département d’Etat américain a décidé de mener des actions pour le contrer et faire obstacle aux efforts de guerre de la Russie en Ukraine, et que le porte – parole du conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche a estimé que « toute personne et toute entreprise liées à Wagner est complice », le plus Grand Voleur de toutes les aides extérieures allouées à la RCA, un certain Félix Moloua a réclamé 3.000 instructeurs russes supplémentaires pour renforcer la formation et le recyclage des Faca.

C’est, au cours d’une interview exclusive accordée au quotidien Russe «Ria Novosti», la semaine dernière, que ce dernier a évoqué les raisons de la formulation de cette demande en ce termes : « Aujourd’hui, la situation en matière de sécurité, s’est considérablement améliorée à la satisfaction de l’ensemble de la population centrafricaine. En outre, la population demande d’augmenter la présence d’unités Russes pour empêcher complètement les actions des groupes armés ». « Seulement avec 1.135 instructeurs aux côtés des Forces de Défense et de Sécurité, l’avancée sur le plan sécuritaire en deux ans est considérable. Imaginez-vous avec 3.000 instructeurs, c’est un message fort d’avance pour les ennemis de la République qui crée la désolation parmi la population centrafricaine qui aspire rien qu’à la paix et le bien-être », a réitéré le premier ministre centrafricain.

Seulement les Etats – Unis ne l’entendent pas de cette oreille. En Centrafrique, « Parmi les personnes visées par les sanctions, on retrouve ainsi Valery Nikolayevich Zakharov, employé de Wagner, mais qui a surtout été conseiller de sécurité auprès du président Touadera. On retrouve également l’entreprise Sewa Security. Dans le collimateur des Américains aussi, Alexandre Ivanov, chef de la Cosi, la Communauté des officiers pour la sécurité internationale, nom donné au groupe des officiers russes présents en Centrafrique. Mais qui selon les États-Unis sert de société écran pour Wagner dans le pays. Alexandre Ivanov a immédiatement réagi. Il estime que ces sanctions sont « un aveu de faiblesse de Washington », et il affirme sa détermination à aider la RCA », a révélé RFI.

Ainsi donc, dans le cadre de ces actions à mener contre le Groupe Wagner, le Trésor désigne également des personnes en RCA et aux Émirats arabes unis (EAU) qui sont liées aux opérations du groupe Wagner en RCA. Le département d’État complète cette action en désignant simultanément deux personnes conformément au décret présidentiel 14024. Le personnel du groupe Wagner a été déployé pour la première fois en RCA en janvier 2018, prétendument pour « former » les forces militaires et de sécurité de la RCA. Depuis lors, le groupe Wagner a utilisé des entités qu’il contrôle, Officer’s Union for International Security et Sewa Security Services, pour donner un vernis de légitimité à la présence du personnel du groupe Wagner en RCA, exerçant leurs activités sous couvert du rôle d’« instructeurs. »

Le personnel du groupe Wagner a commis de nombreuses violations des droits humains à l’encontre de civils en RCA, notamment des exécutions sommaires de masse, des viols, des détentions arbitraires, des actes de torture et des déplacements de civils. En outre, le groupe Wagner contrôle de nombreuses mines d’or et de diamants en RCA, et en pille d’autres. Le groupe Wagner a refusé l’accès aux responsables du gouvernement centrafricain qui souhaitaient inspecter les opérations minières sur les sites contrôlés par le groupe Wagner. Ces faits ont été formellement établis et ont fait l’objet du Rapport du Groupe des  Experts de l’Onu, adressé au conseil de sécurité le 21 juin 2021. En sus des actes de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, il a été constaté le rôle de captation des ressources minières joué par Sewa Security Services (Sewa), placé sous l’autorité directe de Aleksandr Aleksandrovich Ivanov et de Valery Nikolaevich Zakharov (Zakharov).

« Sewa Security Services (Sewa) est une société de sécurité établie en RCA et contrôlée par le groupe Wagner qui assure la protection de hauts responsables du gouvernement centrafricain. Sewa a également affirmé fournir des « instructeurs » pour des « exercices de formation » en RCA. Sewa est désignée en vertu du décret présidentiel 13667 pour être détenue ou contrôlée par PMC Wagner, une entité dont les biens et les intérêts dans les biens sont bloqués en vertu du décret présidentiel 13667, ou pour avoir agi ou prétendu agir, directement ou indirectement, pour le compte de cette personne ou en son nom.

Officer’s Union for International Security (OUIS) est une société-écran du groupe Wagner qui exerce ses activités en RCA. Établie en Russie, OUIS prétend représenter les « instructeurs » russes en RCA. À partir de début 2021, le groupe Wagner a utilisé OUIS pour masquer une augmentation du personnel du groupe Wagner opérant en RCA. OUIS est désignée en vertu du décret présidentiel 13667 pour être détenue ou contrôlée par PMC Wagner, une entité dont les biens et les intérêts dans les biens sont bloqués en vertu du décret présidentiel 13667, ou pour avoir agi ou prétendu agir, directement ou indirectement, pour le compte de cette personne ou en son nom.

Aleksandr Aleksandrovich Ivanov (Ivanov) est un ressortissant russe et le directeur de OUIS. En tant que directeur, Ivanov a fourni une réponse officielle à un rapport des Nations unies qui accusait les « instructeurs » russes de commettre des violations des droits humains en RCA. Ivanov est désigné en vertu du décret présidentiel 13667 pour être détenu ou contrôlé par PMC Wagner, une personne dont les biens et les intérêts dans les biens sont bloqués en vertu du décret présidentiel 13667, ou pour avoir agi ou prétendu agir, directement ou indirectement, pour le compte de cette personne ou en son nom.

Valery Nikolaevich Zakharov (Zakharov) est un ressortissant russe et un employé du groupe Wagner, qui a été conseiller à la sécurité nationale auprès du président de la RCA, occupant les deux fonctions simultanément. Pendant son mandat de conseiller à la sécurité nationale de la RCA, Zakharov a influencé l’orientation stratégique du groupe Wagner en RCA, tout en conseillant le président de la RCA sur les questions de sécurité. Zakharov est désigné en vertu du décret présidentiel 13667 pour être détenu ou contrôlé par PMC Wagner, une personne dont les biens et les intérêts dans les biens sont bloqués en vertu du décret présidentiel 13667, ou pour avoir agi ou prétendu agir, directement ou indirectement, pour le compte de cette personne ou en son nom ».

Il faut noter qu’en plus du rapport d’enquête menée sur la présence de ce Groupe en République centrafricaine, en juin 2021, l’Ong américaine « The Sentry » a publié une série de recommandations adressée aux gouvernements et aux institutions financières internationales dans le but de contribuer à l’arrêt des atrocités, des violations des droits de l’homme, de la dévastation et des graves souffrances humaines perpétrées par le Groupe Wagner et des forces armées du régime de Touadéra.

« Les États-Unis devraient réviser leurs désignations de sanctions en ce qui concerne les sociétés de sécurité privées (y compris le réseau de sociétés liées au Groupe Wagner) et les individus actifs en République centrafricaine. Le Gouvernement américain devrait procéder à des désignations de sanctions ciblées additionnelles à l’encontre des réseaux de dirigeants, de membres, d’entités associées et de facilitateurs, en particulier ceux qui rendent possible les flux financiers illicites hors de la République centrafricaine. Ce processus de désignations devrait être réalisé en coordination avec les partenaires internationaux des États-Unis et sous l’égide des autorités de sanction appropriées, y compris la loi Magnitsky, les programmes pays et ceux visant à sanctionner les organisations impliquées dans le crime organisé transnational.

Le Royaume-Uni et l’Union européenne devraient, en coordination avec leurs partenaires internationaux, faire usage de leurs régimes de sanctions contre les violations des droits de l’homme dans le monde et leurs programmes nationaux, pour infliger des sanctions ciblées aux réseaux de sociétés de sécurité privées qui se livrent à des violations des droits de l’homme en République centrafricaine, et en particulier le Groupe Wagner, ses dirigeants, membres, entités associées et facilitateurs. Les sanctions des USA, de l’UE et du RU devraient être étroitement coordonnées pour garantir un impact maximal.

La communauté internationale, menée par l’UE, les USA et le RU, devrait mettre en œuvre des mesures coordonnées pour cesser leur soutien politique inconditionnel au régime du président Touadéra, lequel a facilité la prise en otage de l’État centrafricain par des réseaux issus du crime organisé et des groupes armés, à moins que des mesures urgentes soient prises pour rétablir la paix, la gouvernance et la transparence à long terme. À cette fin, l’UE et les USA devraient interrompre toute coopération militaire avec le gouvernement de la République centrafricaine. Les USA et l’UE, ainsi que les institutions financières internationales telles que le Fonds monétaire international et la Banque mondiale devraient collectivement suspendre toute aide financière directe non-humanitaire au gouvernement de la République centrafricaine. Des standards en matière de gouvernance, de démocratie et de droits de l’homme devraient être clairement notifiés aux autorités centrafricaines en tant que conditions préalables à toute aide ultérieure.

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) devrait, dans le cadre de son mandat, prendre des mesures de manière plus active et transparente afin de répondre aux menaces sérieuses et crédibles pesant sur la population civile, documenter les violations graves au droit humanitaire international et au droit pénal international, et lancer une enquête immédiate sur les allégations fournies dans ce rapport.

Le Groupe de travail des Nations Unies sur l’utilisation de mercenaires devrait se servir de sa récente déclaration concernant les activités présumées du Groupe Wagner comme fondation pour lancer une enquête approfondie sur les allégations de violations graves des droits de l’homme et de crimes internationaux qui sont formulées par cette enquête. Le Groupe de travail devrait également convaincre l’UE, les USA et les autres gouvernements donateurs d’exhorter le gouvernement de la République centrafricaine à mettre fin à l’utilisation de mercenaires dans le conflit qui fait rage dans le pays.

Les banques et les institutions financières devraient appliquer leur devoir de vigilance renforcée auprès des individus et entités qui font partie de leurs clients et possèdent des liens avec des sociétés de sécurité privées actives en République centrafricaine, étant donné qu’ils pourraient représenter un risque plus élevé d’activités financières illicites telles que le non-respect des sanctions, le blanchiment d’argent et la corruption. Elles devraient également mettre à jour leurs procédés de vigilance renforcée de manière régulière. Les banques et les institutions financières devraient également prendre des mesures visant à identifier les comptes bancaires sous contrôle ou étant la propriété bénéficiaire d’individus ou d’entités possédant des liens avec le Groupe Wagner, et geler ces comptes dans la mesure requise par la législation ou les politiques bancaires en vigueur ».

Avec la reconnaissance du Groupe Wagner comme une organisation criminelle internationale, le temps est venu pour que des vigoureuses sanctions, c’est – à – dire des interdictions de voyager et de gels d’avoirs, soient prises à l’encontre de tous ses complices centrafricains, à savoir Touadéra, Ngrébada, Sarandji, Moloua, Bireau et Autres, sans préjudice de poursuites judiciaires par la CPI.

Jean – Paul Naïba

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