Centrafrique : Comment Lourenço tente de réunir Touadéra, Bozizé et les groupes armés

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Comment Lourenço tente de réunir Touadéra, Bozizé et les groupes armés

à Luanda 16 février 2021

Par Jeune Afrique

Sous l’impulsion du président angolais, la CEEAC s’active sur le terrain pour convaincre les groupes de la Coalition des patriotes pour la Centrafrique (CPC) et François Bozizé de participer à un dialogue le 2 mars à Luanda.

L’Angolais Gilberto Da Piedade Verissimo, président de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) multiplie les rencontres depuis le début de février. Selon nos informations, il a d’abord rencontré, près de Moundou, au Tchad, près de la frontière avec la Centrafrique, des émissaires de la CPC et François Bozizé.

Outre Da Piedade Verissimo, étaient présents Abakar Sabone, porte-parole de la CPC, ainsi que Jean-Francis Bozizé et Makime Mokom, fils et neveu de l’ex-président Bozizé – selon nos sources, Mokom, ancien ministre et commissaire de police a d’ailleurs été récemment radié de la police pour atteinte à la sûreté de l’État et participation à une rébellion.

François Bozizé, toujours retranché avec sa garde armée personnelle dans sa région de Bossangoa, a un temps envisagé de se présenter en personne, mais il a ensuite préféré dépêcher ces émissaires. En son absence, les participants ont cependant discuté des « paramètres d’un dialogue inclusif et inter-centrafricain ».

Rendez-vous pris avec Noureddine Adam La date et le lieu – le 2 mars à Luanda, en Angola – ont déjà été acceptés par la CPC et François Bozizé. Ce dernier, visé comme son neveu par une enquête de la justice centrafricaine pour participation à une rébellion, demande toujours de sérieuses garanties de sécurité.

Selon nos informations, les leaders des sept groupes armés membres de la CPC, dont Noureddine Adam et Ali Darass, ont affirmé à la CEEAC qu’ils se rendraient à Luanda. Ce 15 février à Khartoum, au Soudan, Gilberto Da Piedade Verissimo a d’ailleurs rencontré durant deux heures Adam, patron du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), afin de s’assurer de son accord.

La CEEAC a posé quelques conditions à l’organisation dudit dialogue, que parrainerait le président angolais João Lourenço. La première est de desserrer l’étau mis en place par la CPC autour de la capitale centrafricaine. Ensuite, la CEEAC a réclamé l’ouverture d’un corridor libre, que la CPC s’engagerait alors à évacuer, entre Douala (au Cameroun), et Bangui.

Selon une source au sein des groupes armés, ceux-ci auraient accepté la première condition. Ils ont en revanche refusé la seconde, acceptant a minima de laisser circuler les véhicules humanitaires du Comité international de la Croix rouge (CICR) et du Programme alimentaire mondial (PAM) entre Douala et Bangui. La CPC, qui reste ainsi sur le pied de guerre, a, ces derniers jours, mobilisé ses troupes autour de Bambari, dans le centre du pays, en réponse à une tentative de reconquête de la ville par l’armée centrafricaine et ses alliés russes.

Les groupes armés ont précisé à la CEEAC que, si le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra (FAT) n’acceptait pas de participer au dialogue du 2 mars, la CPC reprendrait son offensive vers Bangui. De son côté, FAT aimerait restreindre le champ de cette médiation : il estime que Bozizé n’y a pas sa place et rappelle qu’un dialogue avec les leaders des groupes armés s’est déjà déroulé en préalable aux accords de Khartoum en février 2019.

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