Centrafrique : « COMIFAC » : les autorités centrafricaines tardent à tenir à leurs engagements !

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Qui cherche à compromettre l’avenir de la Commission des forêts d’Afrique centrale (COMIFAC) ?  La question mérite d’être posée, quand on sait que depuis de nombreux mois, cette institution sous régionale regroupant 10 États membres ((Burundi, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Équatoriale, RCA, RDC, Rwanda, Sao Tomé & Principe et Tchad) fait face à d’innombrables difficultés ; conséquences logiques d’un manque cruel de moyens pour son fonctionnement.

À preuve, le personnel affecté au Secrétariat exécutif totalise au moins neuf (9) mois d’arriérés de salaire, de même que les dirigeants qui n’ont pas vu la couleur de leur solde depuis cinq (5) mois. La situation est d’autant plus grave que figurent parmi le personnel de la COMIFAC des ressortissants étrangers. On le devine aisément, ces derniers n’ont pas de parents à Yaoundé, la capitale camerounaise, où se trouve le siège de la COMIFAC et ne savent pas à quel saint se vouer, dès lors qu’ils tirent déjà le diable par la queue.

La faute aux États membres. Ceux-ci ont refusé de payer les contributions financières égalitaires à la COMIFAC. Le montant des arriérés dus par ces pays s’élève à trois (3) milliards de FCFA. Si rien n’est fait entre temps pour honorer les engagements des États, il est fort à parier que l’avenir de la COMIFAC sera menacé. Alors que c’est la COMIFAC qui contribue à la préservation du Bassin du Congo, poumon essentiel de l’humanité. Pourquoi le Bassin du Congo est-il un si grand enjeu pour le continent ? Ce dernier fournit de la nourriture, de l’eau et un abri à plus de 75 millions de personnes. Mais il joue également, rappellent les spécialistes, « un rôle crucial dans l’absorption du carbone et la régulation du climat mondial »

Pourtant, certains États comme la République centrafricaine, dont les arriérés de cotisation sont estimés à 305 millions de FCFA, ont pris des engagements fermes auprès des dirigeants de la COMIFAC. S’agissant d’une question de souveraineté et de prestige international, le pays s’est engagé à apurer ses arriérés par un paiement échelonné. Mieux, depuis le mois d’avril 2021, deux ordres de virement de 30 et 60 millions ont été émis en faveur de l’institution sous régionale mais ne sont pas traduits dans les faits. Malgré les engagements des plus hautes autorités, nous signale-t-on, aucun centime n’a été versé à la COMIFAC à ce jour. Ce qui compromet dangereusement la mise en œuvre des missions qui lui sont dévolues et qui sont indispensables pour l’avenir de la planète.

Faut-il le rappeler, la COMIFAC est une organisation internationale reconnue pour son rôle dans l’intégration sous régionale en matière de conservation et de gestion durable et concertée des écosystèmes forestiers. Elle fait partie des institutions à l’échèle planétaire qui œuvrent pour la promotion du droit des peuples à compter sur les ressources forestières pour soutenir leurs efforts de développement économique et social. Elle a pour mission l’harmonisation et le suivi des politiques forestières et environnementales des 10 pays d’Afrique centrale en vue d’une meilleure conservation ainsi qu’une gestion durable. L’institution s’investit pour que la voix de l’Afrique centrale soit mieux entendue et ses positions efficacement défendues sur les tribunes où les questions forestières et environnementales sont débattues.

D’ailleurs, au moment où nous écrivons ces lignes, il se tient à Bangui, à la résidence JM, un atelier organisé par la COMIFAC, avec l’appui financiers des partenaires internationaux, sur le déploiement du plan de convergence au niveau national. C’est dire combien la COMIFAC joue un rôle prépondérant dans le débat sur les changements climatiques qui menacent la biodiversité voire l’espèce humaine. Le moins qu’on puisse dire, la République centrafricaine aurait doublement tort de laisser sombrer la COMIFAC. Il y va de la survie de l’univers.

Ne dit-on pas qui paie ses dettes s’enrichit ? Il est évident que le bénéfice politique d’une telle action ira incontestablement au président Faustin Archange Touadara, qui aura ainsi remonté dans l’estime de ses pairs, en plus de gagner la réputation d’un chef d’État déterminé à sauver les forêts d’Afrique centrale.

Michel Grâce DOLAOKO.

 

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