Centrafrique : C’est Zokoué qui a demandé à Sarandji de partir de sa villa de Ngola

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C’est le directeur général de la police Bienvenu Zokoué qui a demandé à l’ancien premier ministre Simplice Mathieu Sarandji de déguerpir dans les meilleurs délais de sa superbe villa de Ngola, fruit de juteuses rétro – commissions. Telles est la quintessence de gentilles indiscrétions, à notre rédaction, rapportées par des sources militaires et policières, confirmées par certains membres du gouvernement.

Avant son déménagement à la sauvette, l’arrogant et sinistre théoricien du régime de Bangui reçoit un appel insistant de l’homme des basses besognes de Touadéra qui voulait connaître exactement sa position. Sarandji rassure son interlocuteur du moment de sa présence chez lui à la maison, c’est – à – vers PK 11 à la sortie du nord. Quelques minutes ne se sont pas encore écoulées que le patron de la police fit son apparition.

Après des mots de civilité et de bienséance, il aborde sans fioritures les raisons de sa visite, devant quelques bodyguards qui font semblant de partir, mais ne cessent de faire des allées et venues, en ces termes : « M. le premier ministre, je vous prie de bien vouloir partir dès que possible d’ici, car les informations en ma possession révèlent que des éléments Antibalaka projettent de procéder à votre enlèvement. C’est fort des recoupements établis que j’ai pris la décision de venir vers vous pour vous en tenir informé. Du fait du climat politique très délétère que connaît le pays, il nous est difficile d’en savoir davantage sur ce qu’ils entendent par enlèvement. Partez tout simplement, sans aucune hésitation, et je vous en conjure ».

Sur ce, et dans un silence de cimetière où l’on pouvait distinctement entendre  les bruissements des moustiques, son hôte balbutie quelques mots à peine audibles, le couvre de chaleureux remerciements à n’en point finir et se lève in fine pour l’accompagner, non sans lui avoir remis ses frais de carburants et de commodité. Moins de 3 heures plus tard, des véhicules pleins d’effets familiers franchissent le portail, avec des membres de sa famille, et s’ébranlent vers le Centre – ville, sous les regards indiscrets, hagards et ébahis des voisins et des badauds. Aucun d’entre eux ne reviendra jusqu’au lever du jour, ni celui du tout – puissant patron du MCU.

C’est aux parents, amis et connaissances venus lui rendre visite ce jour – là, un dimanche, que son déménagement sera rapporté par ces derniers. Seule est désormais constatée et visible  la présence des éléments de sécurité dans cette villa, sortie de terre comme un champignon, quelques mois seulement après sa prise de fonction à la primature, et ce, en rétro – commissions de certains marchés d’état attribués par la procédure de contrat de gré à gré, notamment celui relatif aux travaux de réhabilitation du building administratif, par l’entremise de son homme de main, un certain Guy Francky Leffa, un débauché de l’UNDP, titulaire d’un CAP en électricité à qui il a confié le poste de ministre de l’habitat et du logement.

Des investigations menées par notre rédaction, faisant suite à ces révélations, il nous a été rapporté par des sources militaires et policières que celui que le Gangster de Bangui appelle affectueusement « mon très cher Grand – Frère » serait effectivement dans la ligne de mire de certains éléments Antibalaka pour sa responsabilité personnelle dans ses déboires familiaux et conjugaux et son ingratitude inouïe envers ceux qui lui ont tout pardonné, lui ont tendu la main, allant jusqu’à utiliser l’un des leurs, un magistrat, aux fins de l’extirper des liens et la nasse de la justice dans lesquels il s’était dangereusement retrouvé, et ont contribué à son ascension tant sociale que politique, du secrétariat général de l’université de Bangui à la primature de 2008 en mars 2013. Cerise sur le gâteau, à leur tour, ils trouveraient inacceptable son comportement de va – t’en guerre dans l’instrumentalisation du climat politique très délétère actuel et l’acharnement du régime de Bangui contre les Antibalaka, l’ancien président François Bozizé et les leaders des partis politiques de l’opposition démocratique. De ce fait, ceux – ci seraient décidés à en finir avec lui, tôt ou tard.

Aux dernières nouvelles, sa nouvelle demeure, sise dans le 1er arrondissement de la ville de Bangui, aurait déjà été repérée, son agenda du jour connu et ses déplacements scrupuleusement observés et surveillés.

La rédaction

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