Centrafrique : cérémonie d’ouverture du port sec du PK 26 sur la Route de Boali

0
99
ALLOCUTION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT
A L’OCCASION DE LA CEREMONIE DE L’OUVERTURE DU PORT SEC DE PK26 ROUTE DE BOALI
PK 26, 29 décembre 2022
-Distingués Invités ;
– Mesdames et Messieurs ;
C’est avec fierté que je préside aujourd’hui la cérémonie d’ouverture officielle du Port Sec de PK 26.
Aujourd’hui, point n’est besoin de rappeler le rôle, combien important des Finances Publiques en tant que facteur d’accélération du développement d’une nation, baromètre pour l’investisseur qui prend des risques, la source par excellence de l’information financière qui lui permet d’accroître et de diversifier ses investissements ou au contraire, de désinvestir en cas d’insuffisance ou de mal gouvernance.
Mesdames et Messieurs,
Depuis mon accession à la Magistrature suprême de l’Etat en 2016, j’ai manifesté ma ferme volonté de remettre le pays sur le chemin du développement en recadrant les objectifs de la politique publique autour des axes stratégiques que sont : la paix, la sécurité et la réconciliation nationale, l’assainissement des finances publiques et la relance des secteurs productifs, la réforme de l’administration et la satisfaction des besoins essentiels des populations.
J’ai accordé une grande priorité au redressement de notre économie et à l’assainissement de nos finances publiques.
Cette promotion de l’orthodoxie financière au plus haut niveau de l’Etat a été l’élément déclencheur des réformes ambitieuses conduites ces cinq (5) dernières années.
Le Gouvernement a alors identifié plusieurs actions à mettre en œuvre dans le but de jeter les bases de la reconstruction de l’économie nationale afin d’assurer une croissance économique inclusive, durable et soutenue.
C’est dans ce contexte que nous avons fait élaborer avec l’appui de la communauté internationale, le Plan de Relèvement et de Consolidation de la Paix (RCPCA), lequel a été présenté à la Conférence des Donateurs du Pays, le 17 novembre 2017 à Bruxelles, en Belgique.
Durant les cinq (5) dernières années, au plan des réformes structurelles, j’ai fait de la réforme du système de gestion des finances publiques mon cheval de bataille, aux fins de créer un espace budgétaire et fiscal suffisant pour le financement des programmes et projets de développement, en dépit de nombreuses contraintes d’ordre sécuritaire auxquelles notre pays est confronté.
C’est ainsi que sur la base de notre plan de développement, nous avons conclu le 20 juillet 2016, un accord triennal 2016-2019 avec le Fonds Monétaire International (FMI) au titre du programme appuyé par la Facilité Elargie de Crédit (FEC).
Ce programme a été exécuté avec succès, ce qui a permis de conclure un deuxième programme le 19 décembre 2019 qui couvre la période 2020-2022.
Cet accord constitue pour la période visée un gage du réengagement de tous les partenaires techniques et financiers au chevet de l’économie nationale.
Bien entendu, les objectifs assignés à ce programme consistent principalement à améliorer la stabilité du cadre macroéconomique du pays, à accroître la mobilisation des recettes domestiques et à assurer la transparence budgétaire.
Sur cette base, la stratégie à court et moyen terme de réformes des finances publiques mise en place pour la viabilité des finances publiques en République Centrafricaine comporte les axes suivants :
– l’accroissement de la mobilisation des recettes intérieures ;
– la sécurisation de la trésorerie de l’Etat ;
– la normalisation de la gestion budgétaire et comptable ;
– le rétablissement de la crédibilité de l’Etat et la confiance des opérateurs économiques ; et, bien entendu,
– la transparence budgétaire.
Mesdames et Messieurs,
La mise en œuvre du second programme appuyé par la Facilité Elargie de Crédit a été perturbée par les crises sécuritaire et sanitaire que notre pays traverse, ce qui a entraîné la mise en place du Programme de Référence de commun accord avec le FMI.
Les politiques économiques envisagées dans le cadre du Programme de Référence conclu avec le FMI visent à relever les défis posés par la crise sécuritaire et la pandémie de Covid-19, à fournir une feuille de route pour améliorer la mise en œuvre solide de politiques économiques soutenables, et enfin, à aider la RCA à bénéficier de l’appui budgétaire des bailleurs de fonds.
La politique budgétaire est axée sur le financement soutenable de dépenses sociales prioritaires et de l’investissement.
Les réformes structurelles se focalisent sur le renforcement de la mobilisation des recettes intérieures, la transparence budgétaire et la bonne gouvernance, y compris dans le secteur extractif.
A ce jour, dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de Référence, il convient de noter que la totalité des critères quantitatifs et repères structurels suivis par les Services du FMI ont été satisfaits lors de la seconde revue en juillet 2022.
La mise en œuvre avec satisfaction dudit programme a permis à la Direction Générale du FMI de dépêcher une mission de l’équipe-pays du FMI en charge de la RCA.
Cette mission a séjourné à Bangui, du 5 au 16 décembre 2022, afin de conduire les discussions aux titres de la consultation d’Article IV et de la demande de financement d’urgence adressée au FMI à travers le guichet pour les chocs alimentaires.
Mesdames et Messieurs,
Il convient de noter que la Gestion des finances publiques de notre pays a été impactée négativement par la crise de 2013, ayant entraîné la rareté des ressources publiques et une profonde dégradation du fonctionnement des services chargés de la mobilisation des recettes de l’Etat, à savoir la Direction Générale des Impôts, la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects, la Direction Générale du Trésor, et de ceux chargés de l’exécution des dépenses publiques que sont la Direction Générale du Budget, la Direction Générale du Trésor, la Direction Générale des Marchés Publics et la Direction du Contrôle Financier.
Ma volonté de réformer la gestion des finances publiques afin de fournir des services publics de qualité aux citoyens et d’investir dans les secteurs productifs prioritaires est clairement affichée par le RCPCA dont le Pilier 2, Composante 4, porte sur le Renforcement de la stabilité macroéconomique et la bonne gouvernance (gestion et contrôle des finances publiques, recettes fiscales et lutte contre la corruption).
D’importantes réformes ont été entreprises avec le concours des Partenaires techniques et financiers et ont abouti à des avancées notables, en particulier, l’élaboration et l’adoption d’un cadre institutionnel, législatif et règlementaire de la gestion des finances publiques, aligné sur les normes internationales (transposition dans la législation nationale des Directives de la CEMAC en matière de Gestion des finances publiques), l’opérationnalisation de l’Agence Comptable Centrale du Trésor (ACCT) et le renforcement du Compte Unique du Trésor (CUT).
Pour asseoir solidement et durablement les assises de ce programme de réformes de la Gestion des finances publiques, le Gouvernement a mis en place un certain nombre de dispositifs pour améliorer le cadre règlementaire et légal pour la gestion des ressources publiques.
Ce programme de modernisation du cadre de gestion des finances publiques a été acté à travers la transposition dans la législation nationale des directives de la CEMAC en la matière.
Parmi les principaux textes promouvant la bonne gouvernance, on peut citer :
• la loi relative aux lois des finances (la LOLF de 2018) ;
• la Loi portant Code de Bonne Gouvernance et de Transparence dans la gestion des finances publiques ;
• le texte fixant de Calendrier Budgétaire ;
• les différents textes règlementant la Passation des Marchés Publics ;
• la récente promulgation de la Loi et de son Décret d’application portant organisation du Cadre Institutionnel, Juridique et Financier Applicable aux Entreprises et Etablissements Publics (avec l’institution des contrats de performance pour les Entreprises Publiques), etc.
Ainsi, le cadre de la gestion des finances publiques de la République Centrafricaine est désormais régi par la LOLF de 2018, promulguée le 13 juillet 2018.
Celle-ci introduit de nouvelles normes et techniques qui s’alignent sur les meilleures pratiques internationales en matière de gestion des finances publiques.
Elle renforce la transparence, la rigueur, la responsabilité et la performance dans le dispositif normatif de la gestion des finances publiques.
Mesdames et Messieurs,
La cérémonie qui nous réunit ce jour, marquant l’ouverture officielle et partielle des activités du Port sec de PK26, entrera dans les annales de la République Centrafricaine, comme l’un des grands évènements de l’histoire contemporaine de notre pays.
Ce grand évènement est la concrétisation d’un rêve, d’un défi, d’une vision.
De tout temps, lorsqu‘on parle d’un port, on fait référence, sans nul doute, à :
– un ensemble d’installations en bord de mer ;
– aux navires,
– à la circulation par voie navigable.
Pour un pays enclavé comme le nôtre, l’idée d’un port peut s’avérer surprenante.
Aujourd’hui, cette conception de port maritime ou fluviale s’étend à une autre considération, notamment le concept de port sec, c’est-à-dire un terminal terrestre interne relié à un ou plusieurs ports maritimes par un système de transport intermodal.
Mesdames et Messieurs,
Le port sec de PK26 est conçu pour être connecté aux différents ports maritimes de la région, en particulier les Ports de Douala et de Kribi au Cameroun, le port de Pointe Noire au Congo etc., afin d’améliorer les services de la chaîne logistique dans notre pays.
La localité de PK26 devient, ce jour, le lieu de regroupement des différents acteurs liés au commerce international et permet de fluidifier le trafic avec pour bénéfice, l’optimisation des coûts associés au transport des marchandises.
L’ambitieux projet du Port sec de PK26 est inscrit dans la vision globale de mon mandat.
Il permet d’améliorer la connectivité entre notre pays et les autres pays côtiers pour ainsi développer les échanges transfrontaliers.
Je voudrais saisir cette opportunité pour féliciter le partenaire MERCURE LOGISTIQUE qui, dans le cadre du Partenariat Public Privé, a accepté de mettre en valeur ce site.
Le Port sec de PK26 permettra de moderniser davantage les Douanes Centrafricaines à travers les nouveaux bâtiments qui abriteront la Direction Régionale n°1.
Avec la mise en activité du Port sec de PK26, d’autres réformes envisagées vont rapidement être mises en œuvre, notamment :
– la migration du système informatique douanier SYDONIA++ à SYDONIA World ;
– le paiement électronique ;
– l’inter connectivité de tous les bureaux informatisés des Douanes tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, notamment le Guichet Centrafricain de Transit à Douala ;
– l’interconnexion avec d’autres administrations douanières de la région, notamment avec le Cameroun ;
– l’interconnexion avec d’autres administrations publiques ou privées nationales, notamment la Direction générale des Impôts et des Domaines; la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique, les banques et les Commissionnaires en douanes ;
– la dématérialisation des procédures de dédouanement ;
– le déploiement des scanners pour les inspections non intrusives ;
– le suivi par géolocalisation (GPS) pour le tracking des cargaisons.
Les atouts de du Port sec de PK26 sont énormes car, en dehors de l’espace plus grand qu’il offre permettant de désengorger le centre-ville de Bangui, de la disponibilité de tous les services en un même endroit, de l’installation des équipements nécessaires aux manutentions, il concoure à l’accélération des procédures avec réduction du temps des formalités.
Il est également positionné sur le corridor Bangui-Douala qui assure plus de 80% de nos flux commerciaux.
Enfin, l’opérationnalisation du Port Sec de PK 26 permettra d’améliorer significativement les performances de la Douane en termes de mobilisation des recettes.
Mesdames et Messieurs,
Des progrès notables sont enregistrés sur le plan sécuritaire, quoique la situation demeure volatile dans certaines localités.
Nous avons pu repousser les assauts des forces anti-gouvernementales, rétablir la sécurité dans la majeure partie du territoire, et assurer la sécurisation du corridor Bangui-Douala, ce qui nous a permis de redresser graduellement les flux commerciaux et l’activité économique.
Notre objectif prioritaire est de poursuivre le dialogue avec les partenaires au développement en vue d’aboutir au décaissement rapide des appuis budgétaires qui sont cruciaux pour une implémentation viable de nos politiques économiques et sociales.
Aujourd’hui, notre priorité principale est de favoriser la reprise économique à la suite de la crise sécuritaire et de la pandémie de Covid-19 ainsi que les effets néfastes de la crise Ukrainienne sur les prix des hydrocarbures et la hausse des prix des denrées alimentaires.
Cela requiert l’accélération des initiatives déjà en cours visant à restaurer la paix, à financer de manière viable les dépenses publiques prioritaires et à déployer des réformes qui améliorent la gestion et la transparence des finances publiques, la mobilisation des recettes intérieures, et la gouvernance, y compris à travers de la lutte contre la corruption.
Mesdames et Messieurs,
Je ne saurais terminer mon propos sans adresser mes vifs et sincères remerciements à tous nos partenaires économiques et financiers pour l’intérêt élevé qu’ils portent à l’assainissement des finances publiques et à la mobilisation des recettes domestiques.
Sur ce, je déclare solennellement le lancement des activités sur le Port Sec de PK 26.
Je vous remercie pour votre attention !
La Renaissance

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here