Centrafrique : ce qu’il faut retenir de la 18ème session ordinaire de la Ceeac à Libreville

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Le président centrafricain Faustin Archange Touadéra qui a pris part aux côtés de ses pairs au 18ème sommet ordinaire de la Ceeac, tenu du 26 au 27 novembre 2020 dans la capitale gabonaise, est finalement rentré à Bangui vers 21 h 50 mn. Très mécontent, il s’est empressé de s’engouffrer dans son véhicule pour quitter précipitamment l’aéroport sans daigner jeter un coup d’œil à tous ceux qui étaient venus l’accueillir, a – t – on appris de sources policières.

Ces sources ont affirmé et soutenu que le Gangster de Bangui n’a pas pu, comme il l’a souhaité dans une lettre transmise au président gabonais Ali Bongo Ondimba, le lundi 9 novembre 2020, par son ministre des affaires étrangères et des centrafricains de l’étranger Sylvie Baïpo Témon, obtenir de la conférence des chefs de la Ceeac une réponse positive à sa sollicitude d’un prêt d’un montant de 8 milliards de Fcfa, indispensable au financement des opérations spécifiques du processus électoral. Alors qu’il comptait très fermement sur cette importante manne financière, suite au refus catégorique de la France d’appuyer de nouveaux financements le processus électoral, afin d’assouvir son dessein machiavélique d’organiser coûte que coûte le 27 décembre 2020, non seulement il s’est vu remonter sérieusement les brettelles par ses collègues, mais surtout ces derniers ne sont pas allés avec le dos de la cuillère pour faire assujettir l’octroi de ces fonds à une concertation nationale avec toutes les forces vives de la nation.

C’est ce qui est formellement ressorti dans le communiqué final du 27 novembre 2020, en ces termes : « La Conférence a adopté la Déclaration des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC sur la situation politique et sécuritaire en République Centrafricaine. Elle a réaffirmé son soutien sans réserve au Gouvernement et au Peuple centrafricains dans le cadre du processus électoral en cours dans cet Etat membre. Elle a, à cet effet, appelé toutes les parties prenantes centrafricaines à privilégier l’esprit du dialogue et la quête du consensus et a exhorté tous les partenaires de la République Centrafricaine à plus d’engagement en vue d’un aboutissement heureux du processus électoral ». Par ces mots, Touadéra est donc sommé, en tant que partie prenante au processus électoral en cours d’appeler tous les acteurs politiques et toutes les autres entités du corps social à une rencontre avant la tenue de ces élections. C’est à cette condition que les fonds sollicités pourront être disponibles.

Bien entendu, le Gangster de Bangui toujours à ses habitudes s’y est farouchement opposé, arguant de l’impérieuse nécessité pour lui de disposer de cet appui financier afin d’organiser ces prochaines élections dans les délais légaux et constitutionnels, en dépit de nombreuses plaintes des autres acteurs politiques relatives à la non – transparence, la non – inclusivité, et la non – crédibilité du processus. En réaction à son entêtement, la Conférence a décidé purement et simplement de la désignation d’un médiateur permanent dans la crise centrafricaine.

Cette décision des chefs d’état de la Ceeac résume à elle seule ce que nous pouvons retenir de ce 18ème sommet. Elle nous confirme, d’abord, que la tenue des élections du 27 décembre 2020, comme le veut Touadéra, est aujourd’hui très fortement menacée, du fait d’indisponibilité de ressources financières dont le montant avoisinerait le chiffre de 8 milliards de Fcfa, nécessaire à la prise en charge des dépenses liées à l’exécution effective des opérations spécifiques, celles de production des cartes d’électeurs et des différents bulletins de vote. Elle nous annonce, ensuite, que l’avenir dans ce pays sera fait de sérieuses inquiétudes, si celui à qui le peuple centrafricain avait confié la gestion de son destin en 2016, continue de s’emmurer dans sa politique d’exclusion. Elle projette enfin en filigrane un futur radieux, si l’homme accepte de tendre la main, au nom de la paix, de la sécurité, de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale, à toutes les forces vives de la nation.

Saura – t – il entendre la voix de la raison ? Rien n’est moins sûr.

La rédaction

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