Centrafrique : Ce que m’inspire l’oraison funèbre du Général de Corps d’Armée à l’occasion des obsèques du Général défunt YANGONGO

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Ce que m’inspire l’oraison funèbre du Général de Corps d’Armée, à l’occasion des obsèques du Général défunt YANGONGO

 

Il est parfois de ces discours flatteurs et poétiques, teintés de nostalgie et de bravoure, d’héroïsme déguisé et de défaitisme, de vérité inavouée et d’hypocrisie, bref un de ces discours qui semble plaire, à une circonstance aussi tragique que la mort de l’un des Derniers des Mohicans de la Grande Muette, cette armée qui a cessé vraiment d’exister ces temps-là que nous vivons tragiquement aujourd’hui encore et encore, dans une quasi – descente inexorable dans cet enfer offert aux Centrafricains par Touadra.

 

Oui, le discours de ce Général de Corps d’Armée est plutôt une belle poésie funèbre, je l’avoue très volontiers… J’aurais tant aimé apprécier le « sens de responsabilité et la conscience du devoir accompli » pour des hommes hélas, dont la destinée fabriquée par cette prestigieuse Ecole des Enfants de Troupes Georges Bokassa fut celle de vivre et de donner sa vie en défendant « l’intégrité territoriale et les institutions de la république » (sic); des hommes à qui la Nation a tout donné pour qu’aujourd’hui ceux-ci arborent tant de galons et d’étoiles, méritées ou pas, sur leurs flancs et bérets, sans qu’aucun retour sur investissement ne soit concédé pour le peuple. Seuls de pauvres jeunes gens enrôlés inconsciemment y laissent précocement leur vie dans cette bataille de préservation de l’intégrité territoriale, laissant derrière eux tant de veuves et d’orphelins qui n’ont d’ailleurs rien demandé à personne et dont cette armée ne daigne en reconnaître telles des pupilles de la nation.

 

En vérité, ce défunt général a fait son temps; un temps où il pouvait être fier d’appartenir à une « famille de soldats » dévoués pour une cause noble, suprême et ultime, un temps où le devoir du général trouvait un sens, un temps enfin où jamais des prisonniers assassins, criminels et bandits de grands chemins venus d’un Caucase lointain à l’invitation d’un tiers président devenu tout aussi criminel comme ceux-ci, ne sauraient souiller, avilir et trahir la mémoire des pères fondateurs de cette armée sans que leurs successeurs ne se rebellent.
Cette armée a définitivement failli et trahi sa mission pour des intérêts égoïstes, catégoriels et antagonistes de ceux d’un peuple qui ne cessent de souffrir le martyre au quotidien que notre cher Général de Corps d’Armée oublie de constater. Oui, « chaque nation du monde a eu des pages sombres de son histoire »; cependant, l’histoire a toujours montré que ces mêmes nations ont toujours su se montrer à la hauteur des enjeux existentiels de leur temps; elles ont toujours su se dresser debout, avec une rectitude et une bravoure sans faille, pour dire NON à la barbarie. Or, c’est bien sous des yeux complices de ces « soldats enfants de troupes », reconvertis en opportunistes hommes d’affaires pour l’essentiel d’entre – eux sous la 7ème république, que la barbarie se joue et continue de jouer une ode macabre dont les centrafricains se seraient passés depuis fort longtemps.
 Ce discours funèbre est plutôt une honte d’outre – tombe faite à la mémoire des illustres généraux et officiers centrafricains, partis parfois très tôt ad patres, qui s’étaient battus avec héroïsme pour que ceux – là viennent aujourd’hui jouir allègrement et souvent sans mérite des délices d’une corporation qui a oublié sa promesse. Ce discours, sachez-le, restera un non événement, y compris pour certains autres officiers et valeureux militaires qui résistent ou tentent de résister à la barbarie « New look » de Touadera; ceux-là même qui ont su dire NON et braver la foudre du chef suprême des armées, reconverti en despote criminel à son tour.
Ce discours enfin est dit pour le seul plaisir sensoriel de ce chef, surtout pas pour rendre un quelconque hommage post mortem à ce grand homme que fut le général YANGONGO. C’est plutôt dans le sens de l’histoire, in ordo seclorum comme disaient les latins, que vous portez ainsi en terre, dans ce tintamarre de m’as-tu vu insupportable, le général défunt; puisse son âme reposer en paix!
N’oubliez surtout pas, chers généraux des temps nouveaux, que le peuple n’est plus dupe, que la jeunesse vous observe, que la nation vous voit…Sans faute, elle vous jugera!
Bertin Ceraphin de Dieu MABOULA, citoyen, libre penseur

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