Centrafrique : Bangui dans la ligne de mire de plusieurs capitales européennes suite au dernier massacre de Ndélé

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Rien ne va plus entre Bangui et plusieurs capitales européennes, au lendemain des derniers événements tragiques intervenus à Ndélé, chef – lieu de la préfecture de la Bamingui – Bangoran et du crapuleux assassinat d’une mère et son bébé dont les images ont choqué plus d’un diplomate. Et pour cause : le Gangster de Bangui est depuis longtemps très remonté contre la Minusca, en général, et les forces spéciales portugaises, en particulier,  au lendemain des opérations militaires effectuées le 26 septembre 2019 dans les préfectures de l’Ouham – Pendé, la Mambéré – Kadéï et la Nana – Mambéré, en réponse aux tueries perpétrées, le 28 mai 2019, dans les villages Lemouna, Koundjili, Djoum – Djoum et Bohong par des éléments de 3R du mercenaire peulh d’origine camerounaise Abbas Siddiki. Telles sont les révélations qui viennent d’être rapportées à notre rédaction par des sources diplomatiques et consulaires.

Selon ces sources, Touadéra n’avait pas du tout apprécié la manière très forte et les moyens robustes utilisés, contre celui qui s’est toujours présenté comme son demi – frère et son partenaire privilégié, par la Minusca et le contingent portugais, sans son autorisation préalable, en sa qualité de président de la République et de chef suprême des armées. Il l’a formellement signifié, comme l’exigent les us et pratiques diplomatiques, dans une note verbale de vives protestations, adressée au représentant spécial du secrétaire général de l’Onu Mankeur Ndiaye et au chef du gouvernement portugais, le socialiste Antonio Costa. C’est cette position combien manifestement incompréhensible, irresponsable, indigne voire même criminelle du Gangster de Bangui qui explique aujourd’hui de manière parfaitement limpide l’absence de réactivité en temps réel de la part de la Minusca et des forces spéciales portugaises dans le dernier massacre de Ndélé.

En effet, quoique régulièrement informés par ses services de renseignements généraux, policiers et militaires de l’identité des assaillants, de leur nombre, de leur provenance, des moyens matériels et logistiques en leur possession, et de ce qui allait se passer dans cette partie de la République centrafricaine, et ayant pris des dispositions pratiques pour y faire face, le haut commandement militaire de la Minusca n’a pu fort malheureusement avoir l’accord préalable des autorités compétentes et militaires de Bangui pour réagir et empêcher la commission de ces crimes odieux, inhumains et inacceptables dont le lâche assassinat de la nommée Awa Hassan et de son bébé Amine Souleyman par un certain Azor Kalité, frère du ministre Herbert Djono – Ahaba du RPRC de Zakaria Damane, allié au MLCJ de Toumou – Déya et au PRCN de Nourd Grégaza, tous  partenaires privilégiés du Gangster de Bangui.

Aux dernières nouvelles, le premier ministre portugais Antonio Costa très choqué du massacre de Ndélé, et face au silence trop coupable du pouvoir de Bangui, n’a pas hésité un seul instant à en parler de vives voix avec la chancelière allemande Angela Merkel, en revenant sur la passivité et la timidité de l’UE face à la dégradation du contexte politique et sécuritaire dans ce pays, sans oublier les nombreux cas de flagrantes violations des droits de l’homme et de restrictions des libertés individuelles et collectives, comme l’ont toujours martelé les américains. A son tour, indignée de cette situation combien explosive, avec des risques de nouveaux embrasements, et de l’absence totale de vives dénonciations de la part de l’ambassadeur de l’UE en Centrafrique, cette dernière a immédiatement interpellé le président Emmanuel Macron sur sa responsabilité et celle de la France dans la résolution de la crise centrafricaine.

Suite aux cris de détresse du Pape François qui a joint in fine sa voix à ce nouveau chapitre du martyre douloureux du peuple centrafricain qui continue de s’écrire avec ses litanies des morts, des larmes et des deuils, du fait des exactions commises par les Groupes Armés avec la complicité avérée du pouvoir de Bangui, en violation des termes de l’Accord de Paix de Khartoum, une commission d’enquête internationale sera bientôt mise en place et se saisira de ce brûlant dossier pour que justice soit rendue à toutes les victimes de ce massacre, et à Awa et Amine. Ainsi donc, comme en avril 1979 où à l’initiative  de Paris, l’OUA avait décidé de la création de la commission d’enquête africaine chargée de faire toute la lumière sur les massacres des élèves et étudiants, les grandes capitales européennes veulent désormais demander des comptes au Gangster de Bangui.

La rédaction

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