Centrafrique : Appel patriotique du BRDC à la population pour le meeting du 24 septembre 2022 à 14 heures à Bimbo

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PROPOS LIMINAIRE DU BLOC RÉPUBLICAIN POUR LA DÉFENSE DE LA CONSTITUTION (BRDC), LORS DU POINT DE PRESSE DU MARDI 20 SEPTEMBRE 2022
BANGUI, RCA
Depuis le 22 juillet 2022, date de la signature du Manifeste portant création du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) par un grand nombre d’organisations de la société civile, de syndicats, d’associations, et de partis politiques de l’opposition démocratique, jusqu’à aujourd’hui, en passant par le 27 août 2022, qui marque la première sortie publique du BRDC, avec son meeting dit de vérité au terrain de l’ex-Ucatex, le régime de Bangui empile dérive autoritaire sur dérive autoritaire et répression sur répression.
Quiconque aura pris la peine de se pencher un instant sur les conséquences socio-politiques désastreuses de toute dégradation des normes de limitation du mandat présidentiel ne devrait pas être étonné de la tournure des évènements de ces dernières semaines.
En effet, nous savons d’expérience que les dirigeants africains qui ont contourné les règles de limitation des mandats présidentiels ont tendance à favoriser des gouvernements de plus en plus répressifs, corrompus et instables. C’est aujourd’hui une vérité empirique incontestable que tout mandat présidentiel à vie est irrépressiblement lié à une corruption accrue, à une réduction des droits civiques et à une plus grande fréquence des crises et des conflits.
Au fait, une fois le verrou constitutionnel sauté il reste encore à l’apprenti dictateur à manipuler les résultats électoraux afin de se maintenir au pouvoir jusqu’à sa mort. Ce qui ne va pas sans violences, sans effusion de sang et sans crises pré et post-électorales.
Aussi, nous nous attendions à de vives réactions du pouvoir en place comme de son écosystème quant à la saisine de la Cour Constitutionnelle introduite par Me Nicolas Tiangaye et Me Crépin Mboli-Goumba pour une requête en invalidation du décret portant mise en place d’un prétendu comité en charge de la réécriture d’une Constitution.
Les campagnes de dénigrement et les lynchages médiatiques, des tenants du pouvoir, ciblant le BRDC et les deux signataires de cette saisine se sont révélés d’une violence inouïe, indigne de la tradition politique héritée de Barthélémy Boganda.
Mais ce n’était rien à côté de ce déchaînement de haine, d’indécence, de manifestations obscènes et barbares dont la présidente de la Cour Constitutionnelle, Mme Danièle Darlan, a été victime à son corps défendant ainsi que ses collègues de la Cour.
Et le BRDC se félicite que différents corps de la société centrafricaine se soient levés comme un seul homme pour à la fois condamner avec énergie cette effroyable tentative de déstabilisation d’une institution de la République, la plus haute en matière constitutionnelle, et se solidariser avec Mme Darlan et ses collègues juges de cette haute juridiction.
Ainsi plus de trente organisations de femmes leaders, de mouvements de la jeunesse, de plateformes de la société civile et des praticiens du droit avec à leur tête le bâtonnier de l’ordre des avocats Me Émile Bizon se sont-ils levés pour dénoncer ces actes de barbarie. L’ordre des avocats, ainsi que les huissiers de justice et les notaires sont obligés d’observer une semaine d’arrêt d’activités, parce qu’eux aussi menacés au quotidien dans l’exercice de leurs fonctions.
Fort de ce climat délétère, le Président de la République, pourtant garant du bon fonctionnement des institutions de la République, n’a pas manqué lors de son discours à la cérémonie d’installation des membres du comité de rédaction de la nouvelle constitution de déclarer ouvertement, qu’aucune institution ne pouvait faire entrave à la « souveraineté populaire » dans la marche vers cette nouvelle Constitution.
Confirmant de ce fait la mise à mort organisée et planifiée de la « souveraineté nationale », pourtant seule source de la légitimité de toutes nos institutions républicaines actuelles, à commencer par la Présidence de la République.
Ces propos gravissimes du Chef de l’État, qui sont manifestement de nature à déclarer la guerre au peuple centrafricain, dont il a volontairement choisi de piétiner la « souveraineté nationale », sont repris in extenso par le président du comité de réécriture de la Constitution lors d’une interview accordée à une radio de la place.
Ceci témoigne à suffisance que ceux qui nous gouvernent aujourd’hui ne respectent nullement les institutions de la République, car ils ont délibérément choisi de les trahir, de les combattre en suspendant de facto la Constitution du 30 Mars 2016, donc en créant de toute pièce une nouvelle Transition.
C’est tout le sens de l’intervention du missi dominici du Président de la République, l’Honorable Évariste Ngamana, quand il prédit que le gouvernement n’acceptera pas la décision de la Cour Constitutionnelle si celle-ci devait être en leur défaveur.
Comment rester observateur passifs vis-à-vis d’un véritable coup d’Etat constitutionnel en préparation ?
Comment rester passifs vis-à-vis d’une coterie politique qui ne pense qu’à préserver à tout prix ses seuls intérêts propres, catégoriels et personnels alors que plus de la moitié de la population vit une situation de misère et de précarité dans un pays en lambeau, où les infrastructures de base sont quasi inexistantes ?
Nous n’accepterons jamais d’être comptables de cette descente aux enfers du peuple centrafricain.
C’est pourquoi nous lançons un vibrant appel patriotique à la population de Bangui en général et celle de Bimbo en particulier à se joindre au Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution du 30 Mars 2016, en se rendant très massivement sur le terrain de l’école préfectorale de Bimbo, le samedi 24 Septembre 2022 à partir de 13h, pour un grand meeting de résistance.
Un meeting de résistance pour défendre notre jeune démocratie, chèrement acquise en 2016, qui est mise en mal aujourd’hui par des hommes, qui ont déjà tous les pouvoirs mais qui veulent maintenant le pouvoir pour toujours.
Vive la République,
Vive la Constitution du 30 Mars 2016,
Vive la Démocratie,
Vive le peuple centrafricain.
Je vous remercie.

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