Centrafrique : « Appel au génocide de Fidèle Gouandjika » : quand le silence de Touadéra, Sarandji et Moloua vaut consentement et caution manifestes  !

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L’actualité politique nationale est marquée ces derniers temps par l’appel au génocide lancé par le ministre – conseiller spécial à la présidence centrafricaine, Monsieur Fidèle Gouandjika. Dans l’un de ses lives publié sur sa page Facebook, il a déclaré en langue nationale les propos ainsi qu’il suit :

« I ke kou ala na coudeta ni. I kou ala na coudeta ni. Tongana ala mou kodro ni awe, gba a mbeni zo a ga ti Sara coudeta na ala.Tongana coudeta ni a raté ni son, mbi tene na ala , i ke li na ya ti ye so, i ke li na génocide. Génocide ni ake houndji apé!!! I ke fa gi tere ti i gi entre a zo vouko ape. I ke fa a zo ti Minusca. I ke fa a zo ti ambassade . I ke fa a moundjou kwe. I kwe, i ke fa tèrè ti i awe, i kwi awe, fade so, a mbeni zo ndé a ga mou kodro ni. Tene ti mbi a houndji awe…”, selon un script du journaliste Christian Ndotah.

“ Nous allons vous attendre avec votre coup d’état. Nous vous attendons avec votre coup d’état. Si vous parvenez à vous emparer du pouvoir, peut-être il y aura des gens qui se lèveront pour faire un autre coup d’état. Si le coup d’état échoue, je vous le dis, nous allons rentrer dans ce qu’on appelle « GENOCIDE ». Ce GENOCIDE ne prendra jamais fin. Nous n’allons pas nous entretuer entre Centrafricains et noirs. Nous allons tuer les personnels de la Minusca. Nous allons tuer les gens des ambassades. Nous allons tuer tous les blancs. Nous aussi, nous allons nous suicider ; tous morts, maintenant, d’autres personnes viendront s’emparer du pays. Mes propos sont terminés », traduits en français par Bamandja Edgard de la rédaction du Letsunami.net

Cette sortie médiatique organisée par celui qui est en réalité l’éminence grise du régime de Bangui, du fait de ses origines parentologiques avec l’Imposteur de Bangui, donc la personne la mieux indiquée pour exprimer ce que pense le pouvoir sur les grands enjeux auxquels la République est confrontée et annoncer sa position ou les grandes décisions devant être prises, s’inscrit justement dans le cadre de la réponse des autorités centrafricaines à l’annonce à un dialogue politique et inclusif faite à la tribune des Nations unies par la représentante du secrétaire général de l’Onu Mme Valentine Rugwabiza. « Valentine Rugwabiza, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies en RCA et cheffe de la Minusca, a présenté le 26 octobre, devant le Conseil de sécurité de l’ONU à New-York, un rapport sur la situation générale en Centrafrique. Dans ce rapport, elle recommande aux autorités centrafricaines la tenue d’un dialogue inclusif avec les leaders politiques de l’opposition et les responsables des groupes armés, en vue du rétablissement de la paix et de la sécurité dans le pays », a rapporté  Radio Guira, la radio de l’ONU en RCA.

Mme Valentine Rugwabiza, a aussi appelé à « une remobilisation de toutes les parties prenantes aux niveaux national, sous-régional et régional pour une mise en œuvre holistique de l’Accord politique de paix et de réconciliation ». Selon elle, « la situation sécuritaire reste volatile dans certaines régions » de la Centrafrique. Suite à la situation sécuritaire de la RCA, « la Minusca est intervenue en renforçant son espace opérationnel dans les préfectures de la Haute-Kotto et de la Vakaga », a-t-elle souligné. « Malgré les défis et difficultés, la Minusca a contribué à protéger les civils, et a facilité la création d’un environnement propice à la redynamisation du processus politique de paix et réconciliation, ainsi que l’acheminement d’une aide humanitaire vitale aux plus vulnérables », a relevé la cheffe de l’ONU en RCA.

Ainsi donc, c’est à Monsieur Fidèle Gouandjika qu’incombait la responsabilité de porter à l’attention du grand public et de la communauté internationale la totale réfutation du régime de Bangui à ce qui ressemble fort étrangement à une exigence  de trop de la part des partenaires techniques et financiers de la République centrafricaine, pour la cessation des hostilités, la réconciliation nationale, le vivre – ensemble, le retour définitif de la paix, et la stabilisation des institutions nationales, gages de tout projet de développent socio – économique. Pour l’Imposteur de Bangui et le royaume de Mandjo dont le pouvoir est manifestement illégal et illégitime du fait des élections groupées du 27 décembre 2020, marquées singulièrement par des actes de graves irrégularités dont l’incontestabilité a fini par leur ôter tout critère de démocratie, à l’issue desquelles le Candidat Touadéra a été déclaré élu par l’ANE par seulement 17% du corps électoral, et desquelles plus de 300.000 Centrafricains ont été délibérément exclus, il n’ y a aucune raison valable pour la tenue d’un nouveau dialogue.

Selon Fidèle Gouandjika, un dialogue auquel ont pris part toutes les forces vives de la nation, les groupes armés y compris, a été organisé à Bangui en mars 2022. De ces discussions qui ont eu lieu avec la participation de l’opposition démocratique, en l’absence de seulement quatre personnes, à savoir Dologuélé, Ziguélé, Tiangaye et Bozizé, il est ressorti plus de 600 recommandations dont la mise en application est en cours. En outre, le dialogue est permanent à l’assemblée nationale, entre le pouvoir et les représentants des partis politiques de l’opposition, à travers l’usage de la procédure d’interpellations régulières des membres du gouvernement. Enfin, la nouvelle constitution dont le projet a été soumis au référendum, le 30 juillet 2023, a été adoptée par plus de 95% de la population. « Alors pourquoi donc parler d’un nouveau dialogue avec Bozizé, Nguendet et Ali Darass qui ont tué des gens, violé les femmes et volé les bœufs des peulhs ? », a – t – il déclaré. « Non seulement le peuple centrafricain ne l’acceptera pas, mais surtout le faire, c’est contribuer à la déstabilisation de la République et des institutions qui en sont issues ou qui en découleront, conformément à la nouvelle loi fondamentale », a – t – il souligné.

« Mais si jamais ce dialogue venait à avoir lieu, ce serait alors un coup d’état comploté par la France, l’Onu, les Etats – Unis et la Minusca en vue d’installer au pouvoir Dologuélé, Ziguélé, Bozizé, Nguendet, Tiangaye, et Autres », a – t – il conclu. C’est donc en réponse à cette probabilité dont la réalisation signifierait un partage du pouvoir ou la fin de leur pouvoir qu’il a lancé son appel au génocide :

“ Nous allons vous attendre avec votre coup d’état. Nous vous attendons avec votre coup d’état. Si vous parvenez à vous emparer du pouvoir, peut-être il y aura des gens qui se lèveront pour faire un autre coup d’état. Si le coup d’état échoue, je vous le dis, nous allons rentrer dans ce qu’on appelle « GENOCIDE ». Ce GENOCIDE ne prendra jamais fin. Nous n’allons pas nous entretuer entre Centrafricains et noirs. Nous allons tuer les personnels de la Minusca. Nous allons tuer les gens des ambassades. Nous allons tuer tous les blancs. Nous aussi, nous allons nous suicider ; tous morts, maintenant, d’autres personnes viendront s’emparer du pays. Mes propos sont terminés »

Tout naturellement, la publication de ces propos a immédiatement provoqué un tollé général dans le pays. De manière unanime, l’ensemble des forces politiques et sociales de la République centrafricaine, les groupes armés y compris, sont montés au créneau pour dénoncer une incitation directe et publique au génocide, ont condamné les propos tenus et ont demandé à la communauté internationale de prendre ses responsabilités, sans préjudice de poursuites judiciaires à engager contre Monsieur Fidèle Gouandjika, en sa qualité de ministre – conseiller spécial à la présidence centrafricaine. Mais aussi inacceptable et révoltant que cela puisse paraître, depuis lors aucune autorité politique nationale n’a pris la parole ni pour rappeler à l’ordre le fonctionnaire de la présidence, ni pour désapprouver publiquement cette déclaration, ni pour exiger l’ouverture d’une procédure judiciaire à l’encontre de son auteur. Ce silence observé par tous signifie tout simplement, d’une part, que Monsieur Fidèle Gouandjika n’a été en l’espèce qu’un mandataire et a agi en qualité de « missus dominicus » ou d’envoyé seigneurial, et d’autre part, que Touadéra qui l’a nommé au poste de ministre – conseiller spécial et qui se trouve dans la situation directe de son supérieur hiérarchique, donc de celui – là même qui peut le rappeler à l’ordre ou prendre des mesures disciplinaires à son égard, n’a pas visiblement le courage d’user de ses prérogatives contre ce fonctionnaire récalcitrant et gravement fautif.

Fort de ce qui précède, il faut noter que Monsieur Fidèle Gouandjika n’est pas à sa première faute lourde, commise dans l’exercice de ses fonctions ; il s’est illustré à maintes reprises par la tenue des propos fondamentalement obscènes et l’utilisation des mots orduriers à l’encontre de la femme centrafricaine, sans qu’une seule fois, il n’ait fait l’objet d’une réprobation de la part de son chef hiérarchique ; on se souvient de la vulgarité dont il a couvert la gent féminine centrafricaine, quand il défendait le déploiement des mercenaires du Groupe Wagner dans notre pays et les zones jadis sous contrôle des rebelles de la CPC. Mais cette fois – ci, il est allé loin, il est allé même si loin dans ses bêtises que le silence de son chef hiérarchique direct, face à leur gravité, ne peut être interprété que comme un acte de consentement. En effet,  après avoir volé les élections groupées du 27 décembre 2020 et fait adopter une nouvelle constitution lui permettant de rester éternellement au pouvoir, Touadéra veut garder le pouvoir pour lui seul, sa famille, les siens et son parti.

Disciple de Paul Kagamé, Touadéra considère toute négociation avec l’opposition comme le remake des Accords d’Arusha, concernant le Rwanda, qui se sont déroulés de juin 1992 à août 1993 par étapes successives entre l’Etat rwandais et le Front patriotique rwandais de Paul Kagamé afin de mettre un terme à la guerre civile rwandaise commencée en 1990. Extrémiste, comme le furent les alliés de feu Juvenal Habyarimana qui avaient créé la Coalition pour la défense de la République et qui voyaient dans la mise en œuvre de ces Accords la fin de leur pouvoir, les règlements des comptes et la prison, Fidèle Gouandjika joue exactement le rôle que les Hutus Jean Bosco Barayagwiza, Ferdinand Nahimana et Hassan Ngeze avaient joué dans la préparation, l’organisation, la planification, le financement et la commission du génocide au Rwanda en 1994. Les messages que ce Monsieur diffuse sur les réseaux sont des appels à la haine et à la violence et sont comparables à ceux des propagandistes nazis durant la seconde guerre mondiale.

Pour éviter que son plan ne se réalise en Centrafrique, et devant le refus de l’Imposteur de Bangui de sévir contre lui, ce qui ressemble tout simplement à une forme déguisée de parfaite complicité ou de caution manifestement  avérée, une procédure judiciaire devant les instances judiciaires internationales pour appel au génocide doit être engagée partout dans le monde entier contre lui, et ce, dans les meilleurs délais.

Kpakpa Norbert

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