Accueil A la Une Centrafrique : »Affaire Wagner »: quand l’offre américaine n’est pas un ultimatum en bonne...

Centrafrique : »Affaire Wagner »: quand l’offre américaine n’est pas un ultimatum en bonne et due forme

0
226
Russian and Central African Republic flags are waived by demonstrators gathered in Bangui on March 5, 2022 during a rally in support of Russia. - A hundred people participated Saturday in Bangui, the capital of the Central African Republic, in a demonstration in support of Russia in its offensive against Ukraine. The demonstrators gathered at the foot of a statue, inaugurated at the end of 2021 by President Faustin Archange Touadéra, representing Russian fighters who protect a woman and her children. Many of them waved Russian and Central African flags in the heart of the capital, near the university. (Photo by Carol VALADE / AFP)

Les États-Unis engagent une stratégie pour évincer d’Afrique les mercenaires du Groupe Wagner

Washington propose à Bangui de former son armée et d’accroître son aide humanitaire en échange du renvoi des paramilitaires russes de la République centrafricaine.

Le Monde  – La proposition a les apparences d’un marchandage assez classique, dont les termes pourraient se résumer ainsi : « Nous avons beaucoup plus à vous offrir mais rompez d’abord avec vos alliés actuels ! » Selon les informations du Monde, le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, s’est vu remettre mi-décembre 2022 par l’administration américaine un mémorandum lui exposant les bénéfices qu’il aurait à se séparer des paramilitaires du Groupe Wagner et les conséquences qu’il encourrait à maintenir son alliance avec eux.

Transmise en marge du sommet Etats-Unis-Afrique, qui s’est tenu à Washington du 13 au 15 décembre, cette offre aurait été préparée par le National Security Council, institution rattachée à la présidence américaine et destinée aux questions de politique étrangère et de sécurité nationale.

S’il ne s’agit pas d’un ultimatum en bonne et due forme, les Etats-Unis donnent, selon nos sources, un délai de douze mois au chef d’Etat centrafricain pour prendre ses distances avec les mercenaires venus de Russie, qui après la signature d’un accord officiel entre les deux pays ont commencé à se déployer début 2018. Désormais dirigés à Bangui par un ancien de la légion étrangère, Vitali Perfilev, les hommes d’Evgueni Prigojine ont, après la sécurité rapprochée du président Touadéra et l’appui à l’armée centrafricaine, étendu leurs activités à l’exploitation minière et forestière, la sécurisation de convois, le contrôle des douanes et même la production de vodka et de bière « locales ». Une emprise grandissante qui s’accompagne de multiples exactions rapportées par des organisations de défense des droits humains.

Dans sa stratégie « de faire obstacle à la capacité du Kremlin à armer et équiper sa machine de guerre qui mène une guerre injustifiée contre l’Ukraine », le Trésor américain a ajouté le 26 janvier plusieurs noms à sa liste des personnalités et d’entités sous sanctions financières : un ancien conseiller sécurité à la présidence centrafricaine, Valery Zakharov ; le chef de la Communauté des officiers pour la sécurité internationale, Alexandre Ivanov ; Sewa Security Services, « une société (…) contrôlée par le Groupe Wagner, qui assure la protection de hauts responsables du gouvernement centrafricain » ; et Kratol Aviation qui permet à Wagner de « déplacer du personnel et des équipements entre la RCA [République centrafricaine], la Libye et le Mali ».

Contrepartie

Mais, s’ils décrivent désormais le groupe dirigé par Evgueni Prigojine comme « une organisation criminelle transnationale de grande envergure », les Etats-Unis ne ferment pas la porte à des discussions avec ceux qui souscrivent à ses services. Une différence notable avec la France qui a justifié les départs de ses soldats et l’arrêt de ses programmes d’aide à la Centrafrique et au Mali par la présence des paramilitaires de Wagner dans ces pays.

Dans l’offre faite à Faustin-Archange Touadéra, la diplomatie américaine propose, selon nos informations, en contrepartie d’une rupture avec les hommes de Wagner, de soutenir la formation des Forces armées centrafricaines en remplacement des « instructeurs russes », d’accroître l’assistance humanitaire par l’intermédiaire de l’agence Usaid et de renforcer leur appui à la Mission des Nations unies sur place. Washington se dit aussi prêt à travailler à éloigner du Tchad, où il est accueilli, et même de la région tout entière, l’ancien président François Bozizé que Bangui soupçonne d’être derrière les attaques qui ont repris sur le territoire centrafricain fin novembre.

Dans le cas contraire, Washington envisage des coupures de ses financements, des réductions de personnel au sein de son ambassade et même, le cas échéant, une fermeture de celle-ci. Des sanctions individuelles pourraient également viser des personnalités du pouvoir considérées comme les plus associées aux paramilitaires russes et les sociétés qu’ils contrôlent.

Un terrain de rivalités

Jointe par Le Monde, la ministre centrafricaine des affaires étrangères, Sylvie Baïpo-Temon, reconnaît être « en échange constant » avec la diplomatie américaine depuis octobre 2022 et la visite à Bangui d’Ervin Massinga, le sous-secrétaire adjoint du département d’Etat chargé des questions africaines. Mais elle assure ne pas avoir connaissance d’un document écrit où Washington dicterait les conditions de sa coopération.

Lire la suite

Source : Le Monde

Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici