Centrafrique : « Affaire TotalEnergie »: le contrôleur principal des finances Gérard Zounguéré – Ouilikon a – t – il mesuré l’impact négatif de la suspension des opérations sur la mobilisation des recettes fiscales ?

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Les services du FMI et la République Centrafricaine sont parvenus à un accord au titre de la première revue du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit

le 21 septembre 2023

Les communiqués de presse de fin de mission contiennent des déclarations des équipes des services du FMI qui rendent compte de leurs conclusions préliminaires après leur visite dans un pays. Les avis exprimés dans la présente déclaration sont ceux des services du FMI et ne correspondent pas nécessairement à ceux du conseil d’administration du FMI. À partir des conclusions préliminaires de cette mission, les services du FMI établiront un rapport qui, sous réserve de l’approbation de la direction, sera présenté au conseil d’administration pour examen et décision.
  • Les autorités Centrafricaines et les services du FMI sont parvenus à un accord sur les politiques qui sous-tendent la première revue du programme soutenu par la Facilité Elargie de Crédit (FEC).
  • La situation économie en République Centrafricaine est en voie de stabilisation. Les perspectives de croissance tout comme les ambitions de mobilisation des recettes fiscales dépendent de la réussite des campagnes d’importation de carburants.
  • Les autorités ambitionnent d’améliorer de façon significative la collecte des revenus au cours de l’exercice budgétaire 2024, en augmentant de près de 20 milliards de CFA les recettes fiscales.

Washington, DC: Une équipe du Fonds Monétaire International (FMI) conduite par M. Albert Touna Mama, a séjourné à Bangui du 29 août au 9 septembre 2023 pour une mission dans le cadre de la première revue du programme de la République Centrafricaine (RCA) soutenu par la Facilité Elargie de Crédit (FEC) du FMI approuvée en Avril 2023 (voir Communique de presse 23/129). M. Touna Mama a fait la déclaration suivante à l’issue de la mission :

« La situation économie en République Centrafricaine est en voie de stabilisation. Les risques d’une crise majeure se sont atténués grâce aux efforts du gouvernement, appuyés par le programme FEC. Le marché des carburants, dont les perturbations récurrentes sont l’un des facteurs aggravants des difficultés que traverse le pays, connait un début de stabilisation. Les perspectives de financement budgétaire se sont aussi nettement améliorées, comme en témoigne le succès de la récente opération de syndication domestique.

« Malgré ces évolutions positives, la situation reste tout de même difficile. Le rebond attendu de la croissance sera plus modeste. Les projections de croissance en 2023 ont été revues à la baisse de 2,2% à 1%. L’industrie manufacturière, la sylviculture, et les transports ont particulièrement été affectés. L’inflation est restée élevée, poussée par les prix des produits alimentaires et pétroliers. Cette situation continue d’accentuer l’urgence humanitaire, notamment dans les préfectures de la Vakaga et de Bamingui-Bangoran où la crise soudanaise engendre des difficultés sévères d’approvisionnement. Dans ce contexte, la récente baisse des prix des carburants à la pompe est à saluer, car ayant contribué à soulager les populations et entreprises centrafricaines et à encourager les ventes formelles en station.

« Le gouvernement a fait des progrès dans la mise en œuvre du programme. Toutes les réformes prévues à fin octobre 2023 sont en passe d’être mises en œuvre. L’objectif de revenus domestiques à fin juin 2023 au titre du programme a également été surpassé. Cependant, les limites de déficit primaire et de financement net domestique ont été dépassées, reflétant pour le premier l’acuité des pressions sociales, et pour le second, les incertitudes qui continuent de peser sur la composition du financement budgétaire. Des mesures correctives ont été prises afin de pallier tout risque de dépassement budgétaire futur.

« Les autorités ambitionnent d’améliorer de façon significative la mobilisation des recettes au cours de l’exercice budgétaire 2024, en augmentant de près de 20 milliards de CFA les recettes propres de l’Etat. D’importantes réformes sont en cours— notamment la digitalisation des administrations fiscalo-douanières, la réforme des « menues-recettes », etc…— afin de stabiliser les finances publiques, sécuriser des sources de financement budgétaire, et collecter les recettes fiscales permettant au gouvernement de répondre aux nombreuses attentes de la population.

« L’adoption de la nouvelle loi organique portant prévention et répression de la corruption est une avancée importante dans le processus d’assainissement du cadre de gestion des finances publiques. Les autorités se sont engagées dans la mise en application des nouvelles dispositions de la loi, dans le cadre du programme FEC, de même que le renforcement des institutions œuvrant pour le respect de la bonne gouvernance, telles que la cour des comptes et l’Agence Nationale d’Investigation Financière (ANIF).

« En termes de perspectives, nous anticipons une accélération graduelle de la croissance économique à 1,5% en 2024 et 2,5% en 2025. Ces perspectives de croissance tout comme ces ambitions de mobilisation des recettes dépendent de façon cruciale de la réussite de la campagne d’importation de carburants par le fleuve Oubangui, qui malheureusement a accusé un retard important au démarrage. Toutes les mesures nécessaires doivent être prises afin de remédier à cette situation et éviter de nouvelles pénuries de carburants durant le premier semestre de 2024. En outre, la mise en œuvre des mesures budgétaires introduites dans la loi de finance 2023 devra être améliorée, de même que le suivi des nombreuses réformes en cours d’implémentation.

« La mission tient à remercier les autorités centrafricaines pour leur accueil chaleureux et pour le climat d’ouverture et de franchise dans lequel les discussions se sont tenues.

La délégation du FMI a rencontré le Président Touadéra, le Premier Ministre Moloua, le Ministre des Finances et du Budget Ndoba, le Ministre de l’Energie Piri, le Ministre des Mines Beltoungou, le Directeur National de la BEAC Chaïbou, d’autres hauts fonctionnaires, ainsi que des représentants du secteur privé et de la communauté des partenaires au développement.

Département de la communication du FMI

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