Centrafrique : « Affaire Sylvie Baïpo – Temon » : les en – dessous de sa nomination

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Dès l’annonce de la nomination de cette inconnue à la tête de la diplomatie centrafricaine, en lieu et place de l’ancien représentant plénipotentiaire de la République centrafricaine près l’Onu, M. Charles Armel Doubane, ancien banquier,  ancien ministre, ancien député  de la circonscription de Zémio et allié politique des premières heures du candidat indépendant Faustin Archange Touadéra, lors des dernières élections législatives et présidentielles, Letsunami.net / La voix des sans – voix est immédiatement monté au créneau pour dénoncer ce choix dénué de toute responsabilité et de tout amour pour la patrie. Et ce, dans un contexte de crise politique, institutionnelle, sécuritaire et socio – économique des plus aigües où la République se doit de recourir à une diplomatie offensive, agissante et même agressive afin d’en tirer toutes les vertus.

En réponse et comme ils en ont toujours fait la démonstration lorsqu’ils n’ont aucun argumentaire sérieux à apporter à des critiques portant sur la gouvernance du pays, les thuriféraires du régime et leurs laudateurs ont vite fait de se cacher derrière les dispositions de l’article 33 de la constitution du 30 mars 2016, relatives au pouvoir de nomination conféré au président de la République. Peine perdue.

Car, comme il est indéniablement contre nature d’étouffer à jamais la voix de la vérité, chaque jour qui passait ne cessait d’apporter ses rayons de lumière sur les épais et sombres nuages du mensonge qui, sur fond de solides relations d’amitié et d’intimité, aurait  prévalu à cette nomination.

Un gros mensonge d’Etat. Une honte pour toute la République ou pour tout ce qu’il en reste encore ; car jamais dans l’histoire de tous les régimes qui se sont succédé à la tête de ce pays, les affaires du bas de la ceinture n’ont été si déterminantes et si capitales dans le choix des hauts dirigeants et leurs désignations à des hautes fonctions de l’Etat. Elles sont si efficaces, si légitimes et si acceptées par tous dans tout le royaume de la Touadérakistan comme seul mode d’ascension politique et sociale qu’elles ont fini par se substituer aux critères et conditions légaux et classiques de nominations à divers postes de responsabilités, à savoir compétence, intégrité, impartialité, neutralité, rigueur, sens élevé du devoir envers la patrie, etc.

Désormais, pour caresser le rêve de mettre son savoir – faire, son expertise et ses solides expériences dans tous les domaines au service du développement de son pays  et  d’occuper des hautes fonctions de l’Etat à la présidence de la République, à la primature, dans l’administration, les sociétés et offices publics, et dans les entités périphériques, il faut répondre aux critères des affaires du bas de la ceinture, de la médiocrité, de l’incompétence, de partialité et de la propension manifeste à la corruption, à la duplicité, au non – respect de la parole donnée, au favoritisme, au clientélisme et à la déstabilisation des institutions de la République.

Tels sont, depuis plus de deux années, les logiciels du management et de la gouvernance des affaires publiques, administratives, nationales et politiques, sous le régime du mathématicien de Boy – Rabé et de son cher aîné le Boucher de Bordeaux. L’UNDP, la première force politique du pays, n’en avait – elle pas fait  la triste expérience, au lendemain de la publication de la composition du gouvernement de Sarandji, lorsque son 3ème Vice – président, en charge de la communication et le directeur national de campagne du président Michel Amine avaient dénoncé de vives voix les critères de confrérie ou plus exactement de confraternité ayant guidé au choix porté sur la personne d’un certain Guy – Francky Leffa, certes militant du parti, mais dont le nom n’a jamais figuré dans le panel des experts et dont la proposition n’a jamais été faite par le bureau politique et validée par le président Michel Amine ? En réaction, Sarandji n’avait – il pas failli en venir  aux mains  tellement il était furieux d’avoir entendu de la part de ses interlocuteurs des mots de débauchage, de mépris, de tricherie, de trahison et de violation des dispositions de la loi relative aux statuts des partis politiques ? En représailles, ne s’était – il pas tout simplement engagé à ne pas travailler avec les cadres de l’UNDP jusqu’à son départ de la primature ?

Fort de ce qui précède, il ne fait plus aucun doute que l’accession du président Touadéra à la magistrature suprême de l’Etat, par effraction selon les uns, démocratiquement pour d’autres, est considérée par ce dernier et son cher aîné comme un chèque à blanc et l’accomplissement de leur rêve. Celui d’arriver au pouvoir, de faire comme les autres l’avaient fait et d’en tirer le maximum de profits le plus possible, quitte à  violer allégrement la constitution, à enfreindre les règles élémentaires de la gouvernance administrative et financière et à ériger l’immoralité, le vice et  la médiocrité  en mode de gestion des affaires de la cité. C’est ainsi qu’ils pouvaient et peuvent  nommer n’importe qui à n’importe quelle fonction. Ils l’ont fait en nommant des vendeuses de beignets et des faux pasteurs au poste de sous – préfets, en lieu et place des administrateurs civils aux compétences achevées. Ils l’ont fait en s’auto – affectant la totalité du quota d’intégration dans la fonction publique centrafricaine et en ne faisant intégrer que leurs parents, amis et connaissances, en lieu et place des demandeurs d’emplois et d’éternels stagiaires.

Seulement, s’agissant de l’affaire Sylvie Baïpo – Témon, il n’y aurait pas eu attente, entre les deux hommes, pour le poste qui lui a finalement été affecté.  En effet, alors qu’elle était pressentie en sa qualité d’économiste et de banquier pour être nommée comme directeur général adjoint à Ecobank, l’aîné de Touadéra, endeuillé suite au décès de sa fille, sera surpris de la  nomination de cette dernière  à la tête de la diplomatie centrafricaine.

Une réaction somme toute légitime d’autant plus que c’est en sa qualité de premier ministre et à la demande pressante de Doubane qu’il est allé vers le président de la République afin d’obtenir son départ. Il lui revenait donc la paternité de la proposition du choix de la personnalité à pourvoir à la vacance du poste  ainsi créée.

Malheureusement, il aurait  été superbement  court-circuité par Touadéra et Ngrébada pour des raisons qui relèvent de la plus stricte confidentialité entre les deux. Alors, il se fâche et le fait savoir de fort belle manière comme Corbeau News Centrafrique l’a développé dans son article intitulé « Centrafrique : premier signe de méfiance entre Touadera et Sarandji ». Normal pour un chef du gouvernement qui n’aurait pas été consulté et qui n’aurait  pas donné son avis pour cette nomination.

En réalité, Sarandji voulait faire de ce dossier une affaire personnelle. Comme il l’avait fait pour Guy Francky Leffa et comme  son cadet l’avait fait pour Mme Ginette  Amara.  Ayant obtenu le départ du titulaire et avant d’aller en discuter avec le président Touadéra, le Boucher de Bordeaux aurait eu  déjà sa personne sous la main qu’il se devait de placer à cet important poste de responsabilité. Seulement, l’apparition inattendue de Sylvie Baïpo – Temon ne lui aurait pas permis d’accomplir son vœu et de tenir à son engagement. D’où son mécontentement. Ses relations avec la nouvelle venue seraient si froides que l’intéressée se serait envolée pour la France. Est – ce pour les fêtes de fin d’année ? Est – ce un retour définitif ? Seul  l’avenir nous le dira.

Comme nous pouvons le constater, Touadéra et Sarandji n’en ont cure du peuple centrafricain, de ses intérêts  et de la crise sécuritaire de plus en plus ambiante et généralisée. Ce qui les intéresse, c’est de jouir du pouvoir que ce peuple leur a confié dans les urnes et d’en faire jouir au maximum  parents, amis et connaissances.

Jean – Paul Naïba

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