Centrafrique : « Affaire SOCIMCO » : mise au point de la direction des enquêtes de la douane sur les 12 contenairs et 1300 cartons de denrées alimentaires périmées

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Les services de la direction des enquêtes et de surveillance du territoire relevant de la direction générale de la douane et des droits indirects ont procédé, le jeudi 28 juillet 2022 à Bangui, à la saisie d’une importante quantité de denrées alimentaires avariées. Il s’agit au total de 12 containers de 40 pieds et particulièrement de 1300 cartons remplis de produits surgelés, poissons, poulets ainsi que d’autres provisions de consommation, arrivés à expiration depuis plusieurs semaines, pour certains, et devant être interdits à la consommation dans les trois (3) semaines à venir, pour d’autres.

Informé, le directeur général Théodore Frédéric Inamo a immédiatement effectué une descente in situ, et après constat et échanges avec le responsable de l’équipe de la douane qui a découvert la cargaison litigieuse, une procédure d’incinération a été décidée et engagée aux fins de détruire tous ces articles avariés et jugés dangereux pour la santé. Seulement un (1) jour plus tard, c’est – à- dire le vendredi 29 juillet 2022, le site dénommé « Diaspora » publie sur sa page Facebook et les réseaux sociaux, les images de ces aliments faisandés à savoir des morceaux de poulets, soigneusement entassés sur des étalages de fortune érigés non loin du siège de la Société SOCIMCO, et autour desquels se bousculaient des clients. Et l’auteur de la publication d’enfoncer le clou : « Centrafrique : Scandale : des produits surgelés saisis par la Douane se vendent sur le marché à petit prix (poulet entier 500 Fcfa). Une mafia en bande organisée. » Tout naturellement la publication a fait du buzz dans l’opinion, et suscité de vives et virulentes réactions des uns et des autres sur les réseaux sociaux, à telle enseigne que pour en savoir un peu plus et pour l’information du grand public, notre rédaction a jugé impératif de se rapprocher de la direction des enquêtes et de la surveillance du territoire.

De nos entretiens avec le responsable de cette direction, en l’occurrence M. Sylvain Déya – Abazène, il ressort ce qui suit : Tout serait effectivement parti d’une mission diligentée par les services de la direction des enquêtes et de la surveillance du territoire, le jeudi 28 juillet 2022, dans les locaux de la société SOCIMCO. Y sont alors découverts 12 contenairs de denrées alimentaires importées totalement impropres à la consommations et 1.300 cartons de produits surgelés dont le délai de péremption est prévu dans deux (2) ou trois (3) semaines plus tard. Comme nous l’avons annoncé un peu plus haut, conscient de leur dangerosité et des risques qu’ils représentent pour la santé publique, le directeur général de la douane Théodore Frédéric Inamo, arrivé entretemps sur le terrain, a ordonné la mise en œuvre immédiate de la procédure d’incinération, bien entendu après constat et échanges avec l’équipe de la douane et le représentant de la société. Dans la foulée, il a demandé au responsable du commerce d’écouler dans les meilleurs délais les 1.300 cartons d’article surgelés dont le délai de consommation n’est pas encore arrivé à expiration.

« C’est depuis 48 heures, que nous avons mis en place une mission de surveillance. Cela rentre dans le cadre de notre mission de protection de la population face aux produits impropres à l’alimentation. Nous avons effectivement constaté qu’il s’agit des produits avariés. Ainsi, nous allons passer par la procédure d’incinération » a fait savoir Frédéric Théodore Inamo, directeur général des Douanes. Ainsi donc, selon les explications de M. Sylvain Déya – Abazène, et fort de ce qui précède, ce seraient les 1.300 cartons qui ont été écoulés à bas prix sur le marché par le commerçant afin d’éviter des pertes inutiles et dont les images ont été prises, publiées par le site « Diaspora » et largement partagées sur les réseaux sociaux, tandis que dans le même temps les contenus des 12 contenairs totalement périmés, eux, ont été totalement incinérés aliquo au sortir de la ville de Bangui.

De facto, les produits « querellés et indexés » par les uns et les autres n’étaient pas encore arrivés en état de putréfaction, comme voulaient le faire croire les « folles rumeurs de Bangui », et leur écoulement à bon marché par SOCIMCO est plus justifié par un impératif économique, celui de gagner quelque chose sur le stock disponible dont le délai de péremption n’était pas loin que par le fait d’un véritable deal ou d’une entente parfaite, digne de la mafia entre les douaniers et les responsables de la SOCIMCO. S’il ne devait pas en être ainsi, alors le directeur général de la douane se serait bien gardé d’annoncer cette nouvelle « urbi ac orbi » devant les médias publics et privés, la télévision et la radio nationales y comprises. Dans ce cas, dès son arrivée sur le terrain, des dispositions auraient été prises pour qu’aucune nouvelle ne s’ébruitât et que tous les produits contenant les 12 contenairs d’avaries et les 1.300 cartons de non – avaries pussent être écoulés sur le marché sans que personne ne s’en rende compte. Fort heureusement, tel n’a pas été le cas.

Il y a donc lieu, « in hoc casu », de jeter des fleurs au haut fonctionnaire de la douane qui est Théodore Frédéric Inamo pour sa responsabilité, sa promptitude, la justesse de sa décision et le sens élevé de l’intérêt général dont il a fait montre dans le traitement de ce dossier. Et c’est justement au nom de l’intérêt général, c’est – à – dire pour assurer la protection de la population et sauvegarder la santé publique, que le lundi 1er août 2022, il a de nouveau instruit la direction des enquêtes pour une autre mission au siège de la SOCIMCO où il a été découvert un « impressionnant lot de matériels artisanaux » destinés à modifier, à l’aide des produits chimiques, les dates d’expiration des marchandises avariées, telles que des boites de sardines, de lait, de tomate, de beurre, etc.

Toutefois, si nous ne pouvons pas nous retenir d’apprécier favorablement la bonne foi ayant caractérisé la gestion de ce dossier par le directeur général Théodore Frédéric Inamo et son équipe, nous nous devons autant de formuler des observations quant à ce qui concerne des mesures à prendre afin d’éviter à l’avenir de tels cas. En effet, il est inadmissible que les services de la douane puissent « in dies singulos » être là où ne doivent pas se trouver leurs agents. C’est ce don d’ubiquité dont se sont attribués les agents de la douane qui est à l’origine de graves accusations dont ils ne cessent de faire l’objet à longueur de journée dans la conscience collective et l’opinion nationale. Car ils sont considérés comme des hyènes à la recherche permanente d’objets faisandés, des corrompus et des dealers, alors que leurs missions leur recommandent de veiller, au départ des contenairs, à ce que ne pénètrent pas sur leur territoire des produits avariés. Si ce principe sacré était minutieusement observé, on serait alors allé chercher ailleurs, notamment du côté du ministère de commerce qui gère tout ce qui est transaction commerciale et dont les agents ont été miraculeusement mis en retrait dans le traitement de ce dossier.

Et pourtant c’est à ce département et ses fonctionnaires qu’incombe la responsabilité de garantie et de préservation de la sécurité des consommateurs centrafricains sur tous les produits consommés en Centrafrique. C’est à eux de constater à l’arrivée des contenairs ces articles avariés et de déclencher la procédure d’incinération, et non à la direction générale de la douane ni à un comité mixte composé des représentants de plusieurs entités. A ce niveau, le contrôle doit être permanent. « Tout produit mis à la consommation est soumis à ce contrôle. Un contrôle d’abord sur l’étiquetage pour vérifier que l’étiquette mise sur le produit est conforme avec ce qui se trouve dans le produit, un contrôle également sur l’identité de celui le fabrique ou de celui qui l’importe, mais aussi un contrôle chimique et microbiologique comme ce que nous faisons au niveau des services du commerce intérieur », nous a déclaré un fonctionnaire de ce département aujourd’hui à la retraite. Ainsi, a – t – il poursuivi, « c’est la raison pour laquelle, à un moment donné, l’ensemble des services du commerce intérieur au niveau national ont procédé à ces séances de destructions de produits. Soit ce sont des périmés, soit ce sont des produits contrefaits, soit ce sont des produits qui ne sont plus adaptés à la consommation des Centrafricaines et des Centrafricains ».

Voilà le rôle du ministère du commerce ! Et le gouvernement doit être extrêmement ferme contre les contrevenants parce qu’il y va de la sécurité nationale et naturellement, et ne doit pas tolérer que des produits dont la date de péremption est épuisée ou des produits dont la composition chimique n’est pas adaptée à la santé des populations, soient mis en circulation.

Malheureusement, nous sommes en Centrafrique,  le pays de tous les paradoxes et de tous les records négatifs, comme le disait  si bien feu Me Zarambeaud Assingambi.

Jean – Paul Naïba

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