Centrafrique : « Affaire Myriam Ouloufi » : le commandant Nkouet libéré et affecté à Ndah pour échapper à toute procédure judiciaire ?

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Le commandant des forces armées centrafricaines, le nommé Nkouet, reconnu formellement d’avoir froidement abattu le soldat de 2ème classe de la 8ème promotion, le 27 mai 2024 dans la matinée au Camp Kassaï à Bangui, suite à une affaire d’harcèlements et d’abus sexuels, a été libéré et affecté dans la commune de Ndah, sise dans la préfecture de la Bamingui – Bangoran. C’est ce qui est ressorti d’un post publié par la tante de la défunte Diane Stella Ouloufi, sur son mur Facebook, le 17 juin 2024. Face à ce cas flagrant d’injustice et de soustraction d’un criminel de la justice, elle en appelle personnellement au gouvernement du premier ministre Félix Moloua et au ministre de la défense pour que justice lui soit faite.

Si, au lendemain de cet assassinat crapuleux, ignoble et odieux perpétré par un haut gradé des Faca, et suite à des vives réactions sur les réseaux sociaux, le chef d’état – major des Faca Mamadou Zéphirin a cru bon de publier une circulaire dans laquelle il a rappelé la condamnation de tels actes et le respect scrupuleux des dispositions du règlement de la discipline militaire, aucune procédure judiciaire n’a été, par contre, régulièrement engagée contre l’auteur du crime et ses complices. Même s’il a été rétrogradé au grade de lieutenant, alors qu’il passe, selon les informations en notre possession, pour un récidiviste extrêmement dangereux, la famille de Myriam et l’opinion publique s’attendaient tout naturellement à ce qu’il fût immédiatement arrêté et que le commissaire du gouvernement pût s’auto – saisir de l’affaire, devant la gravité des faits et leur caractère de flagrant délit, selon les conclusions du rapport de l’autopsie du médecin légiste.

Fort étonnamment, Au lieu de cela, l’homme a été plutôt protégé et maintenu au Camp de Roux par le haut commandement militaire, pendant quelques jours, et avait droit aux visites de sa famille, sans que sa liberté ne fasse l’objet d’une restriction, comme les règles de l’art l’exigent. Pis, ni le premier ministre Félix Moloua ni le ministre de la défense nationale ni le commissaire du gouvernement près le tribunal pénal militaire n’ont daigné prendre la parole pour condamner ce forfait, rassurer la famille et annoncer officiellement l’ouverture d’une enquête judiciaire pour que ce criminel et ses complices soient traduits en justice afin de répondre de leurs actes.

A contrario, en décidant de l’affecter à l’intérieur du pays, les plus hautes autorités politiques, militaires et judiciaires ont allègrement opté pour la violation des dispositions de la loi portant code de justice militaire centrafricain. En effet, cette pratique qui n’est en réalité qu’une méthode visant à extraire le commandant Nkouet de toute procédure judiciaire, est manifestement contraire aux dispositions de l’article 21 de la loi sus – évoquée : «  En temps de paix, les juridictions militaires sont compétentes pour connaître : des infractions purement militaires au sens du présent Code ; des infractions de droit commun commises par les militaires ou assimilés dans ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions dans la caserne, dans le service ou dans tout autre établissement militaire. Cette compétence s’étend, en outre, aux armées et aux corps assimilés lorsque ceux-ci stationnent ou opèrent hors du territoire national. Lorsque ces juridictions siègent en matière correctionnelle, elles prennent la dénomination de Tribunal Militaire et en matière criminelle celle de Cour Martiale ».

Ainsi donc, le commandant Nkouet et ses complices dont l’un d’entre – eux se serait déjà évadé, ne doivent plus être considérés comme des fonctionnaires en situation normale pouvant bénéficier régulièrement de leurs salaires, être affectés et méritant de continuer à porter la tenue militaire et à servir dignement dans l’armée nationale. Ce sont des assassins, des criminels et des d ! De ce fait et par ce fait, ils ne doivent plus bénéficier de la protection de la fonction publique et du ministère de la défense nationale. Ils doivent tout simplement  être arrêtés et traduits dans les plus brefs délais devant la Cour martiale qui est chargée de juger des crimes commis par des militaires dans l’exercice de leurs fonctions.

A l’exemple du sous – officier Mahamat Ali qui, en mission commandée à Kaga – Bandoro, en juin 2020 avait ouvert le feu sur son camarade, le sergent Dounia Lazzy, et qui avait été déclaré coupable de meurtres qui lui sont reprochés par la Cour martiale, et en répression, l’avait condamné à dix ans de travaux forcés, et à verser une somme de quinze millions de francs à titre de dommages et intérêts, il y a lieu impérativement  que cette jurisprudence puisse s’appliquer dans l’affaire Myriam Ouloufi contre le commandant Nkouet et ses complices.

A suivre….

La rédaction

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