Centrafrique : « Affaire ministre Djimassé Marcel et Mme la ministre – conseiller Makanda Sidoine » : l’honneur et la dignité de la République plongés dans les abysses puants de la HONTE !

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Bangui, le mercredi 25 octobre 2023. Il est 15 h 30 mn au ministère de la fonction publique. Selon de croustillantes révélations faites par le célèbre liveur centrafricain Rodrigue Joseph Prudence Mayté, le ministre, en la personne de M. Marcel Djimassé, et Dame Makanda Sidoine, ministre – conseiller à la présidence de la République,  ont été retrouvés, dans leur tenue d’Adam et Eve, en train de faire l’amour. C’est l’une des nombreuses maîtresses du ministre qui a l’habitude de lui rendre visite à pareille heure de la journée, au moment où les fonctionnaires et agents de l’état s’empressent de quitter les services et où les visiteurs se font rares. L’homme ne serait pas là à ses premiers exploits de beaux étalons, dignes des Banziris, en abus sexuels. Depuis qu’il occupe ses hautes fonctions à la tête de ce Département de prédilection, en charge de la moralisation de la vie publique, il ne se passe pas chaque mois et chaque semaine, sans que des femmes en chaleur ne puissent prendre rendez – vous dans son bureau pour lui donner sa part du « Triangle de Bermudes »,  et répartir gaiement avec quelques vieux billets de banque, toujours utiles en ces temps très difficiles que connaît le pays.

Cet acte manifestement immoral s’ajoute à des jeux de sextape dans lesquels se sont impliqués certains membres du gouvernement dont un certain Mboli – Fatrane, jadis ministre des mines et de géologie, des hauts cadres et même des sous – préfets, sous le régime de l’Imposteur de Bangui, portant ainsi gravement atteinte à l’image, l’honneur et la dignité de la République. Alors que le président feu Ange – Félix Patassé avait limogé un de ses ministres – conseillers à la présidence qui s’était livré à des ébats sexuels dans son bureau, le jouisseur Touadéra qui vit avec deux épouses dans la même maison et qui entretient de nombreuses donzelles dans son gouvernement et dans tous les quartiers de la ville de Bangui, n’est pas mieux disposé moralement pour donner un coup de pied dans la termitière. Et, la liste des abus faits aux femmes par les nouveaux riches est loin d’être exhaustive et le comble, c’est qu’on entend très rarement même, le ministre de l’Intérieur, condamner ces actes ignobles perpétrés par des maniaques sur nos femmes, nos mamans, nos sœurs et enfants. Quid des Procureurs ? Là aussi, il est rare de voir le chef du parquet monter au créneau pour s’adresser aux populations, via la presse, comme il est de coutume dans tous les pays normaux et dits démocratiques. Sauf bien sûr quand il s’agit d’intervenir dans des dossiers politiques.

Ce qui se passe dans notre pays au sujet des violences faites aux femmes est très inquiétant. Les femmes sont la cible de harcèlements incessants et quand ce n’est pas de la cyber-violence, c’est directement à leur personne et à leur corps qu’on s’en prend. Nous devons faire beaucoup plus pour que les femmes se sentent en sécurité dans notre pays et avant tout briser le tabou du viol qui est largement minimisé, tel que institutionnalisé par le ministre – conseiller à la présidence Gouandjika Fidèle, lorsqu’il avait publiquement appelé aux viols des femmes centrafricaines par les mercenaires du Groupe Wagner. Il faut encourager les femmes à parler, c’est la seule façon de lutter, car la violence contre les femmes est un fléau parallèle aux inégalités. Les comportements sexistes et les violences sexuelles sont liés notamment à la persistance dans la société des inégalités entre les femmes et les hommes. Cette violence contre les femmes est perpétuée par des lâches et des criminels, mais quand il est question de viols sur des enfants, là il s’agit de monstres.

Quelle gloriole les Centrafricains pourraient-ils tirer des actes sexuels perpétrés dans leur bureau par des ministres en charge de la République ? Du déshonneur, de l’indignité et de la dépravation absolue des mœurs. Où est donc la moralisation de la vie publique ? Le vase est plein ! Mais, comment pourrions – nous espérer crever l’abcès et le vider de toute sa puanteur, si celui qui est le garant de la moralité publique, passe tout son temps à regarder des films pornos à longueur de journée et serait aussi un étalon noir comme ses ministres ?

Si, sous le régime du président feu Ange – Félix Patassé, l’un de ses ministres – conseillers qui s’était livré à des ébats sexuels dans son bureau, avait immédiatement été relevé de ses fonctions, cela ne pouvait surprendre personne puisqu’à l’époque la République centrafricaine était gérée par un grand commis de l’Etat qui avait gravi tous les échelons, dans certains Etats africains, de tels comportements de la part des autorités publique sont condamnables et sévèrement réprimés. Pour éviter d’être limogés, ceux qui se sont retrouvés dans cette situation, ont préféré avoir le courage de rendre leur tablier.

Au Tchad, les 17 et 18 octobre 2023, le secrétaire général du gouvernement, Haliki Choua Mahamat, et le ministre de la Défense, Daoud Yaya Brahim, ont démissionné de leurs fonctions, après la fuite dans les réseaux sociaux des vidéos « sexuelles » dans lesquelles ils seraient impliqués. Cette double démission intervient alors que le président de transition, le général Mahamat Idriss Déby Itno, était en visite à Paris en France. « Le Premier ministre, chef du gouvernement d’Union nationale, Saleh Kebzabo, a reçu les 17 et 18 octobre 2023, les lettres de démission du ministre des Armées, des Anciens combattants et des victimes de guerre, M. Daoud Yaya Brahim et du ministre secrétaire général du gouvernement […] Le Premier ministre accepte leur démission et les remercie pour le service rendu à la Nation », a indiqué la primature qui n’a donné aucun détail sur les raisons de ces départs.

Mais selon le ministre Haliki Choua Mahamat, c’est l’honneur et la dignité qui l’ont poussé à présenter sa démission. Sa lettre de démission est une belle leçon de morale et des nobles valeurs de la République au Criminel de Bangui et son ministre de la fonction publique Marcel Djimassé, jadis directeur de cabinet du premier ministre Abel Goumba, leader d’un parti politique et candidat aux élections législatives et présidentielle du 27 décembre 2020.

« Cher(e)s parents, ami(e)s et connaissances, Je tenais à vous informer personnellement d’une décision importante que je viens de prendre. En effet, après une longue réflexion, j’ai décidé de présenter ma démission du gouvernement, et je suis heureux de vous annoncer que le Premier Ministre l’a acceptée. Cette décision n’a pas été prise à la légère. J’ai consacré beaucoup de temps et d’énergie à servir mon pays au sein du gouvernement, et j’ai apprécié chaque instant. Toutefois, il est temps pour moi de prendre un nouveau chemin dans ma carrière et de relever de nouveaux défis. Je tiens à souligner que cette décision n’affecte en rien mon engagement envers le Président de Transition, Président de la République, Chef de l’État. Quant à vous, vous avez toujours été une source de soutien et d’encouragement pour moi, et cela restera inchangé. Je suis reconnaissant de vous avoir à mes côtés et je compte sur votre soutien dans cette nouvelle étape de ma vie. Encore une fois, je vous remercie pour votre soutien indéfectible et je suis convaincu que cette nouvelle étape sera remplie de belles opportunités et de réussite. Avec toute mon affection. »

En RDC, le 29 avril 2016, le ministre Enoch Sebinaza a été limogé du gouvernement. La sentence est venue du président de la République lui-même via une ordonnance lue sur les antennes de la télévision publique, la RTNC. Celui qui était jusque-là vice-ministre chargé des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies a été simplement révoqué. Il ne pouvait en être autrement pour cet officiel qui venait, il y a peu, d’enflammer la toile avec un sextape de 4 minutes 30 seconde. Dans cette séquence vidéo ayant fait le tour des réseaux sociaux depuis sa diffusion il y a quarante huit heures, Enoch Sebinaza se livrait à cœur joie à un jeu sexuel en solitaire dans son bureau, le regard figé, en contre-plongée, sur son ordinateur. Le ministre sans doute atteint par le syndrome de l’onanisme, s’est trompé de milieu, transformant son lieu de travail à une chambre d’hôtel. L’échange via le Webcam auquel il s’est livré lui vaut aujourd’hui une révocation. Plus grave, les insignes de la République, notamment le drapeau et le portrait officiel du chef de l’État (suspendu sur sa tête), sont bien visibles dans la scandaleuse vidéo. Dans l’opinion, l’on a apprécié la promptitude avec laquelle Joseph Kabila Kabange, en sa qualité de chef du gouvernement, a limogé le ministre immoral. L’honneur et la dignité de la République étaient et sont à préserver.

En Afrique du Sud, en novembre 2018, alors qu’il était au cœur d’un scandale à la sextape  et accusé d’avoir menti sous serment, le ministre sud- africain de l’Intérieur, Malusi Gigaba, a démissionné de ses fonctions. Le chef de l’Etat, Cyril Ramaphosa, a indiqué dans un communiqué avoir reçu la lettre de démission de son ministre, ex-étoile montante du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC) et l’avoir acceptée. Dans ce courrier, le ministre de l’Intérieur, 47 ans, justifie son départ au nom de « l’intérêt national » et de celui du parti. Il souhaite « soulager le président d’une pression inutile » et lui permettre de sauver le pays du « naufrage économique ». Malusi Gigaba avait été mis en cause en octobre par la médiatrice nationale. Busisiwe Mkhwebane avait ainsi recommandé au chef de l’Etat de prendre des « sanctions » contre le ministre « pour avoir menti sous serment devant un tribunal ». Elle faisait référence au témoignage que Malusi Gigaba avait donné lors d’un procès en 2017 impliquant une puissante famille. Fin octobre, l’ancien responsable des jeunes de l’ANC avait aussi reconnu avoir été en 2017 la cible de tentatives d’extorsion après le vol d’une vidéo à caractère sexuel le concernant  à la suite du piratage de son téléphone. La vidéo était disponible sur un site pornographique. Malusi Gigaba avait exclu au début du mois de démissionner, assurant avoir signalé l’affaire aux forces de l’ordre et aux services de renseignement.

Fort de tout ce qui précède, en respect aux valeurs qui fondent toute République, en général, et la nôtre, en particulier, qui ont pour noms « Honneur, Dignité, Intérêt national, Noblesse, Intégrité, et Probité morale », il est grand temps que le ministre Marcel Djimassé ait le courage de rendre son tablier. Si nous avions dénoncé le cas « Mboli – Fatrane » illo tempore, sans pour autant obtenir gain de cause, cette fois – ci nous ne nous laisserons pas faire. Nous userons de tous les canaux de communication en notre possession pour le pousser à la Démission. Car, il est indigne de la République et fait Honte à notre peuple.

Jean – Paul Naïba

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