Centrafrique : »Affaire Mahamat Djamil Baba Nani »: l’OCRB ou une Gestapo entre les mains des « Affreux Blancs » du Groupe Wagner à la solde du criminel Touadéra

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Jadis, critiquées par les Nations unies mais approuvées par une grande partie de la population, l’Office central de répression du banditisme (OCRB) dont la mission première était de sévir contre la recrudescence des agressions et des actes de braquages à mains armées dans la ville de Bangui, après les mutineries des années 1995, 1996 et 1997, et  dirigé par le redouté et populaire commissaire divisionnaire Louis Mazangue, s’est mué progressivement depuis 2017 pour devenir aujourd’hui un véritable centre de tortures, non pas contrôlé par des professionnels de la police assermentés et astreints à des obligations formellement consacrées par la loi portant statut général de la police nationale, mais plutôt entre les mains des « Affreux Blancs » du Groupe Wagner, à savoir des Tchétchènes, des Afghans, des Roumains, des Russes, des Libyens, et des ressortissants des petites républiques du Caucase.

Généralement des prisonniers, dégageant l’odeur perpétuelle de la mort et dont les corps à vue d’œil  donnent l’impression de regorger d’innombrables et complexes pathologies, ces exécuteurs professionnels se sont rendus maîtres de cet Etablissement public et y font preuve de beaucoup d’ingéniosités pour faire parler leurs victimes. Pis, ils usent de toutes les subtilités en matière de tortures pour les contraindre à céder et à dénoncer leurs complices. Ne relevant ni du parquet, ni du parquet général, ni du commissaire du gouvernement près le TPM, ils ne prennent leurs ordres que de Touadéra et du directeur général de la police, un certain Bienvenu Zokoué. C’est la copie certifiée conforme de la Gestapo, la police politique de l’Allemangne nazie. Comme elle, l’OCRB est un outil d’une brutalité constante qui applique à la lettre les coups de tête les plus radicaux de la dictature de l’ère Touadéra. Et les mercenaires du Groupe Wagner s’en servent aussi pour se payer.

C’est justement ce qui est arrivé à un certain Mahamat Djamil Baba Nani, le 27 octobre 2023. Sans mandat dûment délivré par le procureur de la République, cet opérateur économique qui habite le Km5 a été visité par des éléments de l’OCRB avec les mercenaires du Groupe. Sa propriété a été perquisitionnée de fond en comble et tous ses biens les plus nécessaires emportés, sans qu’il n’ait été informé du crime qu’il a commis. Sur la base d’un procès – verbal établi par un huissier, son avocat Mme Albert Panda a déposé une plainte près le procureur de la République pour l’ouverture d’une enquête et la restitution de tous ses biens volés. Une véritable première en Centrafrique où ces « Affreux Blancs » règnent depuis 2017, tuent, volent, violent, sodomisent même les Faca, incendient des villages et des habitations, contraignent leurs habitants à des déplacements et pillent les ressources minières et forestières. Après avoir fait mains basses sur la douane, les voilà qui se sont solidement installés dans l’administration judiciaire où ils dictent leurs lois. Jusques à quand la communauté internationale, l’Onu, le Haut – commissariat de l’Onu aux droits de l’homme, la Minusca, HRW, Amnesty International et autres organisations internationales en matière des droits de l’homme resteront – ils insensibles aux graves exactions, aux crimes de guerre et aux crimes dont ces « Affreux Blancs » se sont rendus coupables et continuent de les commettre dans ce pays, au vu et au su des autorités centrafricaines ? Où se trouve actuellement le Rapport du Groupe de Travail des Experts de l’Onu publié le 21 juin 2021 et défendu brillamment devant le conseil de sécurité ?

Dans ce registre, il faut relever que, le samedi 14 décembre 2019, des éléments armés des forces de sécurité centrafricaines ont fait irruption dans l’hôpital SICA géré par MSF à Bangui. Ils étaient lourdement armés malgré l’interdiction claire d’introduire des armes dans les structures médicales. Des opérations de fouille ont ensuite été entreprises dans les locaux de l’hôpital et d’autres bâtiments de l’organisation. Des employés internationaux du personnel MSF ont été sommés de se rendre dans les locaux de l’OCRB, escortés de plusieurs véhicules de police. L’un d’eux y a été retenu, sans notification des motifs, jusqu’au 19 décembre, date à laquelle il a fait l’objet d’un brutal transfert vers les locaux de la DST. Trois autres employés sont retenus contre leur gré dans  les locaux de l’OCRB depuis la soirée du 18 décembre. « Nous sommes extrêmement inquiets pour nos employés. Nul ne peut être retenu par des forces de l’ordre sans être informé des motifs et nous demandons à ce que ces atteintes graves cessent immédiatement, ajoute Pierre Mendiharat. Malgré nos efforts pour comprendre ce qui nous est reproché, nous n’avons toujours aucune explication. Dans ces conditions, nous n’avons d’autre choix que de suspendre nos activités à l’hôpital de SICA à Bangui, à l’exception de la prise en charge des urgences vitales. Pour pouvoir continuer à soigner, nous avons besoin de garanties quant à l’engagement de tous à respecter le droit et l’éthique médicale dans nos structures, envers nos patients et nos équipes », conclut-il.

Si des sanctions intelligentes ont été prises contre certains dirigeants du Groupe Wagner et quelques – unes de leurs entreprises qui opèrent en Centrafrique et de par le monde, devant la persistance et la banalisation  de leurs crimes, la communauté internationale devra recourir à plus de robustesse à l’égard du Criminel de Bangui et ses collaborateurs, soutenus par le Rwanda, qui ne cessent de proférer des discours de haine et de violences et d’appeler officiellement au génocide dans ce pays. Pour garantir le retour de la paix, la réconciliation nationale et le vivre – ensemble, non seulement il est impératif que la République centrafricaine soit privée dans les meilleurs délais de l’usage de son droit à la parole dans les organisations internationales, plus précisément à la tribune de l’Onu, mais surtout que les responsables de ces crimes et leurs complices soient interdits du droit de voyager, leurs biens et leurs avoirs gelés.

Cette solution, l’Ong américaine « The Sentry » l’avait proposée depuis longtemps. Il est qu’elle soit appliquée avant que le pire n’arrive !

La rédaction

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