Centrafrique : « Affaire levée d’immunités parlementaires des députés Dologuélé, Ziguélé et Zingas « : Sarandji rencontre demain Gazam Betty ?

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Dans un courrier adressé au président de l’assemblée nationale Laurent Ngon – Baba, courant avril 2021, le ministre de la justice ad interim Arnaud Djoubaye Abazène a demandé la levée d’immunités parlementaires des députés Dologuélé, Ziguélé, Zingas et Méckassoua. C’est pour « permettre leurs auditions » dans le cadre d’une poursuite judiciaire engagée contre l’ancien préisdent François Bozizé Yangouvonda, devenu entretemps coordonnateur général de la CPC, et son ancien ministre Thierry Savonarole Maléyombo, membre du KNK, arrêté en janvier 2021. Sur les antennes de RFI, le ministre a dit agir à la demande du juge d’instruction, car des « présomptions de culpabilité » pèsent contre ces 4 élus, sans plus de précision sur les charges. On sait cependant que la procédure ouverte en janvier contre François Bozizé ainsi que « ses co-auteurs et complices » est liée à la tentative de coup d’Etat dont l’accusent les autorités, et porte sur les charges d’« atteinte à la sureté intérieure de l’Etat, association des malfaiteurs, rébellion, assassinats, vols aggravés et complot ».

Mais, pour des raisons de procédure, la 6ème législature dont la mandature arrivait à terme, s’est dessaisie du traitement de ce dossier et a décidé d’en confier la gestion à la 7ème législature. Cependant, suite à des mesures de restrictions administratives et liberticides, notamment l’interdiction faite à eux de quitter le territoire national, l’un d’entre – eux, en la personne du député Aurélien Simplice Zingas – Kongbélet a attaqué cette décision en annulation devant le tribunal administratif de Bangui. Par ordonnance de référé en date du 25 mai 2021, le tribunal administratif, statuant en premier ressort, a ordonné la levée des mesures administratives faisant interdiction au requérant de quitter le territoire national et la restitution de ses documents de voyage confisqués.

La quintessence de la décision du juge administratif peut être résumée ainsi qu’il suit : « Que les mesures faisant interdiction au requérant de quitter le territoire national, puis la confiscation de ses documents de voyages par le Commissaire de Police de l’Aéroport international de Bangui-M’poko, sur la base du Message porté n° 008/TGI/PP/21 du Procureur de la République, sont constitutives de voie de fait », et que « Considérant que, si l’État de droit est un équilibre entre le respect des droits fondamentaux et le sauvegarde de l’ordre public, l’état d’urgence est, le déséquilibre revendiqué au profit de la sauvegarde de l’ordre public. Ainsi, des décisions administratives qui seraient en temps normal illégales, peuvent devenir légales en circonstances d’état d’urgence, parce qu’elles apparaissent alors nécessaires, pour assurer l’ordre public et la bonne marche des services publics. Au contenu de la légalité normale, se trouve ainsi substituée une légalité d’exception. Des mesures qui eussent été normalement illégales pour incompétence, vices de formes, aux titres de circonstances exceptionnelles, deviennent légitimes ».

Cependant, si fort de cette décision le député Zingas a pu être autorisé régulièrement à quitter le territoire national afin de prendre part au Sommet du Parlement panafricain à Midrand en Afrique du Sud en juin 2021, c’était sans compter avec la boulimie du pouvoir qui caractérise l’Imposteur de Bangui et sa détermination sans faille à liquider l’opposition démocratique et toute voix de liberté, de contestations et de critiques dans ce pays. Pour ce faire, il va se cacher derrière la saisine de la cour constitutionnelle en déchéance par le candidat du MCU Algoni contre le député Méckassoua, et corrompre cinq juges sur sept – la présidente étant hors du pays –  par l’entremise de son financier Sani Yalo. A l’arrivée, la cour déclarera recevable la requête et ordonnera la déchéance du député, en se fondant sur les dispositions de l’article 28 de la constitution, le Rapport des Experts de l’Onu du 25 juin 2021, et les allégations relatives à sa participation au coup d’état du 13 janvier 2021, objet de l’affaire de levée d’immunités parlementaires des quatre députés sus- évoquée et vidée par la décision du TA. Le lundi 16 août 2021, il le fera convoquer par le 1er juge du cabinet spécialisé près le TGB pour une audition, dans le but d’atteindre physiquement à sa personne, après l’avoir assassiné politiquement et dépouillé de tous ses attributs de député de la nation.

Mais informé du plan de sa liquidation physique par les proches de l’Imposteur de Bangui, Méckassoua quitte le pays sans tambours ni trompettes, comme l’ancien président François Bozizé avait fait son retour au pays en décembre 2019. L’homme pique une colère rouge, mais ne cède pas. Il se résout alors à faire dérouler son plan B : procéder à l’arrestation de tous ses acolytes, à savoir Dologuélé, Ziguélé et Zingas, en s’appuyant sur la jurisprudence Méckassoua. Si Zingas paraît doublement protégé par ses immunités de député de la nation et celles de député panafricain, il n’en est pas ainsi pour Dologuélé et Ziguélé. C’est pourquoi il a instruit le président de l’assemblée nationale d’exhumer le dossier de la demande de levée d’immunités parlementaires des quatres députés.

Comme à ses habitudes consistant à faire la mort qui embrasse, d’abord, et étouffe sa victime, ensuite , il lance ses pit- bulls contre Christian Gazam Betty, ancien conseiller en communication du président de l’URCA Anicet Georges Dologuélé, démissionnaire il y a quelques mois déjà. Il lui fait retirer son passeport de son retour d’une mission à Ndjamena au Tchad. Depuis sa démission, le jeune politicien semble avoir perdu ses repères. Face au désespoir, et n’ayant pas pu récolter les fruits de sa trahison dans le délai escompté, il serait obligé de multiplier des histoires à dormir debout pour déjeuner ou dîner chez un baron du MCU ou supposé comme tel.

Apparemment, cela deviendrait un problème de survie. La nouvelle « personnalité politique indépendante » ne saurait plus quoi inventer pour attirer l’attention de Touadéra, Dondra ou de Sarandji, aux dernières nouvelles, selon les conseils d’un émissaire de l’Imposteur de Bangui, ayant appris l’intention de Sarandji de faire ressortir les dossiers de levée d’immunités parlementaires des honorables Ziguélé, Dologuélé et Zingas du placard – Méckassoua étant désormais hors course -, Gazam Betty aurait promis une forte récompense à  un proche de Sarandji, si et seulement si un rendez-vous pouvait lui être organisé pour rencontrer le PAN, dans le but de casser du sucre sur AGD, son père nourricier de ces derniers vingt – quatre mois. L’hameçon aurait été mordu, puisque la rencontre entre le PAN et ce dernier serait programmée pour demain.

Affaire à suivre…

La rédaction

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