Centrafrique : « AFFAIRE LEDGER PLAZA BANGUI » : que se passe-t-il réellement à l’hôtel Ledger ?

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L’affaire de l’hôtel Ledger Plaza connaît ces derniers temps un rebondissement époustouflant suite aux manœuvres dolosives de certains voraces aux appétits insatiables qui cherchent à s’emparer de ce bien libyen pour financer leurs réseaux mafieux. C’est ainsi qu’on a assisté à il y a quelques jours à un nouveau feuilleton digne de la mafia sicilienne dont les acteurs ne sont autres que certains représentants libyens auprès de l’ambassade de ce pays ami en République centrafricaine.

Pour rappel, l’hôtel Ledger Plaza est une propriété du groupe LAÏCO qui est un fond d’investissement libyen en Afrique  et possédant au moins 80 hôtels dans les pays africains.  C’est un bien appartenant à la famille Kadhafi. C’est après la mort du Guide Libyen en 2012 que cet hôtel cinq (5) étoiles a été inauguré.

Malheureusement aussitôt après son inauguration, ce joyau architectural est devenu vite une sorte de vache à lait pour certaines autorités de l’époque. Un désordre a commencé à s’y instaurer où l’hôtel s’est transformé de fait en un centre de trafic de tout genre, telle que la vente de diamant et autres pierres précieuses. Véritable contour des business.

Après le changement intervenu au sommet de l’Etat avec l’arrivée au pouvoir de la rébellion Séléka par effraction, les choses ont commencé par aller de mal en pire. Ainsi la nouvelle équipe qui a pris les rênes de cet hôtel en 2014  s’est illustrée par une véritable gestion calamiteuse. L’hôtel s’est aussi vu criblé de dette de l’ordre de 8 à 9 milliards avec les impôts et les domaines qui s’élèvent pour chacun à 1 milliard de FCFA sans compter les dettes des fournisseurs. En plus de cela, 24 chambres ne sont pas déclarées dans le système informatique.

Ledger Plaza Bangui a donc amorcé une véritable descente aux enfers avec des dirigeants qui ne disposent pas d’un plan d’investissement. Pour preuve, une fois au 3è étage de cet hôtel cinq étoiles, la climatisation ne marche plus. Le calvaire des clients de Ledger est un secret de polichinelle. De l’avis de certains d’entre eux, l’eau vendue aux clients n’est pas potable en plus des plats infestes qui leurs sont servis. Il suffit de s’aventurer dans cet hôtel pour sentir les odeurs pestilentes des immondices qui s’y trouvent. C’est sans compter avec la souffrance du personnel de cet établissement hôtelier qui n’avait que ses yeux pour pleurer comme unique lot de consolation.

Il a fallu attendre l’arrivée de la nouvelle équipe de dirigeants nommés par le gouvernement reconnu de Tripoli pour que les choses commencent à s’arranger et à s’éclairer.  Aussitôt installée, l’équipe a fait l’état des lieux pour commencer à résoudre progressivement les problèmes auxquels se confronte l’hôtel avec l’épuration des dettes, le paiement des arriérés des salaires du personnel voire leur augmentation. Disons que la nouvelle équipe de Ledger Plaza a commencé à redorer son image de marque pour le bonheur des dirigeants de Tripoli.

C’est dans ce contexte que quelque temps après, le Chargé d’Affaire de l’ambassade de la  Libye en Centrafrique, M. Abdulnajed B. SH. SHATEWI installé au même moment que la nouvelle équipe dirigeante de l’hôtel Ledger,  piqué par quel moustique l’on ne sait, a fait volte-face pour brandir des menaces comme quoi, il ne reconnaitrait pas l’équipe dirigeante actuelle.

Mais selon des informations de sources autorisées, la réaction du Chargé d’Affaire découle du fait que l’hôtel détienne un compte garni d’importante somme d’argent dans les livres de la BSIC. C’est pour cela que lui et son réseau composé de certaines autorités libyennes ont pu menacer le Directeur Général de la BSIC pour le sommer de leur libérer le compte.

Devant les menaces de ceux-ci, le Directeur Général de la BSIC a opposé son refus en dépit des pressions de ces mafieux. Appuyé à cela par le refus catégorique des autorités centrafricaines, notamment du Président de la République, du Premier ministre et des forces de l’ordre qui se sont opposés à cette mafia qui est en train d’être mise en exécution par le Chargé d’Affaire libyen et ses complices tapis dans l’ombre.

En clair, leur objectif est de prendre le contrôle des biens libyens en Centrafrique et les dilapider avec la complicité des mafieux de leur clan dont certains occupent des hautes fonctions au sein du gouvernement reconnu par Tripoli.

Pour les autorités centrafricaines, bien qu’étant le bien de l’Etat libyen, l’hôtel Ledger Plaza est un joyau qui fait la beauté du pays, donne du travail aux Centrafricains et contribue à l’économie du pays à travers le paiement des impôts. Seulement les autorités centrafricaines souhaitent que la vente de ce bien se passe dans les normes, c’est-à-dire qu’il faut attendre que ce soient les nouvelles autorités qui seront investies après la tenue de l’élection en Libye qui puissent procéder par sa vente. Et ce n’est que normal car, les deux pays entretiennent des bonnes relations qui ne doivent pas être entachées d’aucune irrégularité.

La position des autorités centrafricaines consiste à barrer la route à certains faussaires libyens impliqués dans  le groupe de blanchiment d’argent et d’or avec des organisations internationales afin de s’accaparer de cet hôtel et financer le terrorisme et les groupes armés en Libye et pourquoi pas en Centrafrique.

C’est le cas de Oumar Ali Mehemed Rhuma, Directeur Général de LAÏCO Tunisie qui s’est vu dans le passé, interdire à deux reprises la venue à Bangui, mais qui a pu s’infiltrer dans la dernière mission parmi la délégation libyenne qui vient de séjourner à Bangui ces derniers temps. Que cherche-t-il exactement en Centrafrique ?

C’est donc à l’issue de cette mission que Oumar Ali s’est autoproclamé Directeur Général de Ledger Plaza Bangui au grand dam de l’actuelle équipe dirigeante. A noter que ce dernier s’est illustré  dans des pratiques mafieuses au sein du groupe LAÏCO. Il susurre qu’il vient de vendre un autre hôtel du groupe LAÏCO au Burkina Faso. Autant dire que ce monsieur serait en mission commandée dont on ignore encore le but. L’on raconte que depuis son arrivée, il tient régulièrement des réunions secrètes avec des personnes de moralités douteuses au sein même de l’hôtel. Selon les dires, c’est un monsieur dangereux habitué à financier des groupes armés en Libye voire dans toute l’Afrique. C’est grâce à la vigilance des autorités dirigeantes de Centrafrique avec la clairvoyance des forces de l’ordre que l’on a pu mettre la main sur cet individu pour qu’il soit placé en résidence surveillée en attendant la suite de l’enquête judiciaire ouverte contre lui. D’ailleurs en Centrafrique le président Touadéra a fait de l’impunité son cheval de bataille. Il ne laissera donc pas le désordre s’installer dans son pays et contaminer ses compatriotes.

Avec cette mise à la résidence surveillée, le public sait désormais que Abdulnajed B. SH. SHATEWI et Oumar Ali Mehemed Rhuma sont les deux têtes de ponte de certains mafieux qui utilisent leur position auprès du gouvernement reconnu de la Libye pour se livrer à une grande mafia. Assurément le précurseur de ce réseau mafieux en Centrafrique est le Chargé d’Affaire arrivé premièrement en Centrafrique et a voulu jeté son dévolu sur le compte de Ledger Plaza qui sous surveillance. Les autorités libyennes ont intérêt d’accréditer de personne de bonne moralité afin de ne pas donner un coup à la relation diplomatique qui les lie avec les Centrafricains. Les agissements de ces deux Libyens prouvent qu’ils ont un agenda dont ignore encore l’existence.

Pour les observateurs, il s’agit d’une bonne nouvelle puisqu’au nom des liens d’amitié et de fraternité  qui lient depuis longtemps  la Centrafrique et la Libye, les autorités centrafricaines n’entendent pas laisser libre-court à certains mafieux qui veulent profiter des troubles en Libye pour brader les biens de ce pays ami.

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