Centrafrique : « Affaire Dologuélé, Ziguélé, Méckassoua et Zingas » : Ngon Baba  baisse la culotte et joue au Ponce – Pilate

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Le jeudi 08 avril, l’égorgeur de la séléka Arnaud Djoubaye Abazène, agissant en qualité de ministre intérimaire du ministre intérimaire de la justice et garde des sceaux Jean – Christophe Nguiza, a adressé une lettre au président de l’assemblée nationale Laurent Ngon Baba pour demander la levée de l’immunité parlementaire des députés Dologuélé, Ziguélé, Méckassoua et Zingas. Initiée par le juge d’instruction spécialisé Narcisse Issa, cette note faisait mention des présomptions de culpabilité qui pesaient sur eux, pour des actes de déstabilisation et d’atteinte à la sûreté intérieure de l’état, dans le cadre d’une poursuite judiciaire engagée contre les nommés François Bozizé Yangouvonda, Thierry Maléyombo et Autres.

Selon une information diffusée par RNL le mardi 13 avril, les 15 députés membres du bureau de l’assemblée nationale se sont retrouvés pour déclarer la recevabilité de cette fameuse lettre et convenir de la mise en place d’une commission ad hoc, conformément aux dispositions de l’article 119 de la loi organique portant règlement intérieur de l’assemblée nationale. Et le reporter de décrire et commenter pour l’information du grand public le déroulement des travaux de ladite commission. Seulement voilà, le recours à la procédure formellement édictée par l’article susmentionné, tel que soutenu becs et ongles par notre confrère, ne peut incontestablement se justifier que si les conditions requises légalement et développées par les dispositions de l’article 118, en ce qui concerne la levée de l’immunité d’un député, sont préalablement satisfaites et acceptées par tous. Or, non solum les mis en cause, à savoir les députés Dologuélé, Ziguélé, Méckassoua et Zingas ne se retrouvent pas du tout dans les liens de ces conditions, sed etiam la saisine du président de l’assemblée nationale directement par l’un des assassins du bébé Amin et de sa maman Assan, en la personne du frère – cadet de Michel Djotodia, en sa qualité de ministre intérimaire du ministre intérimaire de la justice, est manifestement contraire à la procédure établie et aux us et pratiques en la matière.

En effet, il est tout simplement fort étonnant que la lettre de demande de la levée de l’immunité parlementaire de ces députés ait été rédigée, signée et transmise directement au président Laurent Ngon Baba par le ministre intérimaire de la justice et garde des sceaux, alors que les us et pratiques, auxquels nous sommes habitués tout au long de cette 6ème législature finissante, ont conféré cette compétence et ce pouvoir exclusivement à son collègue en charge du secrétariat général du gouvernement en relations avec les institutions. Ce qui signifie en français facile que ce dernier est la seule autorité publique dans le gouvernement  investie de la plénitude de l’exercice des pouvoirs de transmission des décisions prises en conseil de ministres au président de l’assemblée nationale pour « traitement ». Malheureusement, ce n’est pas ce qui a été scrupuleusement observé. Ce faisant, c’est – à – dire en se substituant au ministre en charge du secrétariat général du gouvernement pour agir de la sorte, non seulement l’égorgeur de la séléka Arnaud Djoubaye Abazène a manifestement violé cette procédure, mais surtout a substantiellement contribué à entacher son acte d’irrégularités manifestes par cette manière délibérée de contourner la voie régulière et légale à suivre.

Pis, cette flagrante et inadmissible violation de la procédure a été minutieusement préparée par le 1er juge d’instruction spécialisé Narcisse Issa dont le nom est régulièrement cité parmi les magistrats du siège les plus corrompus de sa promotion qui ne disent pas la loi au nom du peuple, en âme, conscience et en toute responsabilité, mais qui rendent plutôt service aux politiques et à des criminels à col blanc comme Firmin Ngrébada et ses amis russes. Sur leurs instructions et conformément aux consignes reçues lors des multiples réunions nocturnes auxquelles il a pris part, le « Goula » a décidé de ne pas tenir informés ses supérieurs hiérarchiques de cette procédure comme l’exigent les règles de l’art, dans toute administration digne de ce nom. Ni le doyen des juges dont il relève administrativement, ni le président du tribunal de grande instance de Bangui, ni le président de la cour d’appel de Bangui, ni le procureur général près la cour d’appel de Bangui n’ont été régulièrement saisis. Il a allègrement ignoré ces étapes dont le respect est de nature à garantir la régularité, la transparence de la procédure et une bonne administration de la justice. Il les a donc court – circuités et s’est passé de leurs expertises et de leurs visas pour faire parvenir directement sa lettre au criminel de la séléka Arnaud Djoubaye. La suite, nous la connaissons !

Tel que développé ci – dessus, le grand public centrafricain s’attendait tout naturellement à ce que le bureau de l’assemblée nationale pût déclarer irrecevable en toute objectivité cette lettre de levée de l’immunité parlementaire des députés Dologuélé, Ziguélé, Méckassoua et Zingas. Mais aussi invraisemblable et inacceptable que cela puisse paraître, l’homme de paille Laurent Ngon Baba toujours à la manœuvre pour le pouvoir de Bangui a décidé de baisser la culotte et de jouer au Ponce – Pilatisme. Dans l’Évangile, n’a – t – il pas été rapporté que Ponce Pilate se lava les mains pour signifier qu’il dégageait sa responsabilité lors du procès de Jésus ? Le Ponce- Pilatisme  n’est – il pas effectivement l’ « attitude de celui qui dégage sa responsabilité en usant d’arguments spécieux » ? C’est, en réalité, cette même sentence que Ngon Baba a rendue, le mardi 13 avril. Car la recevabilité de cette demande n’a pas été prise par le bureau, comme l’a annoncé le reporter de RNL, mais décidée plutôt par ce dernier, en outrepassant lui aussi la procédure administrative, les us et les coutumes parlementaires et en annonçant à la presse par le procédé d’un passage en force qu’il allait confier cette fameuse demande à la commission ad hoc, conformément à l’article 119 du règlement intérieur de l’assemblée nationale, parce qu’il savait pertinemment que s’il avait sollicité l’avis du bureau, il aurait reçu en pleine figure une fin de non – recevoir.

Fort de tout ce qui précède et face à cette conspiration en cours, les mis en cause doivent, par conséquent, unir toutes leurs énergies pour contrecarrer cette cabale politico – judiciaire lancée contre eux, en se référant à la 1ère procédure « Narcisse Issa Bedengba » mise en échec et renvoyée dans les poubelles par le bureau de l’assemblée nationale sous la gouvernance du président Abdoul Karim Méckassoua, et en appelant tous leurs militants à la mobilisation et la résistance tant à Bangui qu’à l’intérieur du pays.

Jean – Paul Naïba

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