Centrafrique : « Affaire des deux journalistes de l’AFP » : c’est Touadéra et son neveu Mbata, selon des sources policières

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Depuis l’arrestation des deux journalistes français de l’AFP, le samedi 15 juin 2019, en marge de la manifestation organisée par le Mouvement « E Zingo Biani », ni annulée et ni autorisée par le ministre de l’intérieur en charge de la sécurité publique, et au lendemain du tollé soulevé dans les médias par les actes de violence inouïe et de brutalité policière dont ils ont été victimes de la part des coupe – gorges de l’OCRB, toutes les caméras et les critiques sont braquées vers un homme : le général Wanzet Linguissara.

S’il est tout naturellement incontestable qu’en sa qualité d’autorité politique et administrative dont relève cette institution policière, il ne peut ne pas être tenu responsable des instructions de répression  données aux FDSI ce jour – là, il n’en demeure pas moins cependant qu’il n’aura été qu’un simple exécutant, dans ces graves événements, marqués par le recours à l’usage de la force et des tirs à balles réelles sur des manifestants et des populations à mains nues.

En effet, selon des informations dignes de foi et émanant de sources policières, la responsabilité de ce qui s’est passé incomberait tout simplement au président de la République et au ministre de la justice et garde des sceaux, son neveu Mbata. Ces sources affirment qu’ ayant été mécontent du ministre de l’intérieur en charge de la sécurité publique et plus exactement de l’accord juridique par lui donné à la demande à lui adressée par les organisateurs dudit meeting, Touadéra qui se trouverait en ce temps – là à la Haye au Pays – Bas, aurait directement instruit Mbata aux fins non seulement d’annuler sa tenue par un communiqué, mais surtout de prendre toutes les mesures, aussi robustes et illégales soient – elles, contre tous ceux qui tenteraient de se retrouver, le moment venu,  aux abords du terrain de l’UCATEX. C’est donc en stricte application des instructions reçues que ce dernier  a d’abord rédigé ce fameux communiqué, décrié par tous, dont les termes lui ont été dictés au téléphone par une autre personne, et qu’il l’a ensuite soumis à son collègue  Wanzet « pour signature et exécution ».

Par conséquent, Touadéra que certaines informations ont fait passer pour souffrant et hospitalisé, – ce qui n’était pas du tout vrai –  au moment où les FDSI, les Faca et les éléments de sa propre garde présidentielle s’acharnaient héroïquement contre les manifestants à mains nues qui s’étaient retrouvés dans les parages du terrain de l’UCATEX, les coordonnateurs du Mouvement « E Zingo Biani », le démocrate Joe Ben, sérieusement brutalisé et giflé par le directeur de la CNS avec un PA, selon des témoins, et les deux journalistes de l’AFP violentés à mort et dépouillés de tout, ne  pouvait ne pas être au courant de la bravoure et de l’héroïsme en matière de répression aveugle et de bavures policières délibérées dont ses poulains ont fait montre ce samedi noir.

Du coup, parler de ces actes de graves atteintes aux droits humains et aux libertés fondamentales, c’est parler d’abord de Touadéra, ensuite de Mbata, et enfin de Wanzet. Et cela est d’autant vrai que les responsables des différents organes de sécurité cités ci – dessus reçoivent régulièrement leurs instructions directement du président Touadéra et lui rendent comptes personnellement.

Qui dit mieux ? Les magistrats ne se sont – ils pas  plaints, lors de leur dernière assemblée générale, des actes répréhensibles, à certains d’entre eux, commis par les responsables de la CNS et de l’OCRB et leurs subalternes ? Les deux journalistes de l’AFP n’ont – ils pas été libérés suite aux injonctions données à Mbata par le président Touadéra, après vives protestations des autorités françaises et de l’ambassade de France à Bangui ? Le démocrate Joe Ben n’a – t – il pas été libéré aujourd’hui, au lendemain de la rencontre entre le ministre français de l’Europe et des affaires étrangères, Jean – Yves Le Drian et ce Touadéra ?

C’est  donc Touadéra qui a ordonné le recours aux tirs à balles réelles sur les manifestants et les organisateurs du meeting du 15 juin 2019, au stade de l’UCATEX. C’est donc Touadéra qui a ordonné l’arrestation du démocrate Joseph Bendounga et les mauvais traitements qui lui ont été infligés. Et c’est  donc Touadéra qui a ordonné que les deux journalistes de l’AFP soient violentés, maltraités, humiliés et dépouillés de tout.

Il doit maintenant répondre de ces actes, suite à la plainte de l’Ong RSF qui exige l’ouverture d’une enquête et des sanctions à l’endroit des auteurs de ces violences, et s’attendre logiquement  dans les jours à venir au courroux de la France et de l’UE.

Jean – Paul Naïba

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