Centrafrique : « Affaire Aurélien Simplice Kongbélet Zingas » : quand Ngrébada foule aux pieds les instructions de Sarandji

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Le mercredi 19 mai 2021, le député de la circonscription de Mobaye 1 Aurélien Simplice Kongbélé Zingas et membre de la coalition de l’opposition démocratique dénommée COD – 2020 a été empêché de quitter le territoire national, alors qu’il devait se rendre à Midrand en Afrique du Sud pour prendre part à la quatrième session ordinaire de la 5ème législature du Parlement panafricain, du 19 mai au 5 juin 2021. La décision d’interdiction lui a été signifiée par le commissaire de la police de l’air et des frontières aéroportuaires, et son passeport confisqué. Selon les renseignements de sources policières en notre possession, ce dernier qui prend ses instructions directement du ministre de l’intérieur en charge de la sécurité publique, a agi à la demande du ministre ad interim de la justice et garde des sceaux, l’égorgeur de la séléka, le nommé Arnaud Djoubaye Abazène.

Ces sources ont affirmé et soutenu que cette mesure de restriction de liberté a été prise en application de la lettre de demande de levée d’immunité parlementaire des députés Méckassoua, Ziguélé, Dologuélé et Zingas, transmise par le gouvernement au président de l’assemblée nationale, peu avant la fin de la 6ème législature. Dans ce courrier, faut – il encore le rappeler, le ministre de la justice par intérim Arnaud Djoubaye Abazene, celui dont les mains sont encore maculées du sang des Centrafricains pour avoir été l’une des éminences grises de la Séléka et l’un de ses plus sadiques exécuteurs, a justifié cette procédure par l’impérieuse nécessité de « permettre leurs auditions » dans le cadre d’une poursuite judiciaire engagée contre « l’ex-président François Bozizé », désormais coordonnateur de la rébellion CPC, et son ancien ministre Thierry Savonarole Maleyombo, cadre du KNK, arrêté depuis début janvier.

Poursuivant, le ministre intérimaire dont les ambitions pour le poste de premier ministre devant revenir à un politique de confession musulmane, selon lui au nom du partage de pouvoirs, sont connues de tous et qui ne cesse de multiplier des bavures politico – judiciaires en prenant des décisions à tout – va afin de plaire à Touadéra, a dit agir à la demande du juge d’instruction, car des « présomptions de culpabilité » pèsent contre ces 4 élus, sans plus de précision sur les charges. On sait cependant que la procédure ouverte en janvier contre François Bozizé ainsi que « ses co-auteurs et complices » est liée à la tentative de coup d’Etat dont l’accusent les autorités, au lendemain des attaques perpétrées par les forces de la CPC contre la capitale centrafricaine, le 13 janvier 2021, et porte sur les charges d’« atteinte à la sureté intérieure de l’Etat, association des malfaiteurs, rébellion, assassinats, vols aggravés et complot ».

Depuis lors, les députés Dologuélé, Ziguélé et Méckassoua ont été interdits de sortie du pays. En effet, obligé de se rendre en France en urgence pour des raisons de santé, Anicet Georges Dologuélé qui est arrivé en deuxième position, après les calamiteuses élections du 27 décembre 2020, a été empêché d’embarquer sur le vol AIR FRANCE du mercredi 24 Mars 2021 à Bangui. Quelques jours plus tard, tentant une nouvelle fois de quitter le territoire, ses deux passeports lui ont été retirés. D’après les gentilles indiscrétions d’un diplomate à qui s’est confié Touadéra, « il n’est pas question de le  faire sortir, car il fait l’objet d’une enquête ». Le même traitement a été réservé au président du MLPC Martin Ziguélé, membre de l’Internationale Socialiste et député de Bocaranga 3, qui devait assister, le 2 avril 2021, à la cérémonie d’investiture du nouveau président nigérien. Le samedi 27 mars 2021, tous les deux ont reçu une notification du ministère de la sécurité publique leur faisant formellement interdiction de sortir du pays, suite à leur demande d’autorisation de sortie, sur instructions d’un certain Touadéra. Une décision qui est tout naturellement contraire à la liberté d’aller et venir, consacrée par la constitution du 30 mars 2016 et dont la non – jouissance ne pouvait être restreinte que par un juge d’instruction.

Seulement, si dans les deux cas que nous avons développés ci – dessus, la décision d’interdiction notifiée aux députés Dologuélé et Ziguélé a été faite, suite à la présentation d’une autorisation d’absence et d’une autorisation de sortie, régulièrement délivrées par le président de l’assemblée nationale Laurent Ngon Baba, celle dont le député de Mobaye 1 Aurélien Simplice Kongbélé Zingas vient d’être le destinataire n’est en réalité rien d’autre qu’une invraisemblable réponse du gouvernement dont Firmin Ngrébada a la charge, à un ordre de mission, le tout premier de son mandat, dûment signé par le nouveau président de l’assemblée nationale Simplice Mathieu Sarandji, secrétaire général du MCU. Pour les observateurs avisés de la politique centrafricaine, celle – ci s’apprécie et s’impose de fait comme un acte manifeste de refus d’obtempérer à la décision de ce dernier d’avoir instruit les députés Massikini Mathurin, Ndombet Clément, Kongbélet Zingas Aurélien Simplice, Sall Karim Sédar et Yassindali Rachel, nouveaux membres du Parlement panafricain, de représenter la représentation nationale à la 4ème session ordinaire de la 5ème législature de cette haute institution continentale. Il ne saurait en être autrement tant, nonobstant le caractère délicat et fondé de leur demande, les démarches des députés Ziguélé et Dologuélé demeurent personnelles et expressément motivées par des raisons relevant de la vie privée ou partisane de l’un et de l’autre ; ce qui n’est pas le cas du député Zingas et Autres qui sont investis d’une mission officielle, émanant de la deuxième institution de la République, et dotés d’un ordre de mission. De ce qui précède, il est difficilement soutenable que la décision d’interdiction de sortie du territoire national notifiée au député Zingas ne soit pas considérée comme un acte de rébellion contre la décision d’une personne dépositaire d’une autorité publique.

Bien entendu, la posture adoptée par le premier ministre Firmin Ngrébada dont la hantise pour le président de l’assemblée nationale Simplice Mathieu Sarndji ne souffre d’aucune contestation, doit avoir impérativement des conséquences plus ou moins difficiles voire fâcheuses et fort regrettables pour notre pays, au regard des enjeux que représente la participation de la délégation centrafricaine à cette 4ème session ordinaire de la 5ème législature du Parlement panafricain. En effet, selon des informations en provenance des sources proches du bureau de l’assemblée nationale, le président Simplice Mathieu Sarandji a tout mis en œuvre, à travers un travail de lobbying, pour que le poste du 1er vice – président revienne à la République centrafricaine. Or, la personne qui doit porter cette candidature, la défendre et l’obtenir, se trouve être celle – là qui est bloquée à Bangui pour des raisons « farfelues » et politiques, après avoir siégé pendant plus de 5 ans dans ce Parlement. Quel gâchis, donc, pour la République ? Et tout ça pour ça !

Et ce n’est pas tout, car les 4 élus de la nation, mais appartenant tous au MCU du fait du débauchage des uns et des autres, qui ont été autorisés à partir, devront être assujettis aux dispositions du Protocole du Parlement panafricain, en son article 5.1 (5). Sa lecture résonne comme une sévère sentence  déjà prononcée à l’endroit de cette délégation : « Chaque délégation d’un pays doit être composée nécessairement d’au moins un opposant et au moins une femme ». Ad rem, l’unique opposant dans la délégation centrafricaine ayant été empêché de quitter le territoire national, il y aura tout simplement lieu que le Parlement panafricain puisse faire application de ces dispositions et déclarer indésirables ces 4 touristes partis de Bangui avec des frais de mission pour Midrand. Une fois de plus, où est la place de la République et du peuple dans cette décision ?

Imamiah – Imhotep Yamalet

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