Centrafrique : Affaire « Arrestation du ministre Reboas en Corée du Sud »: Quand la Radio Ndeke Luka se décrédibilise

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CENTRAFRIQUE : AFFAIRE « ARRESTATION DU MINISTRE REBOAS EN COREE DU SUD » : QUAND LA RADIO NDEKE LUKA SE DECREDIBILISE
Suite à la nouvelle qui a fait le tour du monde concernant l’arrestation et la garde à vue de sieur Aristide Briand Réboas, ministre centrafricain de la Jeunesse, des sports et de l’éducation civique, dans un service de police à Séoul, la capitale de la Corée du sud, où il prend part à une rencontre internationale des ministres des secteurs de la Jeunesse et de l’Education depuis le week-end dernier, et comme dans la seule intention manifeste et suspecte de démentir l’information, la Radio Ndèkè Luka a cru devoir contacter quelques personnalités du pouvoir pour, dit-elle, « vérifier l’information ».
Et ignorant le principe de la solidarité gouvernementale sinon de l’Exécutif dans ce genre de situation qui met en difficulté un ministre membre du gouvernement, Radio Ndèkè Luka (RNL), dans sa diffusion de ce mercredi 06 juillet 2022, s’est contentée uniquement de ce que lui ont dit la ministre des Affaires étrangères (le plus grand inculte en diplomatie et le plus incompétent des ministres des AE dans l’histoire de la diplomatie centrafricaine), le ministre conseiller porte-parole de la présidence de la République, le journaleux Albert Mokpème Yaloké, l’homme des 400 coups de l’Imposteur de Bangui, qui n’aurait pas dû être là, et le ministre de l’Enseignement supérieur Pr Jean-Laurent Sissa-Magalé qui a fait le voyage coréen avec le ministre Réboas.
Scandaleusement et curieusement, dans l’interview au ministre Jean-Laurent Sissa-Magalé accordée par RNL, il apparait que le ministre Aristide Briand Réboas se trouverait à ses côtés. Si tel était réellement le cas et devant une si importante affaire, pourquoi la Radio Ndèkè Luka n’a pas demandé au ministre Sissa-Magalé de lui passer le ministre Réboas pour répondre lui-même à ses questions ? Si cette radio était sérieuse et les journalistes qui se disent en lutte contre les fausses nouvelles étaient réellement professionnels, et au cas où les deux membres du gouvernement ne se trouveraient pas ensemble au moment où la Radio Ndèkè Luka était en contact téléphonique avec la Corée du sud, pourquoi ce journaliste de RNL n’a-t-il pas demandé au ministre Jean-Laurent Sissa-Magalé de lui communiquer le numéro local ou international (rooming) de son collègue Réboas pour l’interroger directement? Car en fait, seule la voix du ministre Réboas devait nous convaincre que ce dernier est en liberté et mettre fin au doute !
In hoc casu, n’ayant pas eu le ministre Réboas en personne au téléphone, les journalistes de la Radio Ndèlè Luka, s’ils étaient vraiment des professionnels, auraient dû : -insister auprès du ministre Sissa-Magalé pour avoir son collègue Réboas même à midi ou le soir, en prenant soin de laisser un moyen de contact sûr et permanent de la Radio Ndèkè Luka ou des journalistes en charge du dossier ; -chercher à contacter directement le ministre à problème par tous les moyens de contact (téléphone mobile, mail, Whatsapp, Messenger, Skype ou Instagram) avant d’aviser. S’il ne parvenait pas à joindre le ministre ce mercredi, ils pouvaient revenir à la charge le lendemain c’est-à-dire le jeudi. Le tout c’est d’avoir la voix du ministre Réboas. C’est d’ailleurs ce que la Radio Ndèkè Luka avait fait dans les années 2006 ou 2007 lorsqu’on lui avait dit que l’ancien président Ange Félix Patassé était décédé au Togo. Elle avait patienté et tout fait pour avoir Patassé en direct, car seule la seule voix de ce dernier pouvait convaincre. Et Patassé avait répondu en direct à la Radio Ndèkè Luka.
Alors, pourquoi Ndèkè Luka n’a pas patienté et insisté pour avoir en direct le ministre Réboas ? Sissa-Magalé est-il le porte-parole de Réboas ? Et le ministre centrafricain de l’Enseignement supérieur pouvait-il dire autrement que ce qu’il a dit, sachant qu’il est tenu par le principe de la « solidarité gouvernementale » à ne pas dire ce qui risquerait de porter atteinte à l’image de son collègue ? Et pourquoi les journalistes de la Radio Ndèkè Luka n’ont-ils pas cherché à avoir la version du directeur de cabinet du ministère de la Jeunesse et des sports qui est le premier collaborateur direct du ministre Réboas ? Franchement, Ndèkè Luka est en train de tomber très bas depuis le départ de Mme Sylvie Panika de la direction. Car ce que les journalistes de ce mercredi ont fait n’est pas du tout professionnel. Cela sent du gombo.
S’agissant de cette affaire, pour aller à l’essentiel en ce qui nous concerne et indépendamment de ce qu’ont dit les uns et les autres, nos sources locales et véritablement indépendantes révèlent ceci :
1- Le forfait d’Aristide Briand Réboas en Corée du sud remonte dans les années 2016- 17-18, au moment où il accompagnait la Première Dame à Séoul. Il aurait détourné chez des particuliers plus de 500 millions de won (la monnaie sud-coréenne), équivalent à peu près à 500 mille dollars, profitant de la présence de la Première Dame pour se faire passer pour quelqu’un de crédible. C’était à titre essentiellement privé; 2- Du fait que M. Réboas était incapable de rembourser sa dette, il lui était interdit de mettre pied en Corée du sud au risque d’être arrêté, car il ne répondait plus aux courriers de ses partenaires sud-coréens qui lui rappelaient son obligation de respecter ses engagements. L’intéressé le savait très bien ; 3-Devenu ministre, il croyait certainement que le passeport diplomatique qu’il détient et qui lui confère de droit une immunité diplomatique pouvait le protéger.  Mais c’est oublier que les Sud-coréens ne sont pas comme les Centrafricains qui ne s’aiment pas entre eux : les dirigeants et employés de l’entreprise envers laquelle M. Réboas s’est mal comporté ont alerté la police quant à ce dossier qui circulait déjà à l’époque dans la presse sud-coréenne. Ils se disaient qu’à l’occasion de cette réunion internationale des ministres africains de la Jeunesse, M. Réboas, dont ils avaient entendu qu’il était devenu ministre en charge de la Jeunesse dans son pays, allait y participer ; 4-Dès l’arrivée de M. Réboas à Séoul, la police aéroportuaire n’a pas eu de difficultés à l’identifier vu sa taille, sa forme, sa démarche et ses multiples photos de l’homme qu’elle détient. Il a été mis en garde à vue et se trouve entre les mains de la police jusqu’en ce moment où nous mettons sous presse avant de mettre notre article en ligne; 5-un employé de l’entreprise qu’il a escroquée aurait fait du bruit autour de ça à Séoul ; 6-Des experts coréens qui revenaient d’une mission à Bangui et qui sont rentrés à Séoul il n’y a pas longtemps regrettent ce qui s’est passé car cela pourrait, d’après eux, « ternir le visage de la RCA et faire perdre à la RCA d’importants dons du gouvernement sud-coréen : bourses d’études et financements de plusieurs projets agricoles… » (sic) ; 7-L’ organisation International Youth Fellowship en abrégé IYF, qui a invité les deux membres du gouvernement centrafricain, est considérée comme une secte en Corée du sud à cause de la moralité très douteuse de son fondateur qui est un Pasteur impliqué dans des pratiques et trafics très louches ; 8- Plusieurs sources présidentielles à Bangui ont confirmé l’affaire sous le couvert du strict anonymat, ce que tout bon journaliste doit respecter, et ce n’est nullement un péché, un délit ni une faute professionnelle que de ne pas dévoiler ses sources d’information qui sont précieuses.
A ce propos, il faut noter que le ministre conseiller Albert Mokpem Yaloké n’est pas la seule source d’information de la présidence de la République centrafricaine. Et même si c’était le cas, il faudrait s’interroger sur la crédibilité de ce qu’il dit à la presse. En outre, à supposer que la ministre centrafricaine des Affaires étrangères Mme Sylvie Baipo Témon soit saisie de l’affaire, elle ne va pas exposer son collègue Réboas au premier journaliste venu. A preuve: lorsque Ousman Mahamat Ousman, alors ministre conseiller de Touadéra à la présidence de la République était arrêté à l’aéroport de Douala (Cameroun) avec une importante quantité de diamants et mis en prison, le ministre centrafricain des Affaires étrangères et le porte-parole de la présidence de la République n’avaient jamais communiqué là-dessus. Et on connait la suite.
En fait, apparemment, seuls les journalistes de la Radio Ndèkè Luka ne savent pas encore tout cela. Sinon, que disent-ils des « gentilles indiscrétions » courantes au Vatican? Faut-il forcément révéler des sources d’information pour qu’on sache qu’on dit la vérité ? Les « enfants » de la Radio Ndèkè Luka doivent revoir leur copie et leur méthode de travail. Leur tendance à dire le mal des autres médias pour se présenter comme les seuls meilleurs n’est ni professionnelle, ni amicale, ni productive. On se connait tous dans ce pays et ce métier. Combien de ce genre de journalistes n’a-t-on pas viré de la Radio Ndèkè Luka pour manquement professionnel grave? Et on n’est pas loin de là au vu de ce que nous avons démontré. Le travail à la va-vite n’est pas professionnel et Ndèkè Luka risque de perdre un grand crédit dans cette affaire. Parce qu’ils sont loin de savoir la qualité et la crédibilité de la moralité de ceux qui ont fait fuiter cette information qui relève, je tiens à le préciser, de plusieurs milieux hautement fiables.
J’ai envie de dire à ces donneurs de leçon de journalisme de la Radio nNdèkè Luka : « ils ont reçu combien pour faire ce qu’ils ont fait hier sur cette affaire » ? Affaire à suivre. Et que Dieu nous prête une longue vie.
Jean Paul Naïba

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