Centrafrique : « Accusation d’empoisonnement du député Yandocka »: le général Izamo connaîtra le même sort que Dr Dédéavodé après l’arrestation du Criminel de Bangui !

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Selon les Avocats du député Dominique Ephrem Yandocka, sur instructions des plus hautes autorités, en l’occurrence le Criminel de Bangui Monsieur Faustin Archange Touadéra, l’inspecteur général des armées le général Izamo, en sa qualité de médecin – militaire et cardiologue, a effectué une contre- expertise du rapport établi par les médecins traitants de Dominique Ephrem Yandocka, à savoir Dr Christophe Maka, cardiologue, et Messager Ngodi, généraliste, en date du 12 avril 2024. Depuis le 13 avril 2024 à ce jour, ces derniers ont décidé de ne plus soigner leur patient. Du coup, leur patient est abandonné à lui – même en fragrante violation de ses droits à la santé, aux soins et au respect à la dignité humaine, conformément au droit international humanitaire.
Cette histoire ressemblerait fort curieusement à celle vécue par Dr Dédéavodé dans l’affaire « Obrou et Autres »! Après la chute de l’empire, il avait été arrêté, jugé, condamné à mort et fusillé en 1981 au Camp Kassaï.
« Au début des années 1950, Bokassa est un parfait inconnu, sergent dans l’armée française. Il a participé au débarquement en Provence et à la bataille du Rhin, avec les Forces françaises libres et se bat en Indochine. A Saigon, il croise une jolie fille Nguyen Thi Hué Ba, née dans la localité de Hué en 1935. Jean Bedel et Hué se marient en Février 1952 puis elle lui donne une fille, Martine, née le 30 Janvier 1953 à Saigon. Suite à la défaite de Diên Biên Phu, l’armée française retire ses troupes et Bokassa quitte l’Indochine le 18 mars 1953 sans avoir le temps de revoir les siens. Renvoyé en France, puis mobilisé sur le front algérien, il laisse Hué et son bébé de 6 mois avec qui il perd tous contacts. Hué élève seule sa fille et lui explique que son père, soldat de l’armée française, ne reviendra plus. Elle se remariera, eu d’autres enfants avant de divorcer en 1966. Quand Bokassa devient Président à la faveur du coup d’Etat de la Saint sylvestre, il entreprend de retrouver Hué et son enfant et demande aux autorités françaises de lancer des recherches. Le Quai d’Orsay envoie un émissaire à Saigon tandis que des avis de recherche sont publiés et diffusés. Une première femme se présente et déclare qu’elle a eu une fille de ses relations avec un sous-officier Oubanguien. Bokassa se déclare convaincu par les photos qui lui sont adressées et envoie un billet d’avion à sa fille retrouvée.
Le 26 novembre 1970, Martine débarque à l’aéroport de Bangui. Bokassa l’accueille en grande pompe, la présente aux dignitaires et au peuple lors des cérémonies marquant la fête nationale du 1er Décembre 1970 rayonnant de joie tandis que les journaux internationaux s’en font l’écho. Un mois après, le quotidien de Saigon Trang Den révèle que de sa propre enquête, il est arrivé à la conclusion que la Martine envoyée à Bangui n’est pas la fille de Bokassa et qu’en la circonstance une manipulation avait été ourdie par le consulat général de France à Saigon tandis que d’autres mettent en cause la CIA. A Saigon les candidates affluent mais l’une d’elles, Madame Nguyen Thi Hue, se présente aux autorités et prouve qu’elle est la véritable épouse de Bokassa. Elle montre des photos où elle est prise aux côtés de Bokassa notamment lorsque celui-ci, blessé, reposait dans un hôpital à Saigon en 1953. Bokassa est convaincu par les révélations de son ancienne femme et l’invite à venir à Bangui avec sa fille le 8 Janvier 1971. Cette fois, les retrouvailles sont plus discrètes bien qu’il ait enfin trouvé l’enfant qu’il cherchait. La presse internationale se gausse de ces mésaventures et Bokassa est furieux d’avoir été trompé par la première Martine, d’autant qu’on vient lui dire qu’elle avait reçu une formation militaire et qu’elle aurait été envoyée par des services spéciaux pour l’espionner ou pour le tuer…mais avec le temps Bokassa se calme. Les gens prirent l’habitude d’appeler la dernière arrivée « Martine Kota » parce qu’elle était légèrement plus grande que l’autre qui devient « Martine Keté » ou la « fausse Martine ».
Le 22 février 1971, à l’occasion de son cinquantième anniversaire, Bokassa décide d’adopter la fausse Martine puis proclame que tout Centrafricain d’origine peut demander la main de ses filles. Le premier à se manifester est le jeune médecin Jean-Bruno Dédéavodé (formé à l’école d’infirmiers d’Etat à Brazzaville et à la faculté de médecine de Tours) qui brigue la main de la vraie Martine. Les fiançailles des deux jeunes gens, célébrés à Bérengo le 15 juillet 1972 sont suivies en Octobre de celles de la « fausse Martine » avec Fidèle Obrou.
Fidèle Obrou a commandé l’école de formation des sous-officiers au camp Kassaï avant d’être promu second lieutenant le 16 Octobre 1964. Il a supporté le coup d’Etat de la Saint Sylvestre et en fut récompensé dans la foulée en accédant au grade de lieutenant le 15 Janvier 1966. Maurice Espinasse, conseiller juridique à la Présidence et directeur des études à l’Ecole Nationale d’Administration, avait pris Obrou sous son aile et l’introduit dans le cercle restreint des proches de Bokassa. A la suite de son mariage avec la fausse Martine, Obrou est promu capitaine et nommé commandant des forces armées centrafricaines. Le mariage des deux Martine le 30 Janvier 1973 (pour le 20ème anniversaire de naissance de la vraie Martine) donne lieu à des réjouissances pleines de vastes.
Le 3 février 1976, Fidèle Obrou, tente d’assassiner Bokassa à l’aéroport de Bangui. Mais la grenade jetée aux pieds de Bokassa n’explose pas. Ayant réussi à s’échapper, Fidèle Obrou et ses complices sont finalement arrêtés au Zaïre et livrés. Menottés et ensanglantés, ils sont présentés dans la salle de réception du palais de la Renaissance, où Bokassa convoque l’ensemble de sa famille, ses ministres et certains membres du corps diplomatique. La fausse Martine, l’épouse d’Obrou, enceinte, sanglote en découvrant son mari. Catherine pleure aussi mais lance à Obrou : « On s’est toujours doutés, avec papa, que tu n’avais épousé notre fille que pour nous approcher. » Le reste de l’assistance contemple, médusé, les conjurés alors que Dédéavodé se met à frapper et à insulter les prisonniers. Apres un expéditif procès public, organisé dans le palais omnisports qui accueillera plus tard la cérémonie du sacre, Fidèle Obrou, son frère et six autres conjurés sont fusillés tandis que d’autres complices du putsch sont emprisonnés à Ngaragba.
Le 13 Février 1976, jour même où Fidèle Obrou est fusillé, la fausse Martine sa femme, entre à la clinique du Dr Chouaib pour accoucher. Elle pleure son mari qui a été tué au petit matin. Le lendemain, à 6 heures, elle donne le jour, sans difficulté, a un petit garçon qui pèse 3,1 kilos. La maman comme le bébé paraissent en parfaite santé et c’est également en parfaite santé que l’un et l’autre quittent la clinique le 23 février 1976. Une voiture dans laquelle elle monte avec son enfant la dépose au pavillon spécial de l’hôpital général sous l’autorité du Dr Dédéavodé qui demande à ce qu’une perfusion soit faite sur le bébé dans laquelle il injecte une forte dose de tranquillisants pour adulte provoquant ainsi sa mort. L’enfant est enterré en cachette au cimetière de Ndrès, tandis que Martine, en pleurs, regagne la villa Nasser puis Berengo.
Lors de son procès en 1987, Bokassa a affirmé que la fausse Martine avait quitté la Centrafrique pour le Vietnam en 1977 mais plus personne ne l´a jamais revue…
Remplaçant Georges Pinerd, Jean-Bruno Dédéavodé sera lui nommé Ministre de la santé dans le gouvernement impérial du 16 Avril 1978. A la chute de l’Empire, il sera condamné par la cour criminelle de Bangui lors du procès 1980 accusé d’avoir assassiné le nouveau-né de la fausse Martine et d’Obrou et exécuté le 24 février 1981. La vraie Martine qui a eu trois enfants avec Dédéavodé. Elle a fui la République centrafricaine à la chute du régime et n’y est jamais retourné. Elle rejoint d’abord avec sa mère le château d’Hardricourt, dans les Yvelines avant que le gouvernement Dacko n’autorise leurs enfants à les rejoindre en France. Martine se remariera ensuite avec un Camerounais en 1985 avec qui elle a eu d’autres enfants. Elle a ouvert un restaurant vietnamien « Tam Tam Saigon », à l’île Rousse (rue Napoléon), localité corse où elle réside encore ».
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