Centrafrique : à quoi servent les 300 millions de dollars de contributions annuelles des Etats – Unis à la Minusca ?

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Selon une publication de l’ambassade des Etats – Unis en Centrafrique, en date du 21 septembre 2023, il a été rapporté qu’une « mission de suivi du département d’État américain s’est rendue en RCA pour évaluer les progrès de la MINUSCA. Accompagnée d’un conseiller de l’ambassade, la délégation américaine s’est ensuite rendue à Bambari où elle s’est entretenue avec les autorités locales, la société civile et les Casques bleus de la MINUSCA. Les États-Unis contribuent environ 300 millions de dollars par an aux opérations de la MINUSCA, soit 30 % du budget annuel. Les États-Unis sont engagés à améliorer la stabilité en RCA et à assurer le retour définitif d’une paix durable ».
De ce qui précède, nous pouvons souligner sans risque de nous tromper qu’une seule visite à Bambari ne peut servir d’échantillons crédibles à ce que pensent la majorité des Centrafricains de la présence de cette multinationale en République centrafricaine, et  ce qu’ils attendent réellement de son déploiement, depuis 2014 à ce jour. Afin de disposer de plus larges informations représentatives des différentes couches sociales du pays, cohérentes et plus ou moins exactes, cette mission de suivi du département d’Etat américain aurait dû visiter, en sus de la ville de Bambari, plusieurs  autres villes, telles que Bangassou, Bossangoa, Berbérati, Kaga – Bandoro, Bria, Bouar et Ndélé par exemple, occupées jadis par des groupes armés et où sont actuellement déployés certains contingents de la Minusca. Certes, faut – il le souligner, la ville de Bambari qui a trop souffert des affres de nombreuses violences entre les groupes armés et les Faca soutenues par les mercenaires du Groupe Wagner et rwandais, donne aujourd’hui l’apparence d’une ville où les gens vivent en sécurité. Cependant, cette quiétude est précaire du fait que les groupes armés continuent de tenir les communes et les villages environnants.
Cette situation est beaucoup plus accentuée, par contre, dans les préfectures du Mboumou et du Haut – Mboumou où la Minusca a failli à sa mission première qui est celle d’assurer la sécurité des biens et des personnes. A Obo et Bangassou, les contingents marocains sont régulièrement accusés de connivence avec les groupes armés et alimentent la crise en leur fournissant des  équipements militaires et des armes. Le contingent onusien de la République Démocratique du Congo qui étaient plus professionnel et plus respectueux des droits humains, a fini par être accusé d’actes d’agressions sexuelles et, par conséquent, exclu de la Minusca. En réalité, ces vaillants soldats de la RDC ont tout simplement été victimes d’une véritable manipulation minutieusement ourdie par un certain Paul Kagamé qui voulait contrôler toute la partie Est – sud de la République centrafricaine, située en face de la RDC. Aujourd’hui, le Rwanda a déployé dans toute cette zone des contingents rwandais qui volent et pillent tous les jours les immenses ressources naturelles de ce pays, en compensation à l’aide militaire et une certaine assurance – vie, accordées à un certain Touadéra. Lors de sa dernière sortie médiatique dans Jeune Afrique, Paul Kagamé ne s’est pas gardé de le reconnaître avec un rire narquois : « Vous pouvez dire ce que vous voulez dire, mais les faits sont ainsi ». 
A Bouar, Bangui et ailleurs, si les soldats onusiens ne font pas dans les trafics de boisson étrangère, ils sont dans les activités de restauration et de vente de boisson en détails, avec une certaine particularité chez les contingents rwandais qui ont carrément importé de la main-d’œuvre rwandaise. Et qui dit commerce de restauration et de débits de boisson dit prostitution, drogue et trafics en tout genre dont diamant et or. Bénéficiant du parapluie que leur offre la représentante spéciale du secrétaire général de l’Onu, la rwandaise Valentine Rugwabiza qui prend ses ordres, non pas directement de New – York, mais plutôt depuis Kigali, les contingents rwandais arborant fièrement les signes distinctifs de l’Onu collaborent étroitement avec les mercenaires du Groupe Wagner. C’est ainsi qu’ils se sont impliqués dans l’organisation des dernières consultations référendaires, violant au passage l’interdiction qui leur a été faite en la matière par une recommandation du conseil de sécurité, et rendant du coup possible la réalisation d’un véritable coup d’état constitutionnel, le 30 août 2023.
Alors quid de la responsabilité des Etats – Unis dans ce désastre centrafricain ? A quoi servent réellement les 300 millions de dollars de contributions annuelles de ce grand pays de Démocratie à la Minusca ? En mettant la main à la poche,  les Etats – Unis ne doivent – ils pas en retour demander des comptes à ces petits fonctionnaires de l’Onu qui marchent fièrement sur les recommandations de l’assemblée générale de l’Onu, celles du conseil de sécurité et sur les instruments juridiques internationaux auxquels les Etats ont librement et régulièrement souscrit ?
Comme l’a dit The Sentry, derrière les guerres, les atrocités de masse et autres violations des droits de l’homme se cachent corruption et cupidité. Ces tragédies se poursuivent parce que les auteurs de ces crimes jouissent d’un climat d’impunité. Pour promouvoir la paix et la bonne gouvernance, la stratégie de The Sentry est d’encourager l’utilisation d’instruments dissuasifs. Ses enquêtes traquent les flux financiers illicites depuis les zones de guerre vers les centres financiers du monde entier. Elle apporte des éléments documentés et propose des stratégies aux gouvernements, aux services chargés de faire respecter la loi et aux banques pour contribuer à mettre fin au climat d’impunité. Ces efforts visent ainsi à créer un levier en faveur des droits de l’homme, de la paix et de la lutte contre la corruption.
Nous demandons à la mission de suivi du département d’Etat américain de tenir compte de toutes ces recommandations, si les Etats – Unis veulent éviter, à l’exemple de la France qui est contrainte de plier bagages partout, une révolte des Centrafricains contre leurs collaborations et leurs soutiens à l’Imposteur de Bangui et à toux ceux qui occupent de hautes fonctions au sein de la Minusca qui se servent de lui pour s’enrichir, maintenir le pays sous la coupe des mercenaires du Groupe Wagner et rwandais et massacrer la démocratie, la justice, les droits de l’homme et l’Etat de droit.
La rédaction

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