Centrafrique : A quelle époque nos ancêtres seraient – ils arrivés sur ce territoire que les colons appelleront plus tard Oubangui – Chari ?

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La première impression qu’on a de ce pays, c’est la vaste étendue de territoire, c’est la verte végétation constituée de savane et forêt, c’est le vide, c’est l’absence, c’est la carence de toute œuvre humaine ; on ne peut qu’être amenés à dire que depuis l’arrivée de nos “ancêtres” jusqu’à nous descendants aujourd’hui, tout laisse croire, nous n’avions pas encore vécu plus de trois cents (300) ans sur le territoire. Sur 623.000 km2, à l’indépendance sa population avoisinait 1,01 million et au plus 4 ,5 millions d’habitants aujourd’hui.

Notons que le territoire vécu par nos “ancêtres” reste encore aujourd’hui une plaine nature. On ne découvre rien : ni ruines, ni traces, ni marques de leur existence. Un territoire pratiquement tenu en laisse par la nature, impuissant et impavide qui évoque le sentiment de n’être inhabité auparavant par des hommes. Le territoire force l’envie d’occupation à tout arrivant.

Il n’y a aucune trace de puissance culturelle et sociale sur le territoire. Comme ce que représentent les pyramides en Égypte, des marques de puissance culturelle et sociale de ses peuples, avec les tombeaux des rois et des reines, les sarcophages et les constructions, et dans bien d’autres communautés africaines on trouve des objets archéologiques fabriqués des mains de maître des hommes, des traces physiques de vie. Rien ne prouve l’existence de nos “ancêtres” sur leur terre.

Ce territoire, s’il est le nôtre, il est opportun de le conquérir de nouveau et maintenant avec rigueur ; ainsi, nous serions devenus les véritables ancêtres pour les générations futures. Car nos “ancêtres” d’hier ont vécu ici comme des esclaves ayant trouvé refuge, et n’ont pas marqué le territoire d’une empreinte culturelle significative dont serions-nous les héritiers. Nous sommes victimes de ce passé. Notre impuissance venant de ce passé historique, nous colle au dos comme une estampille. Cette impuissance nous accable. Nous nous devrions d’aller plus loin chercher la puissance culturelle par la force de notre intelligence.

A la question posée, on répondrait ceci : certainement nos “ancêtres” viennent d’arriver, pas longtemps ils sont sur le territoire, ils n’ont pas encore eu le temps de se construire que les huttes d’habitations. Ils faisaient la chasse, la pêche, la cueillette et cultivaient la terre pour vivre. On n’y découvre pas d’importants indices sur leur existence. Nos “ancêtres” n’ont rien laissé comme objets d’arts ou des empreintes sur des rochers, sur des arbres, dans des grottes, témoins de créativité, de maturité, de l’occupation du territoire.

Ils étaient préoccupés par la guerre : par exemple les mandjas et les bandas vivaient dans un fratricide monstrueux. Ils se guerroyèrent pour les récoltes, pour arracher les jeunes filles et les jeunes garçons de l’autre groupe, les filles pour en faire des femmes et les garçons de jeunes guerriers. Ils luttaient contre l’esclavage très désastreux causé par les arabes venus du nord (le livre “dernier survivant de la caravane” de GOYEMIDE Etienne en fait un bel récit), celui des négriers français, portugais et espagnols, pour ne citer que ceux-là et puis les travaux forcés de la collecte du caoutchouc, travaux pénibles et épuisants. Dans les terres occupées par ces deux grandes ethnies désormais unies par le lien linguistique et de mariage, ils ont vécu drames et calvaires ; les mandjas et les bandas n’ont rien construit, même leurs structures traditionnelles ont disparu.

Le Président Dacko dans un meeting, disait-il : nous n’avions plus de structures traditionnelles, nous devrions de vivre désormais comme des “ Français ». D’ici la naissance de Centrafrique. A l’indépendance, la population était moins d’1 million d’habitants.

De façon irrévocable, le Centrafrique le pays des immigrés, et ils continueront d’arriver. Il faut leur opposer la démocratie. Le fondement de la démocratie c’est l’égalité devant les droits et les devoirs. Cette égalité explique que chacun vaudra autant que l’autre et l’autre vaudra autant que lui.

L’État-tradition doit cesser d’émettre sur notre société afin d’offrir plus d’horizons à notre pays et ainsi va le monde.

La terre, on la vit et puis on la quitte définitivement. Donc l’essentiel, c’est de parvenir à maintenir par tous les moyens ce qui peut être une société humaine, vivable et viable pour tous. Les Autorités publiques doivent prendre, avec beaucoup de clairvoyance et de sérénité, le problème de la transformation de notre société au sortir de cette crise pour ne plus retomber dans les mêmes travers.

A chaque humain un droit, c’est le droit aux moyens du savoir, à la santé, au travail, à l’amour. A charge aux institutions d’organiser la sécurité. L’État doit faire de la discrimination un crime contre l’égalité et la dignité.

Les volontés doivent se traduire par la mise en place d’une forme de société la plus organisée possible avec des institutions qui seront chargées de mettre en œuvre les droits et les devoirs de chacun.

L’État doit disposer partout des moyens de préserver l’éducation et la culture en matière d’enseignement et tout en respectant les modes de vie des uns et des autres car beaucoup arriveront avec leurs croyances. L’État doit réinstruire et encourager les espaces de dialogue et de communication qui existent et créer des institutions dédiées dans le but essentiel de relancer la dynamique de rassemblement en stimulant les synergies des élans de solidarité et traiter les affaires d’intérêts entre les communautés.

C’est aux Centrafricains d’aujourd’hui et c’est à eux de construire le pays pour le transmettre aux générations futures. Les ancêtres d’hier, c’étaient des réfugiés esclaves, ils sont morts ici sans laisser de traces.

Le Centrafrique, le pays que l’on cherche désespéramment à créer, n’a pas encore d’ancêtres. Sur le plan philosophique et moderne, il est âgé de 60 ans pour faire des ancêtres. L’Oubangui, pour toute la profondeur réunie de son existence, n’a rien à voir avec le Centrafrique. Le Centrafrique est à bâtir avec amour, avec ouverture d’esprit et d’intelligence.

Rien ne justifie l’occupation du sol par la seule présence, qu’elle soit ethnique n’est pas aujourd’hui suffisant, c’est juste un processus de sédentarisation. C’est la construction du territoire qui fait un pays. Nos grands-parents les oubanguiens ne sont pas nos ancêtres, ils ne nous ont pas laissé de culture solidifiant nos intelligences, ils appartenaient à une autre société ; par exemple mes parents géniteurs n’avaient aucun papier administratif déterminant leur identité. Ils sont morts dans la méconnaissance totale de l’Oubangui-chari et de Centrafrique.

Il n’y a aucun plaisir à la stigmatisation mais assouvir un dégout contre notre impuissance culturelle, n’en reste pas moins. La pente naturelle, à vrai dire serait de nous diriger plutôt vers l’ouverture d’esprit, la puissance de la république, de lutter contre toutes formes de faiblesse culturelle et sociale, d’être rassemblés et travailler ensemble à se relever que de supporter sans protester notre situation de dépendance extérieure.

A ce jour, le Centrafrique n’est pas encore devenu une société c’est-à-dire une association politique socialement constituée.

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