Centrafrique: à Bangui, des consommateurs traumatisés par des ventes de produits alimentaires avariés

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En Centrafrique, le ministère du Commerce multiplie les opérations de saisies et de destructions de produits périmés et avariés, suite à des plaintes des consommateurs victimes de ces pratiques commerciales dangereuses. Certains, rencontrés à Bangui, font part de leur grande méfiance suite à des problèmes de santé. Reportage.

Avec notre correspondant à Bangui, Rolf-Steve Domia-leu

 

En Centrafrique, le ministère du Commerce poursuit les opérations de saisies et d’incinération des produits alimentaires périmés et avariés. Il s’agit des produits pharmaceutiques, de boites de conserves, de boissons et de viandes pourries. Cette vaste opération intervient suite aux multiples plaintes des consommateurs qui subissent déjà les effets secondaires liés à la consommation de ces produits.

Au centre-ville de Bangui, par exemple, presque tous les consommateurs rencontrés sont sous le choc. Michel, un père de famille, hésite à rentrer dans un supermarché pour faire ses courses. « C’est vraiment dangereux d’acheter des produits alimentaires dans les supermarchés et les boutiques à l’heure actuelle, lance-t-il. Certains commerçants falsifient nuitamment les dates de péremption des boissons, des boites de conserves, des huiles végétales et bien d’autres. Je n’ai même plus envie d’entrer dans les supermarchés ».

« Nous avons encore beaucoup à faire »

La consommation de ces produits comporte des risques. Eudoxie et sa famille font partie des victimes. « Il y a trop de maladies liées à la consommation de ces produits à Bangui et je constate les répercussions sur mes enfants, assure-t-elle. Cela se caractérise par des vomissements, la diarrhée et les maux de ventre. C’est une véritable intoxication alimentaire ».

Face à ces multiples plaintes, les autorités passent à la vitesse supérieure. Des milliers de produits périmés et des viandes avérées ont été saisis dans les lieux de vente. Gervais Mbata, ministre des Eaux et forêts, déplore : « Cette saisie prouve à suffisance que nous avons encore beaucoup à faire. Des gens sont en train de décimer tout ce qui reste des ressources naturelles. C’est un réseau que nous pensons que nous devons approfondir des investigations. Parce que si on continue sur cette lancée, je crois qu’on n’aura plus rien à laisser à la génération future. »

Une poursuite judiciaire est actuellement ouverte contre ces vendeurs de produits périmés.

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