Centrafrique : « 29 mai – Journée internationale des casques bleus »: quand les casques bleus avaient fui à Alindao et continuent de fuir aujourd’hui face au Groupe Wagner et aux russes noirs de Hassan Bouba et Touadéra !

0
72

Depuis 76 ans, les Casques bleus des Nations Unies œuvrent pour sauver et changer la vie de personnes dans les situations politiques et sécuritaires les plus fragiles du monde. Depuis 1948, plus de deux millions de militaires et de civils ont aidé des pays à passer de la guerre à la paix. Aujourd’hui, plus de 70 000 Casques bleus servent dans 11 missions déployées dans des zones sensibles à travers le monde. Célébrée sous le thème « Prêts pour l’avenir, mieux construire ensemble », la Journée internationale de cette année se penche sur les contributions inestimables que les militaires, les policiers et les civils des opérations de maintien de la paix ont apportées au cours des sept dernières décennies. Elle incarne l’esprit de progrès et d’action collective pour créer un monde plus égalitaire, juste et durable.

Déployée depuis 2014, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation de la République centrafricaine (MINUSCA) cristallise l’hostilité des Centrafricains, qui se traduit par des manifestations publiques et des discours virulents multiples. La « Minuscaphobie » centrafricaine s’inscrit certes dans la recherche d’un bouc émissaire mais elle repose en grande partie sur les déficiences réelles et avérées de la mission onusienne.

En effet, depuis le déploiement des « Affreux Blancs » du Groupe Wagner et des forces spéciales rwandaises en 2018 et 2020, conformément à des accords bilatéraux, « l’impopularité de la MINUSCA n’a cessé de croître et de prendre des formes et expressions diverses, au point de faire de la « Minuscaphobie » un des rares sujets consensuels parmi les Centrafricains », comme l’avait dit Thierry Vircoulon de l’IFRI, en mars 2022. Cette Minuscaphobie repose tout simplement sur le fait que la Minusca n’est plus cette Mission multidimensionnelle telle que voulue par l’Onu en 2014, chargée de veiller à la protection des populations civiles. Avec la nomination de la rwandaise Rugwabiza Valentine à sa tête par Antonio Guterres en février 2022, elle est devenue un véritable outil international de diplomatie aux services de Paul Kagamé et des mercenaires du Groupe Wagner. En contrepartie de l’assurance – vie que ces forces non – conventionnelles offrent à l’Imposteur de Bangui, la Minusca s’est métamorphosée en une gigantesque machine d’occupation et de pillages des ressources minières et forestières de la République centrafricaine.

De ce fait et par ce fait, elle laisse faire ces forces étrangères, assiste à des scènes de massacres des populations civiles et se contente de demander à la Division des Droits de l’Homme de documenter les faits et les crimes perpétrés. C’est ainsi qu’elle a délibérément fermé les yeux sur de nombreux actes de violations des droits humains, tant décriés par les médias locaux et internationaux, d’une part, et tant révélés par les rapports des ongs, d’autre part, a accompagné l’Imposteur de Bangui dans l’organisation du référendum constitutionnel de juillet 2023, en mettant à sa disposition des moyens matériels et logistiques de l’Onu, et s’est honteusement tue sur la politique de rétrécissements de l’espace politique, civique et médiatique, depuis lors institutionnalisée dans le pays.

Au moment où nous célébrons ce jour, le mercredi 29 mai 2024, la Journée Internationale des Casques Bleus, il est de notre responsabilité de porter à la face du monde ce qui se passe en République centrafricaine, loin des grandes caméras du monde : la totale démission des soldats onusiens de leurs missions premières qui ont pour noms « Paix, Sécurité et Protection des populations civiles ». De Yaloké à Boromata, en passant par Kaga – Bandoro à Obo et  Zémio, il ne se passe plus un seul jour où il est rapporté des cas d’attaques des chantiers miniers et  des villages, de tueries de masses, de tortures, de disparitions forcées, d’enlèvements et séquestrations contre le paiement des rançons,  d’incendies des villages et greniers, de violences sexuelles,  de vols et de pillages des biens  par des russes noirs à la solde de Touadéra et Hassan Bouba, sans que les contingents de la Minusca présents dans ces zones ne puissent intervenir.

En Centrafrique, parler du 29 mai  et de la Journée internationales des casques bleus, c’est tout simplement rappeler ce qui s’est passé à Alindao quand les casques bleus avaient fui, le 15 novembre 2018, devant les éléments de la Séléka de l’UPC, sous le commandement d’un certain Hassan Bouba. Ce jour – là, Hassan Bouba qui est actuellement ministre dans le gouvernement de Félix Moloua, qui est un  fugitif de la Cour pénale spéciale, car ayant été extrait de la prison de Camp de Roux par les éléments de la garde présidentielle et les mercenaires russes, avait commis une horreur apocalyptique : plus de 100 civils tués froidement parmi lesquels des prêtres enfumés !

Plus de six années plus tard, les casques  continuent de fuir honteusement, tous les jours que Dieu fait sur cette Terre des Hommes, face au Groupe Wagner, aux forces spéciales rwandaises et aux russes noirs de Hassan Bouba et Touadéra, les laissant sévir contre des hommes, des femmes et des enfants sans défense. Afin que nul n’en ignore, nous publions ci – dessous l’article de l’Amnesty International en date du 14 décembre 2028, qui rapporte ce qui s’est passé le 15 novembre 2028 à Alindao sise dans la préfecture de la Basse – Kotto :

« Londres / Genève – 14 sécembre 2018. Il faut que l’Organisation des Nations unies (ONU) mène une enquête approfondie sur la réaction de ses casques bleus lors une récente attaque qui a tué jusqu’à 100 civil·e·s dans un camp de personnes déplacées en République centrafricaine, a déclaré Amnesty International dans un nouveau rapport.

Selon de multiples témoins, le 15 novembre, les casques bleus se sont repliés vers leur base centrale à bord d’un véhicule blindé au lieu de contrer l’attaque lancée par un groupe armé, laissant des milliers de civil·e·s sans protection dans le camp d’Alindao. « Des dizaines de civil·e·s du camp de personnes déplacées d’Alindao ont été massacré·e·s après que les casques bleus chargés de les protéger n’ont rien fait pour repousser les assaillants armés, a déclaré Joanne Mariner, conseillère principale en matière de réaction aux crises à Amnesty International. « Les casques bleus étaient certes en large infériorité numérique par rapport aux assaillants armés mais leur comportement – avant et pendant l’attaque – porte à se demander s’ils ont véritablement rempli leur mandat qui consiste à protéger les civil·e·s. »

Il faut une enquête impartiale sans délai en vue d’établir, en particulier, si la MINUSCA a failli à son devoir de protéger la vie de plus de 18 000 personnes vivant sur place.

La MINUSCA a indiqué à Amnesty International qu’il aurait été impossible aux casques bleus, du fait de leur faible nombre, de contenir les violences. Pour autant, on peut se demander si ces soldats, équipés de véhicules blindés et d’armes plus lourdes, n’étaient réellement pas en mesure de prendre des positions défensives qui auraient dissuadé les assaillants, en particulier s’ils avaient effectué des tirs de sommation.

Il faut qu’une enquête impartiale soit diligentée sans délai en vue d’établir, en particulier, si la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) a failli à son devoir de protéger la vie de plus de 18 000 personnes vivant sur place.

Il faut une enquête impartiale sans délai en vue d’établir, en particulier, si laMINUSCA)a failli à son devoir de protéger la vie de plus de 18 000 personnes vivant sur place.

Une attaque sanglante

Le 15 novembre vers 8 heures-8 h 30 du matin, une ramification de la Séléka appelée Union pour la paix en Centrafrique (UPC) a attaqué le camp de personnes déplacées installé à la mission catholique d’Alindao. Les combattants de l’UPC ont utilisé des mortiers et des lance-roquettes, avant de piller et d’incendier la majorité des abris.

Un grand nombre de civil·e·s musulman·e·s armé·e·s d’Alindao et des villages environnants sont venu·e·s leur prêter main forte. Ils étaient, semble-t-il, en colère à cause des homicides de civil·e·s musulman·e·s qui avaient été commis dans la région, notamment du meurtre d’un chauffeur de mototaxi perpétré le matin même.

Des délégué·e·s d’Amnesty International se sont entretenu·e·s avec 20 victimes, dont beaucoup ont expliqué que les casques bleus de la MINUSCA stationnés sur place n’avaient pas réagi à l’attaque. Au lieu de défendre les civil·e·s contre les assaillants, ou au moins d’effectuer des tirs de sommation, les soldats mauritaniens se sont retranchés sur leur base principale.

Lorsque les assaillants ont eu fini de piller et d’incendier le camp en fin de journée, au moins 70 civil·e·s avaient été tué·e·s – selon certaines sources, le bilan avoisinerait la centaine de morts – et environ 18 000 civil·e·s déplacé·e·s avaient été contraint·e·s à fuir de nouveau.

Les personnes âgées et les personnes handicapées, particulièrement exposées, ont été tuées en grand nombre car elles étaient incapables de s’enfuir en courant. Beaucoup d’entre elles ont été brûlées vives dans leurs abris, faits de poteaux en bois et de végétation séchée extrêmement inflammable.

Les assaillants ont aussi tué deux prêtres catholiques. Bien qu’Amnesty International n’ait pas été en mesure d’établir s’ils avaient été pris pour cible en raison de leur statut, des témoins ont déclaré qu’ils portaient leur soutane au moment de leur mort.

Les combattants de l’UPC et leurs complices ont pillé en masse puis incendié presque tous les abris et vidé un entrepôt utilisé par le Programme alimentaire mondial (PAM). Amnesty International a examiné des images satellites faisant apparaître clairement la zone incendiée.

Attitude trouble des casques bleus de la MINUSCA

« Il faut que les Nations unies déterminent si le massacre d’Alindao était évitable et, plus important encore, ce qu’elles peuvent faire pour prévenir ou contenir d’autres attaques violentes contre des civil·e·s », a déclaré Joanne Mariner.

Nombre de personnes ayant vécu dans le camp ont indiqué à Amnesty International que les casques bleus mauritaniens, stationnés depuis mai, ne contrôlaient pas véritablement la zone et n’empêchaient pas l’entrée d’armes ni de combattants armés. Contrairement aux contingents de la MINUSCA qui se trouvaient précédemment sur place, ils patrouillent rarement et ont délégué une grande partie de leurs activités quotidiennes à une petite « équipe de sécurité » composée de combattants anti-balaka.

« Le fait que les casques bleus mauritaniens semblent accepter que le site soit contrôlé par des anti-balaka met la population civile en grand danger », a déclaré Joanne Mariner.

Jean – Paul Naïba

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici