Centrafrique : 20.000 déplacés livrés à la barbarie des mercenaires russes de Touadéra à Bambari

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A Rwandan peacekeeper of the United Nations Multidimensional Integrated Stabilization Mission in the Central African Republic (MINUSCA) (R), a private Russian security guard (C), and a member of the the presidential guard (L), stands guard while Central African Republic President Faustin Archange Touadera (not visible) is at the Barthélemy Boganda high school polling station in the 1st district in Bangui, Central African Republic (CAR), on December 27, 2020 during the country's presidential and legislative elections. - Voting began in the Central African Republic on December 27, 2020, in a key test for one of the world's most troubled nations. The polls take place after a week of turbulence, marked by accusations of an attempted coup, the brief seizure of the CAR's fourth-largest town and the dispatch of military personnel by Russia and Rwanda to help its beleaguered government. (Photo by ALEXIS HUGUET / AFP)

 

La ville de Bambari, chef – lieu de la préfecture de la Ouaka située à 385 Km de Bangui dans le Centre – est du pays, a été le samedi 5 juin 2021 le théâtre de violents affrontements entre les Faca soutenues par les mercenaires du Groupe Wagner dont le poste avancé se trouve non loin du camp des réfugiés, communément appelé « Elevage » et des éléments lourdement armés de la CPC. Le bilan a fait état d’un mort, du côté des forces loyalistes et leurs alliés, et de deux tués parmi les assaillants.

Accusés d’avoir hébergé les assaillants par les forces armées centrafricaines et leurs mercenaires russes, les 20.000 déplacés, constitués majoritairement des membres de la communauté peulhe venus de toutes les localités de la République centrafricaine, qui vivaient sur le site depuis 2014, suite à la crise de 2013, ont été sommés de déguerpir. Selon le préfet de la Ouaka, la plus haute autorité locale, le camp de l’Elevage n’est rien d’autre qu’une vraie base arrière des combattants de la Coalition des Patriotes pour le Changement. « La sécurité du pays concerne tout le monde. Ils ont des complices internes qui les informent à tout moment sur les positions de l’armée nationale. Ce qui fragilise les actions des FACA. Et comme c’est des actions qui sont dénoncées à l’avance par ces individus, la portée est souvent très faible », a – t – déclaré.

Au moyen des tirs de sommation et des coups de matraque, des femmes, des enfants et des personnes du 3ème ont été forcés « manu militari », le dimanche 6 juin 2021, à quitter définitivement les lieux, leurs baluchons et autres effets domestiques de fortune sur la tête. Si 2.000 d’entre eux ont pu trouver refuge dans la concession de la mosquée centrale de Bambari, la plupart se sont retrouvés éparpiller dans la ville ou chez des personnes de bonne volonté à la belle étoile. « Nous sommes venus s’installer dans la cour de la mosquée centrale. Nous sommes ici environ 2000 déplacés, Mais la situation des enfants, des femmes et des personnes âgées demeurent cependant catastrophique. Il y a des cas du paludisme, de la malnutrition sévère, voir des décès », ajoute-t-il. Les conséquences de ces déplacements de milliers de personnes sont tout naturellement difficiles sur le plan social, sanitaire et humanitaire. Le constat a été fait par le chef du centre sanitaire du camp : « Sur place, je fais la consultation curative. Il y a des femmes allaitantes sur grossesse. Il y a également celles qui accouchent. Je donne les médicaments à ceux qui sont malades. Pour l’instant, la situation est très préoccupante mais nous y faisons face avec les maigres moyens que nous disposons ».

Mais, aussi invraisemblable et révoltant que cela puisse paraître, la Minusca basée à Bambari et dont l’une des missions essentielles est de veiller à la protection des populations civiles, n’a pas du tout bronché, quand les forces armées centrafricaines et les mercenaires russes du Groupe Wagner ont décidé de mettre à exécution leurs opérations du déguerpissement du site. Ses contingents sont fort étonnement restés l’arme au pied et les ont laissés faire et sévir contre des hommes, des femmes, des enfants et des vieillards à mains nues, sans défense. Ils ne se sont pas interposés et ont assisté de loin à l’incendie du camp et des habitations de fortune qui y ont été construites. De ce fait, de manière délibérée, ils ont refusé de porter assistance à des personnes en danger, les ont abandonnés face à ces « Affreux Blancs » du Groupe Wagner, ont violé leurs engagements de soldats de la paix et sont passibles de poursuites pénales devant les juridictions internationales.

Qu’en dit donc la communauté internationale ? N’avait – elle pas déclaré, en 2018, à travers la voix de Jean – Pierre Lacroix, Bambari divisée, martyrisée et martyre, inter- communautarisée et hyper – armée, ville pilote de la mise en œuvre du Plan de Consolidation de la Paix et sans arme, où la Minusca devait assurer la protection des populations civiles, des déplacés et ainsi que des institutions nationales ? Où en sommes – nous aujourd’hui avec l’exécution de cet ambitieux projet ? Et que dire du flirt désormais avéré et connu de tous entre la Minusca et ces forces non – conventionnelles de Evgueni Prigojine ?  Avec le déguerpissement forcé des déplacés de ce site et sa totale destruction par les Faca et les mercenaires russes, au vu et au su des forces onusiennes, l’heure n’est – elle pas déjà venue de reconnaître l’échec patent de la communauté internationale dans sa recherche de résolution de la crise de Bambari, en particulier, et de la RCA, en général ?

La rédaction

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