CEMAC / FMI : poids mort de la communauté, la RCA n’invite pas à l’optimisme

0
189

Le « oui, mais… » de la Cemac aux demandes du FMI

L’engagement des pays membres à conclure de nouveaux accords avec l’institution de Bretton Woods a été acté le 18 août, à Yaoundé. Mais, des points de dissension avec certains pays persistent. Kristalina Georgieva a marqué sa satisfaction après avoir pris part au sommet extraordinaire virtuel des chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, le 18 août. « Je salue l’engagement des chefs d’État de la Cemac en faveur de réformes structurelles profondes pour transformer radicalement et diversifer la région, continuer à soutenir les institutions régionales et réduire sa dépendance vis-à-vis des matières premières », a déclaré la patronne du FMI quelques heures après la fn des assises.

De fait, la Bulgare a – dans les grandes lignes – obtenu ce qu’elle était venue chercher. « Tous les participants ont dit leur soutien aux réformes souhaitées par le FMI. Tout le monde est d’accord pour avoir un deuxième cycle de programmes avec le Fonds », confe un des participants sous couvert d’anonymat. « Félicitations aux dirigeants de la #CEMAC pour ce sommet fructueux à un moment difcile pour la région. Il est essentiel de travailler ensemble pour lutter contre la pandémie et faire avancer les réformes afn de surmonter les défs auxquels les pays de la CEMAC sont confrontés pour assurer un meilleur avenir à leurs populations », a indiqué la patronne du FMI dans un message diffusé sur les réseaux sociaux. Mais la partie est loin d’être gagnée, dans la mesure où des points de friction se sont faits jour en coulisses. En raison de leurs difcultés à clarifer leurs relations avec les compagnies pétrolières, le Congo et la Guinée équatoriale ont encore du chemin à faire pour parvenir à un deuxième accord avec l’institution de Bretton Woods. D’autant que ces deux pays rechignent encore à adhérer à la revue à la hausse des critères de comptabilisation des prêts non-performants du secteur bancaire, c’est-à-dire ceux pour lesquels l’emprunteur n’honore plus ses échéances de remboursement, pourtant souhaitée par le FMI.

La Centrafrique, un poids mort ?

Le Tchad, dont les négociations avec Glencore trainent, rend les autres pays perplexes. « Ils ne savent pas sur quel pied danser avec N’Djaména, car la réalité du pouvoir y est difcile à localiser au sein du régime actuel », souffle notre informateur. Poids mort de la communauté, la RCA quant à elle n’invite pas à l’optimisme. La nouvelle réglementation des changes, qui continue de susciter une levée de boucliers des entreprises pétrolières, a aussi été débattue. Le FMI s’aligne certes sur la position de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Celle-ci, soucieuse de renforcer ses réserves en devises, exige le rapatriement intégral des bénéfces de ces entreprises dans la zone, « ces dernières continuent de faire pression sur les gouvernements pour obtenir des dérogations, notamment sur le Congo et le Gabon », souligne notre participant.

Outre l’engagement des uns et des autres à conclure des programmes de deuxième génération, le FMI a obtenu également une réponse positive sur la levée des mesures exceptionnelles prises par la Banque centrale et le régulateur bancaire pour contenir les effets de la crise économique, comme l’indique le communiqué fnal. La BEAC est invitée – par les États – à réduire prudemment et progressivement ses injections de liquidités hebdomadaires dans le système bancaire et son programme de rachat des titres de dette publique.

Évaluation tripartite

S’ils se félicitent du relèvement des réserves de change qui couvrent désormais plus de trois mois d’importations, les dirigeants du Cameroun, du Gabon, du Congo, de la Guinée équatoriale, de la RCA et du Tchad plaident pour un transfert vers les pays pauvres d’une portion des droits de tirages spéciaux (DTS) alloués aux pays développés, dont une nouvelle salve de 650 milliards de dollars vient d’être décidée par le FMI. Ils souhaitent également une reconstitution pour 100 milliards de dollars au moins des ressources de l’IDA, logées à la Banque mondiale. Car ils espèrent fgurer parmi les bénéfciaires afn de consolider une reprise, certes timide, reconnue durant le sommet, après la récession enregistrée l’année dernière. Cette amélioration de la conjoncture fera l’objet d’une évaluation tripartite (FMI, Cemac et France) à l’automne, avec un accent porté sur la situation macroéconomique, le montant des réserves et l’état d’avancement des négociations préalables à la conclusion de nouveaux programmes avec le Fonds.

Lu Pour Vous

Source : Jeune Afrique

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here