CEMA : les nouvelles en provenance des Faca ne sont pas bonnes

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Les dernières nouvelles en provenance des forces armées centrafricaines ne sont pas bonnes, selon des informations dignes de foi émanant des sources diplomatiques et très proches de l’état – major des forces armées centrafricaines.
La présidence de la République et le gouvernement Sarandji, obnubilés par les délices du pouvoir et les avantages tant matériels que financiers qu’il leur offre, à eux et à leurs parents, amis et connaissances, en moins de deux ans, ne peuvent pas avoir une lecture spirituelle de l’atmosphère délétère qui règne actuellement au sein de la grande muette centrafricaine. Fortement intéressés par le pouvoir pour le pouvoir, ils n’ont que du temps pour faire de la propagande politique, allant jusqu’à se servir des matériels militaires offerts tout dernièrement à l’armée centrafricaine par la France, les Etats – Unis et la Chine pour organiser une parade militaire sur l’Avenue des Martyrs, il y a quelques jours.
Cependant, l’air est de plus en lourd, pesant et difficilement respirable dans les rangs des officiers, sous – officiers et soldats. Les tensions dans les différents camps et les garnisons grondent et se chargent de contestations face à l’immobilisme des autorités civiles, à leur propension inouïe à des discours politiques à longueur des journées, à leurs propos démagogiques, à leur absence de volonté et de courage politique de passer de la parole à l’acte, à la politisation de l’armée, à des pratiques honteuses de régionalisme, de clientélisme, du favoritisme, à des actes d’apologie ou d’institutionnalisation de la médiocratie dans cette institution et à leur refus de la rendre opérationnelle, faute de moyens matériels et financiers.
Un véritable malaise qui a été vivement dénoncé par un caporal – chef, au lendemain des dernières nominations au ministère de la défense nationale, dans une note adressée à sa hiérarchie, rendue publique par plusieurs médias. Rongeant, tel un virus destructeur dans un organisme, l’armée centrafricaine et expressif de la mal – gouvernance administrative qui caractérise la gestion des affaires de la cité par le régime de Touadéra et le gouvernement de son cher aîné Sarandji, en dépit des antidotes de la restructuration, ce profond malaise a été ensuite mis sur la place publique par une autre lettre d’un haut gradé des faca à la retraite.
Mais, comme il fallait s’y attendre et comme il a été relevé un peu plus haut, toutes ces sérieuses inquiétudes et ces alertes légitimes et citoyennes n’ont pas attiré l’attention de la présidence de la République, du gouvernement et encore moins celle de Mme Koyara, en sa qualité de ministre en charge de la défense nationale. Elles ne constituent pas leurs préoccupations premières.
Interrogé à ce sujet brûlant de l’heure, un autre haut gradé des forces armées centrafricaines à la retraite justifie cette anxiété et cette atmosphère malsaine qui règne au sein de la grande muette centrafricaine, en ces termes : «  Les nouvelles en provenance des faca ne sont pas effectivement du tout bonnes mais elles ne sont pas perçues de cette manière par les plus hautes autorités du pays. Un reportage de France 24 tourné à Ndélé sur la capacité de nuisances des rebelles de la Séléka, a immédiatement fait polémique mais ni la présidence de la République ni le gouvernement n’en ont parlé. Il y a quelques jours, la visite de travail de Mme Florence Parly, ministre français de défense, arrêtée de longue date et annoncée à Bangui du 26 au 27 juillet 2018, a été reportée sine die pour agenda de calendrier non concordé. Quelques jours plus tard, le chef d’état – major Ludovic Ngaïféi est relevé de ses fonctions à sa propre demande et remplacer par Mamadou Zéphyrin qui n’était pas attendu à ce poste par les experts et certains diplomates. Cette nomination est mal accueillie dans les rangs des militaires, un caporal – chef la dénonce dans une note et un haut gradé de l’armée à la retraite lui emboitera le pas. Dans la foulée, trois (3) journalistes russes en mission d’enquête et d’investigations sur la présence des mercenaires du Groupe Wagner en Centrafrique, sont tués à 23 Km de Sibut, après avoir été conseillés par des faca de ne pas emprunter la voie à cette heure passées de la nuit. Nommé sous – chef d’état- major en charge de la planification, le colonel Alfred Service, proposé entretemps Cema, refuse de prendre service. 800 militaires retraités mécontents des retards intervenus dans le traitement de leurs dossiers, organisent une marche pacifique depuis le ministère de la défense nationale et sont reçus par le 1er vice – président de l’assemblée nationale. Des groupes armés, après un conclave organisé à Moyenne – Sido, mettent en place une coordination unique et unifiée. Des appels aux faca de déposer les armes circulent sur les réseaux sociaux. Et réponse du berger à la bergère, Touadéra organise une parade militaire sur l’Avenue des Martyrs, avec les matériels militaires offerts par la France, les Etats – Unis et la Chine ».
« La conjonction de ces faits et leur succession simultanée, comme si elles étaient déjà chronométrées ne sont pas anodines. Elles présagent des lendemains difficiles », conclut – il, l’air complètement dépité.
S’il appartient seulement à des hommes dépositaires de certains pouvoirs divinatoires pour pouvoir avec exactitude et quelques détails près regarder l’avenir tel que cet officier des faca retraité l’a prédit, il doit exister dans tout Etat digne de ce nom et dans toute administration qui fonctionne, en général, et au sein du ministère de la défense, en particulier, des services de renseignements militaires dont la mission première est de collecter de ces informations touchant à la vie de la nation et à la sécurité des institutions de la République, de les analyser, de les traiter et de les soumettre en temps réel à l’avis des plus hautes autorités de la nation.
Malheureusement, l’Etat centrafricain n’est pas un état qui fonctionne ; il est plutôt un état failli à la tête duquel se trouvent des universitaires qui n’ont aucune vision réelle pour leur pays, qui font systématiquement du pilotage à vue et qui par-dessus bord ignorent tout des règles élémentaires d’organisation et de fonctionnement d’un Etat et celles d’une bonne administration. De ce fait, ils ne peuvent pas donc avec leurs yeux de la chair et leur vision matériel et matérialiste de la gestion du pouvoir, observer avec minutie l’amoncellement de ces gros nuages sombres qui s’annoncent à l’horizon, annonciateurs des temps difficiles.
Jean – Paul Naïba

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