BROUILLE DIPLOMATIQUE ENTRE LE BURKINA ET LE GHANA : Du plomb dans l’aile de la lutte contre le terrorisme  

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BROUILLE DIPLOMATIQUE ENTRE LE BURKINA ET LE GHANA : Du plomb dans l’aile de la lutte contre le terrorisme

Les propos du président ghanéen Nana Akuffo-Addo ont courroucé les autorités de la Transition burkinabé dont la réaction ne s’est pas fait attendre au plan diplomatique. Non seulement l’ambassadeur ghanéen a été convoqué pour s’expliquer, mais aussi l’ambassadeur du Burkina Faso au pays de Kwamé N’Nkrumah a été rappelé pour consultation.  En rappel cette brouille diplomatique entre les deux pays liés par l’histoire et la géographie est consécutive aux accusations portées par le président de la République du Ghana contre le Burkina Faso de recourir aux mercenaires du groupe russe Wagner dans la lutte contre les groupes armés qui mettent à feu et à sang la patrie des hommes intègres. « Aujourd’hui, des mercenaires russes se trouvent à notre frontière nord. Le Burkina Faso a conclu un accord avec le Mali pour engager les forces de Wagner là-bas » avait-il laissé entendre au Secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken dont il sollicite l’aide pour éviter toute déstabilisation de son pays en raison de sa position dans le conflit russo-ukrainien. Mais fort heureusement après la surenchère, l’heure est à la désescalade entre les deux pays frères. Mais l’on peut cependant se demander si le mal n’est pas déjà fait.  En effet, les frictions entre les deux pays qui devraient développer une forte coopération transfrontalière dans la traque des groupes armés, ne menacent-elles pas l’efficacité de la lutte ? Il faut malheureusement le craindre dans la mesure où s’ils existent des soupçons que l’un des pays partenaires servent de base arrière pour déstabiliser l’autre, les échanges de renseignement et la possibilité même de poursuite des criminels armés au-delà des frontières seront largement handicapés. Par ailleurs, l’opinion publique burkinabé qui avait déjà assez mal accueilli les conclusions du sommet d’Accra dans la lutte contre le terrorisme, risque à nouveau de se braquer, poussant les autorités de la Transition qui veulent être en phase avec leur peuple, à freiner des quatre fers pour concrétiser son adhésion à l’Initiative d’Accra. Or, il n’est un secret pour personne que seule une réponse sous régionale au péril terroriste peut permettre de mettre définitivement un terme à l’expansion des groupes armés. Cela dit, cette brouille diplomatique entre le Burkina et le Ghana sur fond de positionnement en faveur des grandes puissances mondiales, ne fait qu’affaiblir l’Afrique dont le rêve d’unité est rejeté aux calendes grecques. Mais il fait surtout l’affaire de ces grandes puissances impérialistes qui dans la défense de leurs intérêts géostratégiques et économiques, peuvent en prendre prétexte pour dérouler leur agenda de domination du monde. Or le développement du continent et la satisfaction des besoins des populations seront toujours pris en otage si ce sont les puissances occidentales qui définissent les priorités et les actions à entreprendre pour les mettre en œuvre.  Mais comme dit une sagesse africaine, la marmite est penchée mais son contenu n’est pas encore à terre. Il faut donc urgemment des mesures pour colmater les brèches et redynamiser la collaboration entre les deux pays qui au-delà de la lutte contre les groupes armés entretiennent de bonnes relations économiques avec à l’horizon de grands projets comme la construction d’un chemin de fer qui reliera les deux capitales, Ouagadougou et Accra.

 

Sidzabda          

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