Bozoum : « Affaire Gouvernement Ngrébada2 et les sociétés chinoises C/ Père Aurélio Gazzera » : Quand des voleurs crient au voleur

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En réponse à des questions à lui posées par les différents groupes parlementaires et 35 élus de la nation, portant sur la présentation de sa déclaration de politique générale, le premier ministre Ngrébéda a jugé l’occasion opportune de donner officiellement la position du gouvernement sur l’affaire d’exploitation de l’or dans la ville de Bozoum, chef – lieu de la préfecture de l’Ouham – Pendé, par des sociétés chinoises et les conséquences néfastes qui en découleraient sur l’environnement.

Pour cet inspecteur de travail et des lois sociales, les derniers évènements intervenus dans cette partie de la République centrafricaine, suite aux activités de ces sociétés chinoises et leur récupération par des « centrafricains malintentionnés sur les réseaux sociaux à des fins éminemment politiques », relèvent tout simplement du fait de manipulation de l’opinion et de la population locale par le Père Aurélio Gazzera. Et pour cause.

Selon des informations portées à sa connaissance par les autorités locales, et les services de la brigade minière, de la gendarmerie, des ministères des mines et de l’environnement et faisant suite à de sérieuses investigations menées et recoupées par ses soins, cet homme de Dieu dont les œuvres messianiques et les réalisations dans les principaux secteurs des services sociaux de base, à savoir écoles, centres de santé, accès à l’eau potable, travaux champêtres et pastoraux, activités génératrices de revenus, et développement inter – communautaire intégré et intégral, sont  tant visibles que lisibles dans chaque village et chaque commune, se ressentent dans la vie quotidienne de chaque habitant de Bozoum et de chaque famille, se racontent au – delà des contrées, ont servi et continuent de servir de modèle réussi de politique d’auto – prise en charge et de développement local, est un trafiquant illégal patenté d’or.

A ce titre, il finançait depuis des années à son propre compte et sans être en règle vis – à – vis du fisc les activités d’artisans et de petits exploitants miniers qui, en retour, lui vendaient à vil prix de l’or. L’arrivée des sociétés chinoises dans la localité et le démarrage de leurs activités en toute légalité, au moyen d’importants équipements et employant une main – d’œuvre locale à temps plein, a du coup mis ce dernier dans une situation de concurrence inégale et de perte du marché. C’est donc dans le but de reconquérir ce marché que les nouveaux opérateurs  économiques chinois lui ont ravi qu’il a usé de son devoir de prêtre et d’apôtre du Christ pour manipuler, au moyen de ses homélies, les chrétiens catholiques acquis à sa cause et les inciter à ce mouvement de colère et de révolte ayant occasionné l’attaque et l’incendie d’un de leurs véhicules.

Ainsi donc, les sociétés chinoises installées dans la ville de Bozoum mèneraient leurs activités d’exploration et d’exploitation de l’or, en parfaite conformité avec les lois de la République et la législation relative à la protection de l’environnement et de la bio – diversité. Pour en arriver là, elles se seraient préalablement et régulièrement acquittées de tous les droits et autres taxes prescrits et formellement consacrés par les dispositions de la loi portant code minier en République centrafricaine et observeraient scrupuleusement leurs engagements contenus dans les cahiers de charges, en ce qui concerne la réalisation d’œuvres sociales, à savoir constructions d’écoles, de centres de santé, entretien de routes ou pistes rurales, accès à l’eau potable, fourniture de tables – bancs, emploi de la main – d’œuvre locale et rémunération, selon les règles de la convention collective et des lois sociales et celles fixées par les différents traités internationaux auxquels la République centrafricain a entièrement souscrit, en tant qu’Etat souverain, indépendant et responsable. « Ce sont ces efforts visant à booster l’économie et à  améliorer de manière sensible et qualitative les conditions de vie des centrafricains, en application de la politique du développement socio – économique et du pays et selon la vision très éclairée du président de la République, son excellence Pr Faustin Archange Touadéra » que ce fou de Dieu qui s’est installé dans la contrebande minière et la fraude fiscale depuis des années, veut saper et faire partir en fumée.

Telle est la position officielle du gouvernement, faite par le premier ministre Ngrébada, du haut de la tribune de l’hémicycle de l’assemblée nationale, à l’endroit de tous les députés et représentants nationaux. Une prise de position officielle qui, fort curieusement, n’ a suscité aucune réaction, ni de la part des différents groupes parlementaires, ni du côté des autres députés à titre individuel et encore moins de la part du député de l’UNDP de Bozoum 1, M. Corneille Sérékoissé, qui avait pourtant dénoncé avec véhémence, la veille sur les antennes de la radio RNL, cette exploitation illégale et les conséquences désastreuses des activités de ces sociétés chinoises sur l’environnement et le niveau de vie des populations riveraines.

Pourquoi ces élus de la nation, en tant qu’acteurs politiques et défenseurs des intérêts de leurs électeurs et de leur population, n’ont – il pas immédiatement recouru aux dispositions de l’article 60 de la constitution pour contredire leur hôte privilégié et le contraindre à leur dire un peu plus sur les en – dessous de la présence de ces Chinois à Bozoum ? N’ont – il pas le droit de lui demander des comptes, au nom du gouvernement, si c’était eux qui avaient régulièrement autorisé dans un passé assez récent la délivrance de ces permis d’exploration et d’exploitation dont la jouissance fait polémiques aujourd’hui ? N’était – ce pas une fort belle opportunité offerte au député de Bozoum 1 aux fins de lui relater l’historique des faits, le silence combien assourdissant, incompréhensible et inquiétant du gouvernement, la dénonciation de la présence de ces Chinois et l’exercice somme toute illégal de leurs activités par ce fou de Dieu, au regard des dispositions légales ? Où sont donc les preuves des réalisations d’œuvres sociales faites par ces sociétés chinoises dans les divers services sociaux de base ? A quoi ont servi les droits et taxes par elles  versés directement au trésor public ou à des autorités politiques et ministérielles ? Voilà de pertinentes questions qui, si elles avaient été posées, auraient véritablement mis à mal cet inspecteur de travail et des lois sociales qui s’est curieusement contenté de prendre pour argent comptant les rapports faits à dessein et soumis à son appréciation par les services techniques des ministères des mines et de l’environnement et qui s’est lancée la tête baissée dans un sordide et ignoble réquisitoire contre le soldat du Chris, Père Aurélio Gazzera, sans avoir préalablement daigné effectuer une mission de visite du terrain, comme l’exigent les règles élémentaires de la contre – évaluation et pour un dossier aussi sensible que celui – là.

En réalité, comme dit l’adage, nous sommes en face non pas d’un voleur qui crie au voleur mais plutôt des voleurs qui crient au voleur. En effet, le premier ministre Ngrébada qui, alors qu’il assumait les fonctions de directeur de cabinet à la présidence de la République et à ce titre ne pouvait pas agir au nom et pour le compte du gouvernement, était l’artisan invétéré de la signature, contre de très fortes rétro – commissions, de plusieurs contrats opaques entre le gouvernement centrafricain  et de douteux opérateurs économiques chinois, en savait trop sur la présence de ces Chinois dans la sous – préfecture de Bozoum et le caractère manifestement illégal de l’exercice de leurs activités. C’est parce qu’il en savait trop justement et qu’il ne voulait pas en parler, en dépit de nombreuses images de la déviation du cours d’eau de l’Ouham de son lit naturel, de la destruction de l’environnement par l’usage des produits chimiques dont la dangerosité sur la biodiversité ambiante est à craindre, et de leurs conséquences sur le niveau de vie des populations locales et environnantes, régulièrement postées sur sa page facebook par le Père Aurélio Gazzera.

Des publications, immédiatement récupérées par des « centrafricains malintentionnés sur les réseaux sociaux », qui dérangent, heurtent les consciences, émeuvent, accusent et incriminent les gestionnaires de la cité, au point où il a été obligé de demander à son ministre des mines, M. Mboli Fatrane, l’ami personnel du président Touadéra, de faire semblant de sévir et de sanctionner ces entreprises chinoises. Dans les faits, elles ont continué de vaquer à leurs occupations d’exploration et d’exploitation, en toute quiétude et sous la protection des autorités locales, des éléments de la brigade minière, de la gendarmerie et des forces armées centrafricaines. Evidemment, la descente effectuée, il y a quelques jours, par le Père Aurélio Gazzera qui, une nouvelle fois, a pris des photos, ne pouvait être interprétée que comme un acte de provocation de trop de la part de ce fou de Dieu.

Alors, tel un serpent très venimeux mis à découvert, Ngrébada et son clan qui ont fait de la République centrafricaine, une véritable propriété privée et qui ont bradé de ce fait son sous – sol et ses richesses minières contre d’alléchantes et mirobolantes commissions, se devaient de contre – attaquer : divertir l’opinion et présenter le Père Aurélio Gazzera comme un parfait contrebandier et un fraudeur patenté.

Seulement si Aurélio Gazzera devait en être un, ce qu’il n’est pas fort heureusement, les ressources qu’il tire de ses activités de contrebandes minières et de fraudes fiscales, une fois inscrites dans sa loi de finances ou son budget, sont annuellement et mensuellement investies dans l’exécution des travaux de constructions d’écoles, de centres de santé, de bibliothèques, dans les achats de manuels didactiques tant pour les enseignants que pour les apprenants, la formation et la rémunération des enseignants et des maîtres – parents, dans une région où l’Etat a disparu, où les fonctionnaires et agents ont démissionné de leurs responsabilités citoyennes, régaliennes et constitutionnelles et où les autorités civiles, militaires et politiques n’existent plus que de noms. Des fonds gagnés à la sueur de son front qui sont injectés dans l’instruction et la formation de l’homme centrafricain de demain, dans sa préparation à devenir maître de son destin et à être utile à sa famille, à sa société, à son village, à sa commune et à son pays, sur la base des valeurs de la culture du mérite, du travail, du savoir – faire, du don de soi pour l’autre, de l’amour, d’impartialité, d’intégrité et du sens élevé du devoir national et du sacrifice pour la patrie.

Tout le contraire, vous conviendrez avec nous, de ce que Ngrébada et son clan ont fait de la manne financière qu’ils ont empochée de la concession de toute cette zone minière à leurs amis chinois. Non seulement, ils ont gardé tout l’essentiel pour eux, mais surtout ils ont dilapidé ce qu’ils devaient dépenser dans l’acquisition de biens matériels, charnels, terrestres et mortels. Ils n’en ont rien fait pour leur pays et les générations à venir.

Honte donc à lui et à  tous ses amis qui vivent depuis plus de 3 ans  du sang des centrafricains, de leurs rêves brisés, de leurs interminables larmes, de leurs angoisses, de leurs chagrins, de leurs peurs, de leurs deuils  et du fruit du bradage de nos ressources à des étrangers et à des mercenaires, pour avoir osé étouffer la voix audible du Père Aurélio Gazzera, celle du petit centrafricain qui ne peut aller à l’école par manque de bâtiment scolaire  et d’enseignant dans son village, celle de la femme centrafricaine enceinte qui meurt pendant les douleurs de l’accouchement, faute d’un centre de santé et d’une sage – femme dans sa région,  celle de la femme paysanne dont les produits du champ lui ont été ravis par des éléments armés !

Honte donc à lui et à  tous ses amis qui ont osé étouffer La Voix de la Pierre !

Jean – Paul Naïba

 

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