Bozizé se fâche, annule sa rencontre avec Touadéra et exige du gouvernement toute la vérité sur l’affaire Dimitri Yalangba C/ Rodrigue Bozizé

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les électeurs devant un bureau de vote
L’ancien chef de l’État centrafricain François Bozizé (2003-2013) et à droite son ex-premier ministre Faustin Archange Touadera devenu à son tour Président de la République depuis 2016.

 

Bangui (République centrafricaine) – Il ne faut jamais réveiller un tigre, même quand on est un tigre. L’affaire de supposée agression à main armée du journaliste Kevin Dimitri Yalangba par le capitaine de la gendarmerie Rodrigue Bozizé, le 28 décembre dernier,  dans les locaux de la radio nationale, est une provocation de trop, en tout cas pour son père, l’ancien chef de l’État François Bozizé, qui demande désormais des explications claires au gouvernement sur ces « fausses allégations ».

 

Depuis le retour discret et incoercible de l’ancien chef de l’État François Bozizé après des années d’exil au Cameroun, en France puis en Ouganda, le pays se retrouve subitement dans une ambiance politique cristallisée. Tous les coups sont permis, tant du côté du parti au pouvoir que de l’opposition, particulièrement du parti KNK, galvanisée par le retour au pays de son leader le général François Bozizé.

Fragilisé par la présence du leader du KNK, le pouvoir de Bangui tente tout pour le tout. Les allégations d’agression à main armée du journaliste Kevin Dimitri Yalangba par le fils de l’ancien président, le capitaine Rodrigue Bozizé est un parfait exemple de manipulation politique orchestrée par le pouvoir de Bangui.

Notre bureau d’investigation, qui a mené sa propre enquête sur cette affaire depuis samedi, est surpris de constater que cette histoire est fabriquée de bout en bout par ses auteurs.

D’après notre enquête, le capitaine Rodrigue Bozizé s’était rendu bel et bien le samedi dernier dans les locaux de la radio nationale comme tout autre citoyen. Il n’était pas en tenue, encore moins armée. Sa présence ce jour à la radio était de donner sa version des faits concernant son implication dans une affaire d’agression des conducteurs de taxi au marché PK12, publié par CNC et repris avec extrapolation par monsieur Kevin Dimitri Yalangba sur les antennes de la radio nationale.

Le plus étonnant dans cette histoire, ce dernier  n’était pas présent à la radio quand le capitaine Rodrigue Bozizé était sur place.  Il a été informé seulement au téléphone par ses collègues. D’ailleurs, selon les journalistes présents à la radio ce jour, les deux auraient échangé au téléphone avant même le déplacement du capitaine à la radio pour le rencontrer.

Contre toute attente, quelques minutes plus tard, monsieur Kevin Dimitri Yalangba publie sur son compte Facebook qu’il est menacé par le fils de l’ancien président François Bozizé. Incroyable que cela puisse paraître, le gouvernement, par la voix de son porte-parole par intérim, avait repris la même version des faits, et  sans vérification dans un communiqué lut à la radio nationale le même jour.

Comme si cela ne suffisait pas, le secrétaire général du haut conseil de communication (HCC), qui n’est pas d’ailleurs un journaliste, rédige très rapidement un communiqué qu’il a fait  publier dimanche sur la page Facebook de ladite Institution.

Une véritable machination politique que l’ancien chef de l’État François Bozizé, très en colère,  veut avoir des explications, surtout de la part du gouvernement.

Pour lui, le pouvoir de Bangui est sans doute derrière ce complot politique qui vise probablement à le fragiliser politiquement. En conséquence, son entretien avec le chef de l’État Faustin Archange TOUADERA, prévu pour cette semaine, est annulé. On ignore si une nouvelle date a été programmée pour ce tête-à-tête.

Il faut noter au passage que monsieur Kevin Dimitri Yalangba n’est pas un journaliste. C’est un inspecteur Central des médias au ministère de l’Information et de la Communication. C’est un homme politique, contrairement au gouvernement qui parle du journaliste. Ses interventions à la radio sont dans le cadre d’une émission politique organisée et financée par le parti au pouvoir.

 

Affaire à suivre.

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