Bocaranga : la population en colère suite à la fuite des éléments des Faca face aux menaces des bandes armées de 3R

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La débandade ou le retrait précipité des éléments des forces armées centrafricaines, le mardi 4 décembre 2018, de la ville de Bocaranga, face aux menaces réelles proférées par des bandes armées de 3R, appuyées par des mercenaires tchadiens lourdement armés, constitue à n’en point douter l’une des  preuves les plus irréfutables de l’incapacité notoire et manifeste du régime de Touadéra et du gouvernement de son cher aîné Simplice Matthieu Sarandji à assurer la protection des biens et des personnes et à sécuriser le pays.

C’est le sentiment exprimé par l’un des notables de la commune de Djim et l’un des leaders de la jeunesse, connu dans toute la localité : « Si les autorités centrales sont incapables de prendre des mesures pour redéployer l’administration civile et militaire dans toute la sous – préfecture de Bocaranga, nous leur demandons de ne pas venir troubler la quiétude de nos paisibles populations par le détachement d’une centaine d’éléments des Faca ». Et ce dernier de poursuivre en ces termes : « Ils sont venus, à bord de deux (2) véhicules et nous les avons accueillis très chaleureusement en sauveurs et libérateurs. Mais, au lieu de rester effectivement dans la ville pour veiller à la protection des biens et des personnes et prendre le risque de mourir pour leur pays, ils ont pris leurs jambes à leur cou comme de lapins, suite à un ultimatum qui leur a été donné par des envahisseurs et des mercenaires. Et leur départ précipité a immédiatement créé un terrible vent de panique au sein de la population dont la plupart ont préféré d’abord trouver refuge en brousse avant de regagner leur maison, la tombée de la nuit. C’est honteux et malheureux pour une armée nationale et ceux qui les ont envoyés ».

Ce témoignage traduit non seulement de manière indubitable la colère de toute une population, son exaspération face à l’abandon et  toute  son indignation à l’égard de ceux à qui elle a confié dans les urnes la responsabilité de la gestion de sa destinée, mais surtout révèle au grand jour l’amateurisme éhonté de ses dirigeants. Sa lecture fait conclure sans fioritures que les deux (2) professeurs d’université qui sont à la tête de l’exécutif n’ont visiblement ni les compétences requises, ni les stratégies adéquates, ni l’intelligence aiguisée, ni la volonté et le courage politique, ni les moyens humains, matériels, financiers et logistiques, indispensables à relever les nombreux défis sécuritaires qui se posent à l’ensemble du pays.

Si tout au début de leur gouvernance, ils ont réussi par des beaux discours à occulter toutes ces faiblesses derrière l’application de la résolution du conseil de sécurité relative à la mesure de l’embargo sur les armes  et à l’impérieuse nécessité de la restructuration des Faca, cet argumentaire ne peut plus leur servir de sédatifs pour continuer d’endormir ad æternam vitam le peuple. Car, non tantum, grâce aux multiples et multiformes appuis de la communauté internationale dont l’UE, la France et les Etats – Unis, les forces armées centrafricaines ont été formées, sed etiam, faisant suite à l’autorisation du conseil de sécurité, la Fédération de la Russie les a dotées d’armes de guerre.

Ces armes et les équipements militaires offerts par d’autres partenaires comme la France, les Etats -Unis  et la Chine, peuvent très bien, avec un minimum de volonté et quelques centimes de courage  de la part de nos autorités politiques et militaires, permettre leur redéploiement progressif sur le terrain. A l’exemple de ce qui s’est passé à Sibut, Bangassou, Bambari et à Bouar. Mais, au lieu de s’assumer et d’assumer leurs missions régaliennes, républicaines et constitutionnelles, au regard des dispositions de l’article 1er de la constitution du 30 mars 2016, ils ont préféré confier la gestion du pays entre les mains de la Minusca et des différents partenaires internationaux , et se contenter tous les jours de jouir du pouvoir et de tous ses avantages.

Ainsi donc, la fuite de ces éléments des Faca, en sous – effectifs, mal – équipés, mal encadrés, et mal renseignés, se justifie tout simplement par une incompétence notoire et manifeste des autorités politiques, d’une part, et du haut commandement militaire, d’autre  part. Pour la simple raison que toute mission de détachement militaire doit être impérativement précédée par des missions de collecte des données et de renseignements sur l’ennemi, l’effectif de ses hommes, la qualité et le type de matériels en sa possession, ses positions, ses sources ou réseaux de ravitaillement  et les connaissances du terrain.

Or, fort malheureusement, ces dispositifs élémentaires mais substantiels pour la mise en route de toute mission de détachement et sa réussite, ont été superbement ignorés par les uns et par les autres. En voulant peut – être répondre à des considérations d’ordre politique et faire de la propagande, il a été décidé dans la précipitation  de la descente de ces éléments sur un terrain miné et totalement acquis à l’ennemi. Les conséquences ne pouvaient qu’être celles que nous avions déjà connues dans ce pays : débandade, retrait stratégique, repli tactique, etc. En un mot, fuite devant l’ennemi ou désertion en temps de guerre ou capitulation.

Pendant ce temps, alors que le président de la République est protégé par des Rwandais et des mercenaires Russes et son  premier ministre par la Minusca et des Faca, le peuple centrafricain, quant à lui, est abandonné à lui – même et livré à la merci des bandes armées et des mercenaires.

Jean – Paul Naïba

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